18/10/2010 Vue du jour

avec un semblant de soleil dans l'rétroviseur t'as le pied droit qui vibre parce que ça fait bien quinze ans qu'elle crache ses poussières d'échappement celle-là - les nuages s'écartent un peu l'air frais s'engouffre en haut la vitre à peine ouverte et tu es au volant d'un pick up - tu es au volant d'un pick up sur une route dans la campagne roumaine - c'est l'automne et tu as la machine pleine de bois - l'hiver c'est pour bientôt la nuit la nuit - sur ton clavier tu files files dans un grand n'importe quoi donc de rêves - et le corps tremble encore - l'haleine un peu café.

14/10/2010 Vue du jour

avec le soleil et un doigt sur l'obturateur à vitesse de croisière un premier coup d'oeil pour la mesure de lumière et l'envie que ça floute un peu le bitume - on descend la vitesse d'obturation et ça fait une bruit claclac on sait même pas d'où ça vient et le moteur c'est comme un flux de langue quand c'est le temps de l'appuiement sur l'accélérateur on crache des nuages de fumée noire.

14/03/2010 Vue du jour

quelque chose de la folk musique dans les baffles et rockeur à son heure - désert désert - la route entière - sous les yeux le bitumebitume n'en finit pas noir sous les phares - j'ai des visions il dit des coups de poignard dans le dos il dit.

11/03/2010 Vue du jour

quand elle dit c'est pour un roman parce qu'elle aime l'écriture alors comme vos traits sont vraiment intéressants - elle pourrait prendre une photo et comme ça après elle écrirait et elle tremble un peu ça se voit la photo - elle sera floue.

10/03/2010 Vue du jour

c'est une ombre ta bagnole une ombre dans le soleil et la plaine - tu te fais des films magnifiques tu tires sur ton clope et tu es un cow-boys - elle s'étend loin là qu'un camion va bientôt te secouer Ripoche Transports ou quelque chose - avec du rouge rouge et le souffle remue un peu la carlingue d'une main tu déclenche la photo d'une main tu passes la cinquième d'une main ta cigarette là d'une main tu augmentes le volume d'une main tu écris ce poème.

09/03/2010 Vue du jour

à pleine bouche les mots tous dits là entre le feu entre les bières qui arrivèrent les mots - d'un autre continent et il parlait et il parlait - c'est comme si tu avais pris l'avion pour - c'est comme si tu n'avais pas bougé depuis - c'est comme si tu n'arrivais pas à dire l'essentiel.

03/03/2010 Vue du jour

les phares blancs de la tire dans le noir du matin avec un peu de bleu là dans la nuit - ça te revient les phares blancs dans le bitumebitume autoroute - combien de nuits - combien de routes - cette sensation toujours la même très tôt le volant dans le noir le corps encore plein de fatigue tout à fait café.

21/02/2010 Vue du jour

déjà tu l'as croisé Berlin - tu n'es jamais allé à Berlin - tu filerai d'ici là-bas ça te prendrais quoi aller imagine on prendrait une grosse tire une allemande bien calé à l'avant - le volant dans la main tu roulerais dans la nuit dans le jour et tu serais à Berlin un jour tu seras à Berlin - ce soir - sur le mur blanc des chiottes - il était là il était passé à une heure cinquante un soir - dans quel monde il vivait cette nuit-là dans quelle monde - dans quel monde il va ce soir dans quel monde.

08/12/2009 Vue du jour

celle que tous les jours avec les toutes bagnoles et parfois gyrophares les prix affichés tu pourrais noter chaque jour on verrait ça donne quoi - en grand au dessus quelque chose comme une marque dans d'autres pays c'est beaucoup plus clair exemple - rompetrol - celle où tu t'arrêtes route vers Prague les bagnoles vertes blanches la douane les chiottes néons blancs pas dormi depuis quand - une autre pas loin non plus celle-ci tu t'en souviens parce que le capot ouvert sur une photo noir et blanc le café fumant sur le toit un ou deux écrous rouillés sur le bitume - d'autres et ça te rendrait fou tu passerais une journée entière à te redire toutes les stations de tes routes tu ferais une longue suite de textes et tu dirais chaque station essence et tu écrirais l'histoire fabuleuse des routes immenses -

dans les montagnes à l'Est de Sarajevo sous la pluie tu arrêtes le van blanc la boue tout autour sur la carrosserie un homme sort qui pose le pistolet dans le réservoir et le vent souffle la pluie sur ta gueule usée - tu entends au loin un camion s'éloigner c'est assez lent faut pas s'imaginer non plus et puis alentour les herbes sèches quelques baraques la porte elle déclenche une sonnette une carte de crédit dans le sabot crac crac - deux fois tu démarres et roule - était-ce la même année tu ne sais pas tu ne sais rien tu sais seulement les terres entières que tu as parcourues les plaines jamais sans le gasoil de nos vies - alors fait pas chier à la fin merde et que ça avance la carlingue la route est bleue noire elle fume encore fraîche étalée le pistolet coule sur le bitume - tes pieds dans une flaque mon amour est un diesel sans nom - la poignée de biftons qu'il laisse au patron dans sa cotte rouge essaye un peu voir rouge cotte -

c'est une autre en Espagne un jour de pluie c'est le mois d'aout - tu remontes plein Nord et tu ne sais rien - le bus roule depuis Tanger file vers Amsterdam - tu descends sous la pluie tu paies un sandwich une bière - des gars prient qui s'agenouillent sous l'auvent - les bagnoles filent autour tu mets deux pièces dans un distributeur de cigarettes - tu as froid - tu as froid en Pologne station Oswicem tu paies le plein de gasoil et tu as froid - il pleut toutes les pluies combien de pluies sous des préaux néons blancs - les moteurs chauds l'essence les haut-parleurs des tubes épuisés - souvent le son des bagnoles elles croisent à côté -

ou encore des camions immenses sur un cliché c'est une photo numérique le pays imagine c'est la Jordanie les chiens aboient la caravane passe - et c'est pareil à l'intérieur et c'est pareil tu es assis sur les marches d'un chiotte le soleil derrière - ça s'éclate rouge orange et mange ton soda mon vieux - ce que tu n'as pas avalé depuis le matin les 45 degrés ça va non trois grands coups de klaxon et la semi-remorque s'amoncelle entière en tes mondes - au pied du pistolet à gasoil les gouttes un homme éteint sa clope sur le bitume souillé -

et sales toutes les aires d'autoroutes un jour tu te lèves tu prends ta voiture tu files seul vers le Nord tu roules tu roules tu assèches les nationales - tu t'imagines d'autres routes d'autres voitures d'autres époques et pourtant tu es là bien là à la station essence autoroute plein Nord plus haut Lille - des hommes ont sorti leurs tapis qui prient sur le bitume les papiers tous poussés par le vent gris l'appareil photo sur le tableau de bord tu déclenches - et la mise au point calée sur l'infini -

jusque la capitale - la capitale là-bas la route elle te pousse poussière alentours tu entends ils hurlent les chiens errants - deux néons blancs sous le préau et derrière le grillage ils aboient baves aussi sur le béton des tubes dans les baffles - quelques canettes de bières vides - jusque la capitale les chiens maigres sous leurs poils ras maigres les lampadaires autour -

blanche la lumière au carrefour proche l'Arena deux larges boulevards se croisent pendant qu'une station dort dans le noir - un chien traverse qui court droit - un autre est là qui contre une pile de pneus hurle dingue -

oui - et ça ne s'arrêterait plus nous aussi on hurlerait dingues sans cesse on braillerait - on braillerait - on braillerait tant imagine un peu et ça serait le temps de l'appuiement sur l'accélérateur - et on roulerait - on roulerait sans fin jusqu'à la prochaine station on filerait - on filerait dans la nuit on pousserait jusqu'à ce que les réservoirs s'affonnent hurlent tous comme nous les chiens -

devant la station essence à Tulcéa quand tu arrives depuis Constanta - une BMW bleue immatriculée DIP attend - suivez-là -

celle qu'à la frontière remontant le Monténégro tu t'arrêtes parce qu'il vomit ses tripes entières dans un sac plastique noir et la fatigue d'avoir épuisé nos corps tous raides - les planches en bois blanc sur les vitres les portes toutes condamnées les coups de klaxons autour -

les coups de klaxon dans la nuit au bord d'une route.





26/11/2009 Vue du jour

matin m'attend nul café puisque plus - non rien vide et pourtant pourtant - béat complet tu sirotes un thé auprès de la cheminée encore allumée en lisant béat béat je te dis béat - reality sandwiches pendant que le soleil tout à son affaire opère - quelques temps plus tard tu roules 130 sur le bitume bleu bleu soleil en plein dans l'œil béat je te dis béat - pendant que she don't lie she don't lie - cocaine - béat mon vieux béat on te dira bien un jour trop béat devant le réel éclabousse - d'accord. 

20/11/2009 Vue du jour

bleus tous bleus nuits avec les lettres blanches dans leur dos matraques et gyrophares bleus une bagnole blanche en travers - bleus les corps tous en cercle autour d'un qui tu ne sais pas tu ne sais rien tu sais seulement ce que ça te bing bing à l'intérieur - après il tend un papier il dit dans une autre langue ce qu'ils n'écoutent pas les corps en bleu pourtant tous corps.

20/11/2009 Vue du jour

n'oublions pas que l'asile est un droit international garanti par la convention de Genève - tu vois ces mots-là ce ne sont pas les miens je ne les ai jamais dit je ne me - enfin le droit sais pas je connais non je ne connais pas vraiment je sais - qui a dit ça et ça me réjouit plus que de coutume comme c'est marrant plus que de coutume mais bordel de merde on parle de quoi de quoi de quoi on cause quand on dit ça - il fait nuit sur la ville Angers et d'autres dorment devant l'hôtel de ville qui ne savent pas comment dire.

18/11/2009 Vue du jour

puisqu'en fait il n'y a pas vraiment de sens à - on n'a pas à se chercher de raison prenez-nous pour des fous ça peut bien être ça aussi la fenêtre grande ouverte dans la cuisine tu regardes seul quelques instants une tasse de café fumée - aussi dehors sur les champs la brume comme un corps embrumé brame tu ne t'arrêteras donc jamais de parler - tu lances des projets sur des sites de ventes aux enchères puisqu'il faut bien que le corps exulte le livre posthume de jack jackee kerouac - dharma - seulement parce que dharma dharma dharma bing bing - ça clingue les murs bing bing - ça craque parois on s'endort tous contre des parois on n'a pas à se chercher de raison - la nuit sur des morceaux de feuille on n'écrit illisible.

14/11/2009 Vue du jour

la campagne longue large au soleil les matins de novembre – quelle variation minime tu trimballes en deça de vivre pour que ça tienne – le vent souffle froid et tu cours corps encore là quelle variation même dans la foulée d'un pas puisqu'en deça un pas reste un pas merde faut pas nous – le vent souffle froid plie les herbes encore jaunes de l'été voilà – une steppe – tu cours dans une steppe – le ciel est bleu et il fait froid tu cours la sueur sous ton bonnet les herbes encore jaune les feuilles bientôt toutes tombées jaunes oranges – c'est une steppe – les pas que tu fais raide à l'intérieur dans cette boite crânienne quelle énergie dépasse le réel – imagine un peu – tu cours cours sur une route toute petite route de campagne – le vent souffle froid rogne de ton corps plie les herbes encore sèches de l'été – voilà – c'est une steppe.

13/11/2009 Vue du jour


tu as vu – tu peux pas testes mec – c'est du numérique – tu as vu – sur un téléphone portable – tu peux pas testes mec – c'est du numérique – une photo – et tu t'imagines – comme tu t'imagines souvent tout plein de choses – qu'il a écrit sur le mur sale d'un troquet de Berlin un neuf novembre deux-mille neuf – et ça te plaît bien – d'imaginer ça – puisqu'ici on est tous poussières.
 


10/11/2009 Vue du jour

aux états-unis au moyen-orient à chypre en espagne et d'autres encore - ça ne change pas.

03/11/2009 Vue du jour

noir à travers la vitre du pare-brise et la buée un parking de supermarché un soir de novembre quasi vide – trois ou quatre bagnoles à l'arrêt parquées entre les lignes entre le blanc entre le noir les néons blancs bleus noient l'ensemble une lumière blanche surtout en face – la galerie marchande salon de coiffure pharmacie ce que tu fais là.

19/10/2009 Vue du jour

là-haut noir noir noir le ciel et tu ne cherches aucune étoile comme le bitume noir trace loin devant - ça file et tu voudrais que ça s'étire encore la vie ça se tremble entre temps et ce que tu entends au loin non - qu'ils hurlent encore les chiens errants qu'ils hurlent brûlent entiers muent - tous muent tous mes fantômes tous intacts tous fous dingues d'errer là - quelles rambardes pousser pour élargir les asphaltes encore lisses.

13/10/2009 Vue du jour

oui oui oui voilà c'est ça putain la putain de vie qui te rattrape à pleine trousse et frousse ça te fait dans le corps parcourt tout le dos monte et bam bam bam - bam bam bam dans le coeur ce qui te tremble aujourd'hui - tu es dans un champ l'herbe n'est pas très haute et verte c'est un jour d'octobre et tu cours transpire l'air est frais te passe contre la peau le soleil tombe là-bas jaune en plein dans la gueule - t'éclabousse entier et tu files diagonale à travers champs et tu rêves et tu écris dans ta tête le plus long poème le plus beau poème tu sautes une clôture et tu continue ça ne s'arrête pas la putain de vie te rattrape la vie - la vie la vie un nuage d'oiseaux de corbeaux tout va pour le très mieux puisqu'aujourd'hui non - tu ne te demandes pas ce qu'ils peuvent bien foutre ici la vie putain merde - et ça te résonne à l'intérieur d'autres mondes bam bam bam et toute la folie qu'on a d'être là né nu entier poussière.

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08/10/2009 Vue du jour

un jour tu cours l'air te passe tout contre tu transpires ça goutte et les muscles tu sens ça se raidit tu cours au loin - il a un tee-shirt orange ça se voit de loin un tee-shirt orange il est au bord de la route tu cours tu transpires tu regardes tu aperçois ça y'est tu vois il est sur un fauteuil roulant il est au bord de la route - et tu t'approches tu cours il a un tee-shirt orange il est dans un fauteuil roulant et tu cours sur le bitume en passant devant tu dis bonjour lui aussi il répond tu sens bien - mais tu ne t'arrêtes pas tu cours tu cours l'air te passe tout contre tu transpires ça goutte il articule difficilement tu ne sais pas quoi il dit - bonsoir monsieur son fauteuil il ne bouge pas il regarde vers le Nord tu viens du Nord et tu vas vers le Sud tu files tu ne sais pas tu te retournes une fois tu te retournes il est là dans son fauteuil tu ne t'arrêtes pas tu vois - son tee-shirt orange tu cours il est dans son fauteuil ça te reste un peu dans les yeux quelques temps - un homme sur son fauteuil avec un tee-shirt orange il est là sur le bitume c'est une route de campagne et tu cours.


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04/10/2009 Vue du jour

l'asphalte c'est noir et tout autour les champs dans un jaune sec les herbes hautes d'une toute fin d'été soufflées légères - les phares tous jaunes dans un sens et rouge devant longue suite parfois le silence à l'intérieur - on entend le vieux moteur un tunnel jaune jaune jaune jaune jaune jaune jaune tu devrais dire orange - l'asphalte c'est noir comme le ciel immense il n'y a pas d'étoiles sous le noir noir des villes et le moteur chauffe tranquille dimanche.


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03/10/2009 Vue du jour

corps court court à l'air bleu poussière parmi poussière dust generation né fus suis serai poussière infime sous la grande voûte combien de fois as-tu dis ça - combien de fois peut-on dire ça dust dust dust quand contre ta peau le visage tu sens le frais d'un matin d'octobre vivre tient à peu à peu près à poussière et ça te monte comme la température d'huile moteur un jour - tu dépasses et l'essentiel se dit à coup de respirations hésitantes.

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28/09/2009 Vue du jour

seulement quelque chose d'un bleu bleu comme d'autres histoires de bleu quelque chose d'un bleu ça te met le corps en - raide quoi bleu bleu bleu comme c'est rien bleu et tu écris toujours aussi loin loin loin ça ne se comprend pas - tu te demandes si "ça compte".

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19/09/2009 Vue du jour

le ciel blanc vers la nationale les tires tu ne fais pas attention puisqu'en fin de quatrième on passe une cinquième et vivre continue - malgré ce quelque chose d'une courroie qui a comme lâchée sans doute c'était pendant la nuit - c'était pendant la pluie peut-être alors qu'elles tombaient toutes sur le bitume aujourd'hui le ciel blanc tu attrapes tes lunettes noires tu les poses devant tes yeux et tu remets tes deux mains 10h10 sur le volant - tu voudrais rouler sans fin traverser un continent et peut-être si c'est une vie - peut-être tu ne croiserais plus les fantômes des existences que tu endosses.


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10/09/2009 Vue du jour

que ça vienne vienne comme un cauchemar et que ça te réveille et en pleine nuit il est deux heures trente-sept ça te rauque en plein corps - ça te rattrape le réel et tu t'imagines non tu te vis tu es là il est deux heures trente-sept et tu es à peu près - tout à fait certains de courir avec un pantalon blanc une chemise blanche sur une piste tu cours sur une piste ce n'est pas du sable c'est une sorte de poussière et tu as chaud et tu enlèves ta chemise - c'est un tee-shirt tu le jettes il tombe sur ton tapis au bout du lit ton pantalon blanc non - tu es en caleçon et ça te vient elles surgissent - tu écrirais le plus beau poème et ça serait comme un cauchemar aussi.

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05/09/2009 Vue du jour

tiens tu disais quoi l'autre jour septembre en attendant quoi - c'était quoi quel monde aujourd'hui tu files le volume il est réglé sur 95 c'est pas mal quand même et ça crache les baffles - un soleil bleu de septembre tiens un soleil bleu de septembre s'étale sur le bitume frais le bitume noir à travers le jaune et la paille c'est - comment dire - c'est.

02/09/2009 Vue du jour

un corps - un corps marche seul dans une rue dans les rues d'un village et c'est la nuit - un corps va dans la nuit jaune orange d'un éclairage public il n'y a pas d'étoiles dans le ciel c'est une nuit de pluie et corps voilà corps - seulement corps - corps va dans le noir qui mouille on dirait Brest un soir d'hiver on dirait d'autres villes d'autres rues d'autres nuits - il pleut c'est comme une bruine et le vent souffle qui fait crisser l'alentour corps là - septembre il attend quoi.

01/09/2009 Vue du jour

bientôt sillonner mes asphaltes épuisés.

01/09/2009 Vue du jour

comment ça quoi tu n'as pas le comment dire ratack ratack c'est pas que ça ne veut pas mais c'est un manque de quoi - en même temps tu dis dans quel bouquin était-ce tu ne sais plus et tu ne devrais jamais suivre ce qu'on dit dans un bouquin dans ce bouquin c'était écrit gagner des sous faire n'importe quel métier mais avoiner les biftons c'était Cassady voilà - et puis après quand on les a les biftons voilà tout etc mais tu ne sais plus tu ne sais plus rien et écrire voilà - comme la plus petite respiration intime oui et puis tu as tes chantiers intérieurs - tout le bitume qu'il te reste à bouffer.

24/08/2009 Vue du jour

avec une petite musique lascive ça ne casse pas hein une mélodie voilà et qui revient et dans ta voiture tu roules pas vraiment - réveillé un lundi matin au mois d'aout il pleut les essuies-glaces position deux la plus rapide et tu roules tu roules tout de même - tu baisses un peu le son c'est pour mieux entendre les gouttes sur le pare-brise l'eau contre la carlingue aussi les phares rouges des autres sur le bitume au loin un éclair ça traverse tout le ciel quelques secondes dans la radio c'est le silence - tu ouvres un peu la vitre passager c'est pour sentir l'eau l'odeur de la pluie sur les routes séches au mois d'aout.

22/08/2009 Vue du jour

un matin encore bleu bleu trés tôt tu dors dans l'herbe au frais tu causes encore de temps à autre de bitume oui pour venir ici l'a bien fallu - ou bien nu nu nu dans l'eau d'un fleuve il te semble ça s'éclaircit un peu - ce que ça peut dire - vivre.

17/07/2009 Vue du jour

la route bien droite et chaud dans la carlingue ce que tu aimes c'est le pied droit à fond ridicule et puis filer le bleu si c'est le ciel ou bien le bitume c'est la même mon vieux - la vitre grande ouverte et le bras dans le souffle ça te vient le poème d'être transpirant idiot devant un compte-tours l'addition des kilomètres crissement de pneu comme dans une course poursuite à l'américaine - le soir d'autres reviennent avec des larmes et des cheveux longs bruns tu peux dire brune mon vieux et mouillés les cheveux c'était une autre nuit.

05/07/2009 Vue du jour

ça te file en fast fast le réel dans la nuit pleine de sa lune bien blanche bien ronde là tout haut - et roule la caisse sur le bitume à travers la fenêtre ouverte ça sent l'herbe des champs aussi l'eau puisqu'une averse ce mélange de poussière vous savez bien ça cause de quoi ces mots-là - et mêle aussi ton réel à travers les autres tu ne parles que de toi toi toi ta gueule toujours et ça voudrait dire mais ça te file entre les pensées les mots là - comme une carcasse de vache allongée dans l'herbe à demi blanche lune pleine j'ai déjà dit ça en roulant rail c'est un rail ta bagnole tu souris - tu souris seul dans ta voiture et l'air frais de la nuit.

27/06/2009 Vue du jour

un grand plein d'air avec le bleu du ciel et les étoiles aussi la nuit tu vas sur les routes d'une campagne déjà souvent arpentée - et tu ris et tu ris tard et tes mots c'est des blablas de souffleur d'étoile ouais tu dis n'importe quoi - tu dis vraiment n'importe quoi et tu pourrais avaler un monde.

25/06/2009 Vue du jour

là dans le soir on a parlé au près du fleuve puisqu'on y revient toujours - au fleuve - tu n'as jamais écrit ce poème tu voulais écrire - on ne veut pas écrire un poème bien sûr un poème il vient comme ça dans un souffle un quelque chose d'énergie d'émotion ça ne se veut pas - et tu dis n'importe quoi - et tu perds tout le monde tu voulais écrire un poème sur le fleuve un autre fleuve et tu as nagé dedans - et tu rentres dans ta bagnole tu roules tranquille tu connais par cœur chaque virage tu roules doucement la fenêtre ouverte et le ciel - de temps à autre le ciel entier s'allume blanc d'un orage au loin et tu rentres chez toi après la discussion tu penses toujours à ce que tu voulais lui dire tu aurais bien ajouté ça et puis d'autres - et puis tu aurais bien entendu la guitare oui et puis on aurait joué tous les deux l'un avec sa guitare l'autre avec ses mots on s'est dit ça on fera ça un jour le coteau entier s'éclaire d'un coup il ne pleut pas - tu traines ta fatigue léger d'avoir parlé ainsi et le bitume tu ne les vois pas les graviers tu penses plus loin et tu as quelque chose comme de l'amour là - au stop tu éteins le moteur et tu écoute l'orage au loin - tu attends encore un peu - tu sens des portes s'ouvrir en toi - et tu démarres à nouveau.

15/06/2009 Vue du jour

les espaces ils sont aussi comme des boîtes des mondes où tu vivrais dedans la salle entre les tours souvent il y fait chaud et même si déjà c'est un peu un voyage ici - tu filerais bien loin loin loin seulement parce que le béton encore que tu sais bien - à peu de choses près pareil ailleurs sinon que dans leurs sourires au moins il y a ce qu'on peut dire comme de l'air - et tu voudrais souffler une jolie musique avec ta bouche avec ta langue.

08/06/2009 Vue présente

deux photos tu as vu deux photos et c'est comme un coup de pelle sur la gueule.

08/06/2009 Vue du jour

ça pleut ça peut plus le corps non plus ça n'a pas de solution les quatre voies qu'on affonne sous le grand gris - un corps ça s'étire un corps ça s'énerve un corps ça se cravache - longues suites les feux stops rouges des bagnoles au loin en passant la cinquième tu rêves d'une langue véritable langue.

07/06/2009 Vue du jour

encore quasi dans le gris de la nuit déjà sur la route à vitesse constante sur la départementale tu te dis c'est très simple il suffirait de pousser la machine comme ça - dans cette direction ou dans une autre c'est peu importe - tiens par là c'est quoi - les Suds et loin loin loin y'a juste à glisser la carte bleue dans des stations essences et puis roule raide demain tu te réveilles où.

04/06/2009 Vue du jour

la connexion live et permanente c'est comme effacer les kilomètres de bitume entre un bureau avec y dessus un terminal de saisie - et là tu files en numérique toute une histoire de gris bleu bitume bitume à vue dans le fog smog brouillard total keskya mon vieux - on est loin d'avoir perdu notre langue allez petit avance allez petit avance - et en rêve bleu puisque tout est bleu tu parcours les Carpates à pied.

25/05/2009 Vue du jour

bas et lourd comme un couvercle les mêmes mots plus d'un siècle après rien ne change sinon que le bitume s'étale et taille taille sa route - comme ta carcasse pleine de son énergie - on peut dire rock un instant seulement ça ne dure jamais bien longtemps roc - et rauque le crissement des pneus sur le bitume au matin - au lundi matin - et roule vers tes tours et ton monde en béton on doit bien pouvoir respirer un petit peu non - à moins que - peut-être oui qu'ils nous mentent à jamais qu'elle nous ment la vie qu'elle nous ment - bitume bitume.

17/05/2009 Vue du jour

il pleut sur ta carcasse d'acier et c'est le gris de banlieue tout là tout ici en bas devant - un train RER passe qui secoue le sol et les gouttes une à une sur le toit les vitres allongé ton corps dans une vague vague de fatigue - encore les mots aussi les ceux qui passent rapides dans la machine à souffler alors que dans la nuit - les phares d'un RER encore.

14/05/2009 Vue du jour

le ciel s'écarte non les nuages et puis laissent entrevoir c'est comme de l'air de l'air voilà - et ton corps est quasi zone rouge vers les 5000 tours minutes il arrive comme un à-boute ou t'achoppes euh tombes grave comme une pierre ton corps - dans la zone rouge ta zone chaude il chantait tu ne chantes jamais ton corps ne chante pas tu gueules gueules cries - le ciel il s'écarte et tu restes braillard acculé sur les quais vides d'une usine en ruine.

09/05/2009 Vue du jour

une large plaine verte verte oui verte et sans la poussière ça pourrait surprendre que là dans l'immobile des plantes - et le vent souffle loin sur l'autour détonne pas s'il s'agit d'être dans ce drôle de vivre - ça pourrait être une bande-originale de film et tu roules roules fenêtre ouverte - vivre s'effile.

06/05/2009 Vue présente

on était là sous la grande voûte on est là sous le grand bleu céleste et on connait on a tout l'art du gris on a tout l'art du noir et de l'orange – on a tout l'art des particules innombrables petits pas tous un à un on a tout l'art – des moteurs diesels des cylindres à essence des accélérations des corps qu'on affone dans les plaines immenses et le souffle le souffle – dust generation ça tient à vivre.

06/05/2009 Vue du jour

jamais allé jusque là veux dire plus loin – un futur un autre réel et avec dedans des mots plein les mots là beaucoup jusqu'à la limite langue – et puis repasser outre passer dans un affolement d'accélérateur qu'on pousse à trop – chaude limite et puis la goutte elle sort de l'alambic brille au soleil – tu mélanges tout tu dis n'importe quoi.

06/05/2009 Vue du jour

comment ça s'arrange un morceaux la musique d'un réveil d'oiseau – et des saxophones jazz et rock à la fois soufflant soufflant dans la carlingue qu'on a bien arrangée je tu gueules et cries – j'ai toujours aimé le noir orange des vieux troquets j'ai toujours aimé le jaune blanc des larges plaines du moyen-orient j'ai jamais su c'est quoi vivre c'est quoi la poésie rien à foutre – tout est là – dans le saxophone de la nationale 160.

06/05/2009 Vue du jour

un semi-remorque rouge avec en blanc dessus c'est écrit ou bien aussi les willy betz – j'en connais qui rêvent devant un camtard willy betz jaune la bâche est jaune et c'est écrit bleu dessus – à Strasbourg on se réveillait sueur fraîche et la gueule de n'avoir pas dormi toute la nuit sur les autoroutes filant dans le noir blanc jaune rouge une nuit bitume – et dans une mue moite il tire sur sa clope à six heures du matin – un semi-remorque rouge avec en blanc dessus c'est écrit la vie la vie.

05/05/2009 Vue du jour

dingue et chancelant frénétique j'étais dingue dans les rues de Prague dingue dans les rues de Sarajevo plus encore quoi - affoné fou dans les rues de Bucarest affaibli mou et dingue dingue dingue à Damas dingue dingue dingue frappé là-haut à Beyrouth à Tanger ignorant dingue à Belgrade épuisé saillie à Budapest à Alep à Amman - dingue dingue dingue elles sonnent et le muezzin aussi d'Istanbul à Ljubjana et mes poèmes disent je m'emportent ce n'est plus un souffle une tornade et rock.

02/05/2009 Vue du jour

les bars mastroquets et des pompes à bières dans le sombre puisque tout est fermé encore de la fumée de clope - avec sa voix comme ça il articule peu et puis un accent l'accent déjà - c'est partir loin l'entendre c'est marcher marcher dans les larges plaines on est là comme ça assis à une table sirotant causant - et puis Nina Simone - ça prend des tours.

22/04/2009 Vue du jour

la vitre est grande ouverte et vite sur le bitume on ne peut pas vraiment dire chaud parce que non pas encore ce n'est pas vraiment ça - mais déjà le soleil et le bleu bleu bleu tous là bleus au final de ne jamais rien savoir sinon que ça file à trois milles là-haut comme le compte-tours - la vie l'aiguille dans le rouge.

19/04/2009 Vue du jour

les derniers mots oui quelque chose comme prendre soin de soi ou non plutôt à bientôt à très bientôt oui il faut que tu viennes et le quai de gare non - les quais de gare plus jamais aussi deux corps serrés l'un contre l'autre et la pluie.

19/04/2009 Vue du jour

sur la deux voies et plutôt rapidement le son tellement fort qu'à peine le moteur les mouvements c'est comme un générique de film - et les images défilent encore envahies de basses et guitares - là le pied droit comme lourd et loin loin loin tout à l'intérieur loin loin loin - tu ne penses plus ou pas ça bat dans un mouvement d'écorchement voilà - un générique oui - et ça ne finirait jamais.

18/04/2009 Vue du jour

ils reviennent ils sont là et c'est comme quoi un monde et le bitume même pas elle aussi lui - pas la même histoire mais les morceaux de langues solos de guitare et d'autres remontées.

16/04/2009 Vue du jour

dans le son c'est quoi on ne dit pas toujours et sur l'étendue bleue - la pluie c'est un tapis avec les gouttes là toutes on ne dit rien et le moteur.

12/04/2009 Vue du jour

la carlingue est là qui reste posée au feu rouge - une clarinette d'Europe de l'Est et des choeurs d'hommes c'est comme pleurer tous dans l'oreille - un semi-remorque passe qui file dans le noir orange - feu vert.

12/04/2009 Vue du jour

et le corps qu'on a comme soufflé tu pourrais dire l'amour total alors que le soleil se lève c'est son heure mais comme dans un flot acide - reste clair - parle avec ta langue - aridité c'est ça aussi le plus souvent et de temps à autre - oui.

10/04/2009 Vue du jour

quitter le bitume c'est comme lâcher un peu de mou quand on est là prêt à s'arrimer aux bastingages – laisse tomber ces images sans cesse toujours les mêmes – et dévale plutôt les pentes inconnues et souffle dans la machine à souffler et laisse venir laisse venir – tout est là.

08/04/2009 Vue du jour

avec le gris du jour comme ça une pluie immense et dingue et dans le loin - des têtes de grues se battent en duel pendant que le diesel tranquillement et carcasse.

08/04/2009 Vue du jour

c'est comme se réveiller entier nu dans la nuit non c'est pas comme c'est ça très exactement et on se bat dans le noir et on a quoi on est quoi - à ce moment très précis rien comme poussière et peut-être toujours poussière - et puis ensuite à nouveau s'endormir.

07/04/2009 Vue du jour

tard et qu'importe puisque sur les univers bleus nuits du bitume tu dis tu parles ça va vient la vie c'est comme ça - ça ne tient pas tout le temps - c'est quelque chose comme de l'intermittence mais là - aujourd'hui là dans la voiture filant droit oui tu es là - tout à fait là - et ses mots encore dans l'oreille résonance.

04/04/2009

une absence de bitume et la bulle tu vis tu continues t'es là - ça reste un réel et tu glisses en dedans poussière et ça te revient - un petit caillou blanc - un petit caillou blanc - ce que dit un petit caillou blanc dans ta main - entre les ciels entre les mondes.

02/04/2009

alors dans ce bleu nuit ça tient comme un compteur de bagnole ton corps ça veut dire dans les trois milles tours minutes - en quatrième c'est un gros régime mais bon rien ne tient sinon c'est comme parler toujours bagnole route et bitume - ça peut s'épuiser - et voilà pourquoi continuer à tout essouffler - à tout dire on devrait récupérer quelque chose et puis tout le reste l'autour c'est une matière comme un autre - ce soir tu le dis mal tu ne devrais pas parler de ça mais ça vient l'énergie est là alors quoi.

01/04/2009

les pelles toutes là dans la place décroutage ils disent décroutage et c'est rire décroutage - reste que les hommes du chantier jaune jaune comme poètes eux aussi les mots qu'ils ont la langue - qu'on n'entend qu'à pleine labeur ou bien décroutage oui - technique tp.

30/03/2009

sur la voie d'accélération - un lâcher de gasoil - et fumée grise dans la lunette arrière - il parle j'écris après je parle aussi parfois seul je parle seul et alors - c'est pas quatrième grave ni vrai que ça tienne ainsi les pronoms - tu as un problème avec les pronoms - il dit très bien - et encore virgule ponctuation caleçon - avançons.

30/03/2009

pas vraiment dans le réveil et pourtant bleu tout autour - comme le bitume et les baffles elles crachent deux grosses guitares le pied droit - plus lourd.

28/03/2009

les pas un à un sur le bitume ce peut-être ça aussi bitumebitume - avec une odeur quelque chose comme de l'herbe fraîche coupée et le frais mars dans le demi-bleu du ciel - après la poésie etc non bien sûr c'est catégorique une fois de plus - ça ne tient pas dans les mots.

26/03/2009

vue du jour blanche et rien dedans - c'est comme n'avoir pas vu - et trop vite dans le gris le soir corps usé mais encore l'envie d'aller soulever la nuit - puisqu'après on pourrait en crever de vivre alors.

23/03/2009

c'est comme si depuis que depuis la nuit noire il y a peu depuis ça restais là - entre les doigts c'est là et dans une sorte d'immobile et tenace - le bitume du lundi matin n'y change rien on peut même dire aggrave.

22/03/2009

le soleil de mars sur la carosserie et warnings sur le bitumebitume - quelques gouttes c'est de l'huile comme une tâche sous la caisse - capot levé et les mains du père dans la machine pendant qu'à côté tu approches les outils - après il faudra tirer câble et le moteur rugissement rauque dans la rue - dans la machine ça sent la lessive des bleus de travail.

21/03/2009

alors pour tenir certains c'était benzédrine enfin non quand même sont fous comment quand le corps on sent bien - c'est le corps et la carcasse tout entière qui finit par s'écrouler et finalement a raison de la gueule celle qu'on ouvre tout le temps.

20/03/2009

avec la fatigue un matin et vivre entre temps entre chiens et loup filament incandescent ça faisait longtemps - ça faisait longtemps la vie ça faisait longtemps - you wanna dance with me - ahah non non non je suis un très mauvais danseur seulement ça faisait longtemps - sortie de tunnel.

18/03/2009

ça ne suffit pas - là ici là-bas avant et maintenant aussi - ça ne suffit pas - changer de route tous les jours oui d'accord sans oublier les chemins de traverse les champs humides - vieux gués et bras de nationales hors d'usage.

16/03/2009

sur la route avec un tube un vieux tube Lou Reed - le soleil en pleine face et les lunettes noires - la voiture file et les baffles crachent dans le bleu du ciel le moteur non aucun bruit alentour les autres bagnoles elles aussi comme silencieuses - rien que les baffles la fatigue d'une fin de journée et le soleil chaud sur la face.

16/03/2009

avec dans la légère brume du matin une sorte de cuir à l'attente - la peau comme le cuir aussi et la carcasse raide sur un banc de bus - les chiens aboient qui restent drôles de vivants dans le béton - on s'habitue à tout et ensuite on crie on gueule on braille.

13/03/2009

tout dit il a tout dit et sa voix encore comme quoi dans la salle toi tu étais là tu écoutais puis tu n'as rien dit - sa voix comme quoi - tu as attendu un peu puis tu t'es levé et tu étais heureux tu es allé pisser puis tu es sorti - tu n'as parlé à personne tu es allé marcher dans les vignes en fumant une cigarette et tu étais bien très très bien - tu aurais peut être pu lui dire non pas forcément finalement tu n'en sais rien - après les vignes après les étoiles dans la voiture tu conduisais lentement et tu souriais tu souriais et tu aurais pu dire - là maintenant - ça va.

12/03/2009

avec le bleu le bleu du ciel oui vraiment c'est parfait on serait là et tout irait pour le très mieux personne ne nous demanderait - jamais - est-ce que ça va et on serait obligé de dire quoi - dire qu'on est tous un peu cassé.

09/03/2009

alors c'est comme non j'allais dire un tunnel mais non c'est pas comme tunnel c'est comme en fait pas grand chose - tu sais tu vas les yeux ouverts et pourtant c'est comme s'ils étaient fermés et tu continues dans une sorte de - si on peut bien tunnel on peut mais déjà dit tellement enfin tunnel non plutôt - ton corps est là et toi vraiment toi tu es où tu cherches encore pour vrai dire tu cherches encore - et ça souffle longuement sur la plaine jaunie.

08/03/2009

alors tu ouvres les yeux et c'est comme une grande bouffée de l'air - de l'air - et avec tes dents tu croquerais un pavé - après ça fait mal.

07/03/2009

alors là dans cet espace il arrive parfois que tu ne dises pas plus et que ça s'écoule comme ça sinon - quand tu vas tenter un peu ailleurs non ça s'écroule et ce n'est plus toi.

06/03/2009

avec la gueule à demi et la nuit peu de sommeil non j'aimerais rock - et le soleil en pleine face sur le froid et le bitume à fond de cinq une grosse ligne de basse dans les baffles - tu tiens ton corps qui est un demi-monde.

04/03/2009

d'une main sur le volant tu vas tu files dans le bleu gris du matin - la brume pas encore alors que des phares traversent le nuage - comme ça on tient la route ça va tu roules - qu'importe en fait - tu as les yeux loin - très très loin - pas sûr même que tu sois vraiment assis là - dans le siège de ta volskwagen grise - dont le compteur s'est remis à zéro - passé les 300 000.

04/03/2009

il dit lui le dictaphone en voiture non préfère le rock alors oui d'accord le rock - et tu pousses l'aiguilles toi tu pousses - rugissement du moteur pauvre type perdu dans le bitumebitume pourtant parfois - dire pousse plus dur qu'un vieux rock - 120 en cinq.

02/03/2009

c'est comment le bitume qu'on écrase ou mange on peut dire mange aussi dans cette habitude d'intervalles réguliers le bitume qu'on repasse comment on fait - c'est comme être là dans une sorte de circuit avec le bitume chaud des - ah oui c'est ça dans un autre monde bitume - et pleins de fantômes mes monstres - avec ausfahrt noir sur fond jaune pour quitter les autobahne - bitume.

01/03/2009

alors c'est ça soulever la nuit à chaque fois c'est différent et le jour à peine quand la farine et le chaud des fournils - enfin enfin lentement un à un le soleil petite poussière tu restes une petite poussière et les mots vont qui restent un fil entre nous tous qui sommes encore.

27/02/2009

non non non ça veut dire quoi répéter non pourtant dans la bagnole presque un tube de son - dans le champ là frais labour un envol d'oiseaux tous blancs dans le bleu - vivre par intermittence.

25/02/2009

dans la nuit elle tombe sur la citéCitéCITE au loin un dernier c'est quoi rayon de soleil - les bagnoles en bas toutes dans un flot il y a un an toi là maintenant non c'est différent - et dans la chambre un flash irrégulier de la fumée de tabac un chat et les coups de klaxons au loin pendant ce temps-là - lui qui venu ici si souvent débitume au loin et toi - tu n'es plus en aucun lieu.

23/02/2009

après tout ce temps un grand tout l'ensemble vivre oui - comment c'est seul et debout dans le vent encore il souffle - tu tires des bords mais ta carcasse n'a jamais eu de voilure - tu restes là - dans le bitume.

23/02/2009

après tout ce temps un grand tout l'ensemble vivre oui - comment c'est seul et debout dans le vent encore il souffle - tu tires des bords mais ta carcasse n'a jamais eu de voilure - tu restes là - dans le bitume.

22/02/2009

après c'est comme sortir - le corps poussé dans son bout - plutôt dire bord - avec quelques tremblements et les mots avides des plaines qui ont trop donné - non - comment dire le juste bon - à point.

16/02/2009

tu vois les jours un à un avec tes rêves en dedans ça s'effondre ou bien construit - que reste-t-il - sinon les pavés les parpaings alentour quelques morceaux de bitume - arrachés à quel réel en dur ?

17/02/2009

c'est quoi quand tu rentres dans la vie tunnel et toujours les mêmes mots - au final - rien d'autres - long et noir Fourvière à Lyon - allumez vos phares - et ton corps va qui tient avec quel nerfs on pourrait le décrocher - le nerf de boeuf non moins de gaz mec.

15/02/2009

après les mois de l'hiver il est là encore avec sa barbe et boutanche de rouge comment ça tient ce corps dans le pavé - debout c'est un peu mal un à un les pas crachés pas le vent.

15/02/2009

d'ici à là-bas sur le bitume des autoroutes - avec la fatigue et les yeux qui vers le bas sans cesse - elle à côté dort est-ce qu'on marche sur les mêmes plaines dis-moi c'est quoi - ton bitume ou ta lune.

15/02/2009

avec une barbe à papa c'était pareil enfin - tout le sucre en moins et le vent froid pousse la grande roue des jours des centaines de petites ampoules clignotent dans la nuit cité - tu es toi tu es quoi un tour de roue 50 secondes pas plus.

14/02/2009

tu vas tu marches un corps dans le vent sinon que ces rues déjà une à une tu reconnais - longtemps pas mis les pieds là - et pour quel monde oublié avec ce tas de souvenirs remontés d'un coup comme un coup de poing dans la gueule - et la neige continue à te fouetter tu vas tu marches un corps - si on pouvait dire solide.

13/02/2009

avec la machine comme une arracheuse de bitume et le blanc sur les bords - en tas et parfois sur la vitre encore tu traverses le pays et dans le silence bitume bitume presque les yeux fermés - puisque le blanc plan ça fait comme une noyade.

11/02/2009

avec les chiffres qui défilent un à un vers le plus - tu es là debout - ça n'est pas dire que tu tiens - pendant qu'il se remplit ça vogue puis ce sont les quatre chiffres de ta carte bancaire enfin la poésie.

10/02/2009

sur la grande étendue bleue les baffles à fond et l'horizon comme un décor grandiose le soleil perce et le vent s'engouffre à travers la vitre - 130 de tranquille sous le pied droit ça ronronne solide on est là - deux dans la carcasse.

10/02/2009

à brasser dans la tombée du jour - avec une fumée de cigarette sur la fin de bleu jaunie - tu rêves de quoi quand tout est là pour tenir tu en dirais encore - des mots.

09/02/2009

un reste de colère en carton mouillé - ça là - pluie qui reste dans sa constance de gris et dans l'univers ville tu es une voix longueur d'onde silence.

08/02/2009

la gare c'est comme si c'était rouge puisqu'elle est arrivée - et repartie d'ici - c'est comme avoir pris de l'air et qu'importe que le restaurant non vraiment pas - puisqu'avec la tendresse les mots ils étaient là comme coton contre un mur de paille.

06/02/2009

alors comment c'est sous la grande toile quand ton corps n'est plus enfin si - tendeur arrimé à une quelconque ambulance tête brûlée - où il n'est même plus question de tenir ni rien - c'est combien de temps ça dure et ce que tu fais là - dans l'entre deux.

04/02/2009

là sur le côté avec le capot ouvert et le carburateur à ciel ouvert le vent souffle l'herbe – de temps à autre une respiration d'un litre six essence – semi-remorques filant sur la nationale et la poussière est là en suspension – ça n'a pas beaucoup de sens et ça dure quelques minutes – le temps qu'il souffle dans les gicleurs et ensuite un peu avec les mains – ça n'a pas beaucoup de sens ça ne se comprend pas – une ou deux minutes vivant.

03/02/2009

avec néons publicitaires verts bleus de temps à autre rouges aussi fin de soldes quelques affiches encore – chiffres rouges noirs sur le jaune – et les vitrines brillent qui sont tunnels une baffle crache une femme un homme – ils poussent un charriot.

03/02/2009

à travers le blanc dans un jour où les tours à nouveau sont là qui immobiles te pressent – et le bitume est froid dans une façon de douleur qui ne se dit pas – tu trembles et le reste est là qui tient comme quoi.

02/02/2009

comme une chape de quoi le ciel bas et lourd il disait - c'est comme affonner son café un lundi matin et entre deux virages - et entre deux virelots - s'apercevoir "qu'on n'a plus le temps".

30/01/2009

Il suffit d'un rien d'un peu et tu t'oublies jusqu'à ce que – la nuit est étrange – le silence vienne comme un bitume encore chaud – et tu t'enlises – et tu as peur – et ça prend des tours – le grand vide.

29/01/2009

d'un drôle de réel au matin quand le jour dans sa brume est là qui vient te tirer et tu es heureux fatigué dans ce qui se tient-là – et puisque ça ne dure pas autant se laisser porter.

29/01/2009

puisque là dans le pavé ok d'être là et avec le soleil en plus au loin sirène et les immeubles résonnent de la grosse caisse – de temps à autre dans une discussion entrecoupée hâchée elle te parle et c'est bien tu as l'impression que ça va comme ça on se comprend – on est là dans le même réel et tes pieds les miens sur le même bitume ça ne dure pas longtemps c'est comme le reste – on n'existe pas souvent.

27/01/2009

dans le flou d'un matin c'est quoi le sommeil ou brouillard une longue suite de feux rouges – du tableau de bord aux tours grises bleues blanches ça reste là et ça te tient dans le réel – ailleurs tu files sans cesse vers tes plaines arides et c'est du bitume sous l'herbe sèche.

26/01/2009

elles sont bien là les tours qui non ne bougent pas elles restent et toi – deux fois par semaine là travers dans la salle toujours – fenêtres et balcon beaucoup oscillent dans le bleu blanc avec une étendue bitume tout alentour – comment tenir dans cet espace et comment s'imaginer la suite – ça reste questions qu'un feu vert à peine balaie la journée passée.

25/01/2009

elle grille la viande tourne tourne sur son piquet pendant qu'à côté ils sont là – bières à la main et que la nuit s'agite étrange – orange on peut dire orange pour la nuit – il est temps pour toi de faire le tri.

25/01/2009

un peu comme un dardenne quelque chose dans le genre – ciel gris sur l'allée très large et les immeubles alentour la pluie un peu comme un brouillard il t'embrasse et tu marches les mains dans les poches – un gamin est là qui attend raide contre son ballon.

24/01/2009

Alors dans le jour tu t'éloignes des points de connexions aux réseaux sans-fil et le temps passe. Dans le binaire, rien ne bouge. Le reste continue.

23/01/2009

il pleut drache on dit ça drache ou ce matin quand lui dit le sexe tout ça – je ne sais pas je ne sais rien sinon que le volant dans les mains pour aller d'ici à là-bas – pas le choix – et tellement la pluie que bien elle tape sur la vitre oui bien – quand les éléments te redisent poussière.

20/01/2009

aussi ces moments où tu ne regardes plus le compteur – où ça roule – tu as les yeux loin – très loin - tout est dans la tête c'est automatismes – peut-être que tu ne regardes rien finalement – et quand tes yeux retournent sur le compteur – vite ça va vite – et tu ne ressens rien.

20/01/2009

Écrire dans l'entre-temps même plus possible alors dire s'enregistrer. Dictaphone. Voir si ça tient. Peut-être rien, ensuite. Le bitumebitume toujours sur la route. A voir. Avec en fond une radio distillant un vieux tube, un phare de bagnole dans la nuit, les bords de route trempés, boue. Non, non, non. La poésie, pas réussie.

19/01/2009

là tu poses ta caisse et puis ouvre le réservoir – le pistolet dans la main avec l'odeur sinon que sans ce geste et celui qui tape les codes de ta carte bancaire – tu resterais dans l'immobile – une chose et son contraire tu es tu penses – après tu démarres quelques bornes tu as déjà oublié.

19/01/2009

Journée tunnel. Dès le matin jusque vers la fin d'après-midi. C'était seulement trouver sa place entre les tours, le béton, pourtant la palette bleue ou pourrait croire que.
Sinon qu'allant sur la bande bleue tu n'entends même pas l'autoradio monte le son ça ne change rien.

17/01/2009

la pluie tombe doucement là dans la rue – l'univers de noir et d'orange tu le croises tard et c'est presque matin – peu ne bouge et le bitume est là qui s'échappe – on ne vit pas grand chose à ce moment très exactement – et pourtant c'est bon – il dit c'est comme en Bretagne – tu prends des tours et tu veux calmer la machine – quelque chose reste comme un souvenir presque les larmes – il demande c'est qui il – lui seul sait.

17/01/2009

tunnel – ça n'a pas vraiment lieu et ce n'est pas dans le bitume mais pourtant on s'enfonce dans le couloir des jours et quand la respiration – c'est comme si l'air frais c'était le vide tu t'imagines au volant d'une grosse américaine et tu vas – paquebot dans les grandes étendues – d'Europe de l'Est d'Amérique de Moyen-Orient – tunnel.

15/01/2009

le brouillard le flou dans le matin ça se bouscule gaza gouvernement crise urgentiste – la radio continue sont flot et tu te noies – warnings.

14/01/2009

le soir dans les garages sur le béton froid ils sont là qui peignent – le brouillard la fumée de clope au loin sur le bitume – les feux croisent à faible allure.

13/01/2009

pluie sur tes mondes à verse et le bleu dur liquide sur les pieds – la boue comme lie tu vas non pas exténué ça n'a aucun sens – heureux – sous le ciel bas les gouttes une à une résonnent heureux – jusqu'à la prochaine haine - soudaine.

(Biga)

12/01/2009

tu es assis dans ta caisse bord de route il ne se passe rien absolument rien – c'est blanc – le grand vide et pourtant tu es là – dans le blanc – un scooter approche et souffle près de toi file sur le bitume bruit qui s'estompe lentement – un odeur d'essence – seulement ça – rien de plus – rien à faire : cela est arrivé.

12/01/2009

les fils ils vont dans le gris un à un tissent et toilent les réseaux – ça file fuse sur sous le bitume l'hypermatériel – poteaux gris bois dans le béton câlinent les routes sinueux sur les bords – ça ne fera jamais poème.

11/01/2009

le jour bas un brouillard non pas à couper au couteau non à nager dedans flotter – la neige encore dans les champs et le soleil difficilement à travers – un traditionnel russe dans les baffles un cheval file qui court dans son champ – tu imagines une steppe.

10/01/2009

gueule au matin raide sur le gris bleu rugueux ton diesel va I wanna be your dog il chante dans le poste – baffles usées mauvaise radio et le soleil épouse le blanc neigeux là-bas au loin ils s'embrassent – ta main tient le volant – là-haut ça prend plus de tours/minute qu'un turbo diesel à injection directe mais lui est mort et tu n'en sais rien – encore.

09/01/2009

jour à jour tu continues puisque la vie doit – le bitume t'engourdit chaque matin jour à jour il reste dur lui mais toi – mou dans ton corps H20 tu restes – poussière – un rien de souffle presque vide et lourd pourtant bien ancré – rien à faire – dans le sol condamné pour toujours attiré par le noyau.

08/01/2009

tu vas blanc dans le bleu nuit et le jour se lève – au volant le tabac des jours passés comme un reste froid – rien n'empêche de penser aux bombes qu'on largue aux sourires qu'on n'entend plus – le soleil pointe et l'étendue bitume s'éale jusqu'à l'invisible – ronronnement.

07/01/2009

nombreuses les carcasses toutes essoufflées posées là – dans le froid bleu d'un janvier silencieux – au loin peu ne bougent même ici – dans les ruelles – rien sinon le souffle – le vent balaie – et toi aussi carcasse.

06/01/2009

dans le blanc immaculé seules deux traces filent qui s'amenuisent – tu es là et le bitume lui presque mais pas tout à fait – disparu – dans le dessous et toi tu vas ça ne change rien – dérapages.

05/01/2009

blanc c'est blanc du nadir jusqu'au plus haut mais il n'y a plus – ni haut – ni bas – seulement le bitume reste là dur sous le fin moelleux.

02/01/2009

nombreuses toutes carcasses usées de tôles froissées entre deux grillages – les chiens vont qui aboient les crocs – sur le sol une huile noire s'écoule lentement.


01/01/2009

la langue bleue s'étale d'ici vers loin et c'est du bitume – quelques phares éclairent un à un qui fusent et déchirent – au loin il fait froid – ta carcasse sous la grande voûte.

31/01/2008

le béton le gris – et les barres elles sont beaucoup qui bouchent les horizons et restent – froides dans le quartier alentour supermarchés grandes enseignes rouges dans le gris grain – un bus largue ta carcasse sur le bitume bitume et tu pisses contre un mur – au loin on freine.

31/01/2008

ça reste imperturbable le blanc plat autour le TGV et quand dans cette gare à nouveau on y revient – l'ensemble pavé tramway sirènes dans le loin un écran géant le froid – quelques mendiants.

24/12/2008

sur le bitume bitume recouvert de rouge rose elle s'étale – la lumière jaune orange d'un lampadaire tordu éclaire le carrefour – et dans l'entre-deux un nuage de gasoil flotte – en suspension.

22/12/2008

dans l'univers bitume le silence d'un ilôt les quelques uns qui marchent encore – vivant dans le grand froid des corps à travers le rigide – ils sont là qui vont entre les tours.

21/12/2008

phares dans la nuit longue suite rouge bouge dans le loin – en file les uns derrière les autres comme quoi sinon feux stops – chacun sait cela qui va convoi dans la nuit.

15/12/2008

rien ne vient et pourtant la nuit tu dors à peine sinon le tabac gris des rêves – et Rosa Luxembourg ça n'a aucun sens pourtant c'est là – sur le bitume le soleil donne sa pleine charge – froide.

12/12/2008

Alors dans le grand bleu raide plus rien ne flanche. Ailleurs ça s'ébat et c'est comme si rien ne bouge. Bitume.

11/12/2008

alors le soir tombe sur le bitume et le froid raide tu connais – dans la nuit noire – lumières rouges deux par deux s'éloignant.

04/12/2008

avec son sac son bonnet il marche titube – gueule ravagée pourtant tient encore il tient – tenir c'est ça le mot – boutanche de vin dans la main.

3/12/2008

fumée la fumée – lâché de diesel sur le pont avec éclairage public en fond d'écran brillant sur ta nuit noire – et dans les phares de bagnoles encore à l'arrêt – nuage gris – en suspension.

26/11/2008

dans la voiture il pleure – longue file feu stop dans la nuit le froid même plus les clochards les errants – mais dans la voiture solitude du bitume bitume fais mal au feu rouge et puis les larmes – les larmes dans sa clio verte les larmes – le bitume – puis le feu change de couleur – poussières.

17/11/2008

l'urgence le grand bitume et la réalité béton – profusion les mots indices CAC 40 promotions cadeaux réductions le pouvoir d'achat bitume sur ta grande gueule silence! - pas des mensonges pas marchands de quoi marchands seulement parler calmement alerte – alerte – alerte – alerte.

15/11/2008

“je vais toucher le chômage, ça va aller, je viens habiter chez toi, je paie la moitié du loyer, et je dors plus dehors”

mots mal sur le bitume au coin d'une rue tu n'as même plus envie non vraiment aucune envie – croire tout cela ou pas croire c'est un long rêve blanc sur le bitume bleu c'est un long rêve blanc tout va bien allez d'accord – n'en parlons – plus.

13/11/2008

Tu peux te noyer dans des univers écrans ou des mondes papiers. Ca ne change rien. Ca n'apporte aucune solution. Surtout ne pas poser la question. Personne ne sait ce que c'est, vivre.

11/11/2008

Aujourd'hui, yeux fermés sur le grand dehors. Face to face avec les grandes forces internes. Parois.

10/11/2008

marchent marchez ils vont tous imper noir gris bottes de cuirs et tailleur attaché case cravate au vent ils marchent – tête baissée sur le bitume bitume et soulier noirs si ce n'est gueule toujours fermée dans le grand bruit c'est le silence.

09/11/2008

c'est comme récurrence et omni tout le temps cependant – qu'est-ce que ça fait un corps là dans le froid un corps sur le bitume qu'est ce que ça fait – après bien sûr ça ne se dit pas on n'a pas les mots on n'a jamais les mots enfiin déjà – un corps sur le bitume avec sac de couchage et une main levée dans le vent – ça dit l'essentiel – et comme pour beaucoup l'écrire ne changera rien.

07/11/2008

le soleil sur quelle main tendue il est là – contre le pylône rouge dit toujours bonjour avec couverture sur les jambes et ça déclenche les mots – inévitable.

06/11/2008

ça charrie le fleuve ça ne s'arrête il est interdit de consommer les poissons pêchés dans le rhône – pas demander pourquoi pancartes rouges et blanches ça charrie le fleuve et sur mon bitume bitume bien arrimé au bastingage.

05/11/2008

qu'est-ce que c'est marcher sur un trottoir bitume bitume – et suivre longue file de feux-stops rouges pont sur le rhône – qu'est-ce que c'est marcher dans le froid et sirènes au loin qu'est-ce que c'est fumée d'échappement stagnant sur le passage piéton qu'est-ce que c'est bitume ouh c'est le monde c'est fou – et suivre vers quel horizon.

05/11/2008

en groupe devant l'accueil de jour les qui assis les qui debouts chacun sa technique encore que ça va il fait pas trop froid aujourd'hui – enfin il répète de toutes façons ici ils lavent pas le linge mais t'as la douche et puis à midi restaurant dans la rue au dessus c'est écrit accueil de jour et là-bas restaurant social mégots de clopes.

03/11/2008

restes ce sont peu de choses par exemple vieille couverture tâché bouloches de laine et quelques feuilles mortes – une boite de conserve entamée une bouteille de vin bon marché de la bière canette en métal un pull – sur le trottoir tu penses quoi.

31/10/2008

avec caisses éparpillées et quelques légumes – étals espacés de loin quelques guirlandes deux ou trois ampoules grillées froid et pluie les feuilles mortes – marchands rassemblés sous les paravents entre eux serrés cafés et journaux tous identiques gros titres la crise.

30/10/2008

c'est froid et la pierre le pavé avec le vent dessus son corps il va pas tenir comme ça heureusement gyrophares bleus – enfin pour lui c'est bon mais plus aucun mouvement et pas même la bouche reste que tous les autres – le plus souvent on ne les voit pas.

27/10/2008

Pluie ça n'en finit pas pavé après pavé même reflet jaune orange quel monde étrange – ruelles dans lesquelles ça pleut et caniveau central moyen-âge non renaissance un torrent – en miniature et pas une seule étoile ni même guide sinon lampadaire.


27/10/2008

gris – buée sur les vitres et gouttes parapluies sautant les flaques – gerbe de flottes et feuilles collées – la chaleur d'un bistrot c'est comme un coin d'une vieille bâtisse à la campagne – tu rêves t'échaffaudes des plans et ici on dirait qu'il y a une grande cheminée et on ferait chut! - sur les murs béton des affiches se décollent bitume – Jennifer 08690... Sabrina et Lola te font l'amour au téléphone.

25/10/2008

soleil sur les quais de saone – large fleuve boue et les péniches – bouquinistes étalages feuilles mortes sur les couvertures on va – poussé par quoi – feuille morte puis assis avec elle sur les marches pas un seul bouquin prix bitume.


Et le soir télécharger ebooks gratuit bitume bitume, on radote un peu Duvel.

24/10/2008

silence silence anonyme sans un mot tu marches – clac clac si jamais tes semelles et seulement le bitume bitume les bagnoles marteaux-piqueurs c'est un silence insupportable – parois d'immeuble béton non rien – alors quand un l'ouvre tu sais même plus – comment c'est fait déjà une langue un corps comment ça marche.

23/10/2008

un corps – enfin c'est une forme et puis tu approches – un corps sur le béton fringues en loque et tâche sur le manteau les feuilles mortes s'accrochent – une petite boite pièces à l'intérieur grosse berline allemande accélerant sur le bitume – bitume c'est dur c'est froid et la tête dans son bonnet - un corps.

22/10/2008

Tu marches tu avances il y a plein de monde mais tu es absolument seul. Parfois ça ne pose aucun problème et c'est plutôt bien. D'autres fois non.

21/10/2008

terre éventrée bitume défoncé le tas de terre posé là par l'engin – grosse machine jaune orange et les entrailles comme viscères – un corps de ville un intérieur – sale.

20/10/2008

Les mots c'est comme les images. Parfois ça reste. "L'au jour le jour/tel quel/pas vivable/pour bien trop d'hommes" -Antoine Emaz.

Et tu peux marcher dans la ville parcourir bitume, sans que cela ne cesse.

19/10/2008

dimanche sur la ville et calme pourtant des sirènes au loin gyrophares très certainement – d'ici tu vois toute la ville façades que le soleil souffle dans son coucher – nuage rauque qui pourtant sans voix bouche l'horizon la tour Part-Dieu comme massive marron – petits appareils numériques bip bip sur l'esplanade et la joie d'être là – simplement avec elle.

17/10/2008

sacs plastiques et panneaux publicitaires c'est toute une histoire – mais qui tient dans le grand bruit et toujours plus rouge orange avec des rimes en ,99 – le bip d'une caisse enregistreuse spasmodique electrocardiochose – ces mots compliqués qui tiennent à peine en bouche c'est comme un poème que tu ne pourrais retenir – le marbre parfait des rues commerçantes – et la foule tapecoda sa CB jusque tard dans la soirée repartit courant dans la nuit bras chargés.


Si ce n'est qu'aucun job pour ton compte en banque comment tenir c'est la crise, le grand incendie, CAC 40 Dow Jones merci papa merci maman.

16/10/2008

tu pourras sans cesse questions te demander pourquoi l'écrire - rien ne bougera - reste qu'on peut - alors profiter.

16/10/2008

le ciel gris un toit sur le crâne comment dire sans le ciel bas et lourd – si tu pouvais seulement tous les oublier oui – entre sirènes cars CRS et autres gyrophares bleus – sur le pont là-bas voitures camtards tramway train régional – tout se superpose et tu penses à quoi dire le réel ne changera rien – absolument rien à tout ce qui a lieu.


Mais tout de même tenir et c'est comme de l'air.

15/10/2008

dans la nuit lampadaire et nul chien errant dans les rues bitume – le souffle léger d'un trolleybus et le claquement des cables électriques – quelques phares de bagnoles dans la nuit – un bus est là qui clignote épuisé contre un arrêt deux bancs vides – la bouche de métro et vertes trois flêches indiquent la route à suivre – deux panneaux publicitaires éclairent le trottoir.

Cette vision comme très clair dans ta tête ce soir :

la porte arrière d'un semi-remorque dans la nuit – la rambarde de sécurité tu es sur une autoroute et, les bandes blanches défilent accélèrent tes sensations – la lune éclaire fortement le paysage petites montagnes qui se découpent au loin l'horizon – et les quatres feux rouges dans le noir filent faiblards –
et dans la nuit calme et tranquille, tu conduis vers d'autres réels.

Tu dis quelques mots, puis revient ce souvenir. Faut-il chercher les traces de toutes nos existences dans les frictions quotidiennes ? Bitume, bitume, ou encore, bouche de métro, enfin qu'importe, lampadaire dans la nuit, et ça souffle là haut.

14/10/2008

le long souffle d'un marteau piqueur dans le bitume bitume qu'on défonce sur les quais – et la chaleur pour ce milieu d'octobre les feuilles mortes pourtant en tas sur les trottoirs les escaliers – je ne compte plus les mendiants les mains tendues et la tranquillité du marché Saint-Antoine – c'est comme énumérer les marques des bagnoles fusant sur l'enrobé - ça ne change rien.


Si jamais il y avait une solution elle serait en toi. Alors le bitume.

13/10/2008

coups de pelles coups vociférations le grondement rauque des engins – brouille jaune sur le bitume rouge la poussière de la place et les chasubles vont viennent casqués gyrophares dans le matin – les barrières de métal ganivelles regroupées comme bêtes à l'abois usées les ganivelles – rouilles tâches rouges et quelques coups fluorescents les ganivelles par petits groupes de cinq ou six épars sur la place bucolique non ni même – olfactif si ce n'est poussière noire le bitume chaud bitume bitume qu'on pose là dans le grand fratras – et dans le matin un homme est assis là – qui calme passe le temps – à caresser son chien.

12/10/2008

le soleil doux reflets sur la Saône tu construis le projet d'ouvrir un blog et les bouquinistes - étals nombreux bouquins - et des remontées de mots parfois dits le soir dans des cuisines de villages en fête - "c'est un poids les bouquin, je rigole pas c'est un poids- qu'importe encore trois dans ta poche et c'est pour étude - à quelques euros à peine car neuf pas possible ni même numérique - entre les paquets de pâtes et la baguette tu fais comment ?

un mendiant va qui tend la main pièces jaunes à l'intérieur avec sourire meilleur qu'antidépresseurs

le soleil doux reflets sur la Saône tu te répètes mais le fleuve aussi incessant charriant les bouquins le Vieux Lyon - sur les quais grosses berlines aux fenêtres ouvertes basses dans l'air - Rayban et rivet à sa Rollex les feuilles mortes - rien de plus - les feuilles mortes.