15/11/2010 Vue présente

et nos heures - nos heures elles sont à peine dans le jour d'hiver qu'approche à grand pas - et on s'imagine dingue dingue et on se réveille fou on se dit fait pas chaud hein nos routes on les trace à coup de Google Earth - le soir on met du rock dans les baffles et on danse et la bière - et nos heures nos heures elles s'étirent dans la nuit.


05/11/2010 Vue présente

les routes aussi celles qu'on imagine et la texture du bitume l'odeur du vent qu'on se prend dans la gueule c'est comme la mobylette de nos poèmes on aime bien ça parce que ça sent l'essence et l'huile chaude nos corps.

18/10/2010 Vue du jour

avec un semblant de soleil dans l'rétroviseur t'as le pied droit qui vibre parce que ça fait bien quinze ans qu'elle crache ses poussières d'échappement celle-là - les nuages s'écartent un peu l'air frais s'engouffre en haut la vitre à peine ouverte et tu es au volant d'un pick up - tu es au volant d'un pick up sur une route dans la campagne roumaine - c'est l'automne et tu as la machine pleine de bois - l'hiver c'est pour bientôt la nuit la nuit - sur ton clavier tu files files dans un grand n'importe quoi donc de rêves - et le corps tremble encore - l'haleine un peu café.

14/10/2010 Vue du jour

avec le soleil et un doigt sur l'obturateur à vitesse de croisière un premier coup d'oeil pour la mesure de lumière et l'envie que ça floute un peu le bitume - on descend la vitesse d'obturation et ça fait une bruit claclac on sait même pas d'où ça vient et le moteur c'est comme un flux de langue quand c'est le temps de l'appuiement sur l'accélérateur on crache des nuages de fumée noire.

13/10/2010 Vue remontée

les gouttes sur la vitre - on voit que ça les gouttes sur la vitre c'est une bagnole et un autre monde le ciel est gris soleil un coucher de juin derrière la pluie tu te souviens c'était y'a quelques mois tu l'emmenais c'était pour l'avion - sur la photo le papier photo tu l'as dans la main et cette sensation tu te rappelles comme le volant dans la main et son œil concentré le bruit du déclencheur tout ça - le temps que t'as pris pour te taire entier - les tas d'mots là qui demandent plus qu'à.

01/09/2010 Vue présente

la route les virages les secousses dans le camion les poubelles à travers la vitre un feu dans le conteneur la nuit déjà les accélérations – les coups de volant le bitume les tas de pastèques et nos carlingues comme carcasses toutes bringuebalées – les files de bagnoles jaunes les phares rouges dans la nuit les haut-parleurs tous dingues ça nous klaxonne le corps.

26/08/2010 Vue présente

les phares dans la nuit les trous dans le bitume les jeeps devant le béton les types avec des casques les fusils mitrailleurs sous les projecteurs – le vent frais de la montagne et la poussière le long des trottoirs ton pied droit appuie sur la pédale et l'air s'engouffre dans la bagnole – dans les baffles c'est quoi les types alentours klaxonnent tu passes à droite les conteneurs rouillés les chats courent qui filent à travers les baraques.

24/08/2010 Vue présente

le soleil pleine gueule dans le bus et les suspensions bien raides à déclencher l'appareil photo dans les virages le bitume et la fin de journée – les sacs plastiques tous à travers les pierres la tête bien suée sur le siège à se faire secouer et les routes qu'on prend épuisé dans la nuit.

17/08/2010 Vue présente

une bagnole de l'armée dans un nuage de poussière les phares jaunes et le bruit d'un moteur qui file – le type à côté il braille en accélérant.

17/08/2010 Vue présente

ce qu'il veut c'est apprendre le français pour pouvoir voyager et dire qu'il va où il veut.

13/08/2010 Vue présente

alors le soleil déjà – et puis les sept heures du mat' – la bagnole qui file sur le bitume le béton les baraques les types au jeûn la file de bagnoles les tags tout partout sur le béton les types debout sur les cahutes – les fusils mitrailleurs dans le matin tu as déjà vu des fusils mitrailleurs dans le matin les panneaux ils disent les femmes de ce côté – les hommes par là-bas – les parasols police police les ambulances les caméras des télés la poussière le vent la soulève les bouts'd'bétons et tu dis ça comme un sale – et tous comme des lapins à marcher le long des bus le long des tires le bitume bitume les casques les gilets pare-balles – ce qui ne se dit pas dans un poème – les voiles dans le soleil du matin les types qui marchent vers quel monde les tours de contrôle et nos pas comme des gamins.

04/08/2010 Vue présente

le vent trop froid à travers la vitre le minibus jaune sur les routes virelots les phares dans la nuit les panneaux publicitaires – les néons verts d'une mosquée au loin la maison au coin du virage cent ans de liberté c'est écrit en grand – un type est là qui vend des pastèques son camion sur le gravier.

04/08/2010 Vue présente

les types sur le trottoir les chichas toutes plein régime alentour les bagnoles klaxonnent dans la nuit alentour les chiens – les chiens errants – rappelle-toi les mille chiens errants les chiens errants de Bucarest les chiens errants de Belgrade les chiens errants du Monténégro les chiens errants de Sarajevo les chiens errants des montagnes des Carpates ils hurlent nos chiens ils hurlent la nuit ils hurlent le jour – ils courent dans les poubelles dans les sacs plastiques ils sont là comme fantômes dans le jardin ils tournent tournent autour des oliviers ils viennent comme bêtes assoiffés contre la pierre chaude de la terrasse – alors alors les chiens errants s'essoufflent dans le grand soleil alors alors les chiens errants nos bêtes elles accourent.

03/08/2010 Vue présente

le jour se lève sur ce pays et tu as les yeux ouverts – la nuit chaude les draps pleins de sueurs et les odeurs qu'elle y a laissée – tu as le corps un peu raide c'est une grande solitude pleine d'une sagesse toute orientale – tu attends calme que le vent viennent rafraîchir un peu ta peau – tu te repasses en boucle le film des exploits de la vie – tu te repasses en boucle le film noir noir des ombres et des pluies des maisons qui se sont effondrées il y en a plein ici – on ne sait jamais parfois par exemple lui il dit celle-ci elle est là c'est un tas de pierre et on y touchera pas puisqu'ils ne veulent pas – comme eux tu te sens absolument vide de toute haine – tu ne fais rien tu es allongé dans le grand lit et tu te sens vivant – tu regardes un tas de photographies instantanées et tu te sens vivant – tu traces tranquilles dans le chaud de la nuit les routes les bitumes que tu boufferas plus tard – tu t'imagines au volant d'un camion et vous êtes quatre yeux fonçant dans l'aube – tu vois très bien les bandes blanches à la peinture sur le bleu du bitume – tu vois les nids de poule les virelots les vieilles tires les camtards rouillés – les doigts qu'on met sur la carte routière les panneaux indicateurs dans le matin – le soleil dans l'angle du pare-brise.

01/08/2010 Vue présente

voilà – la vie continue et tu es seul dans ce pays dans cette ville dans cette baraque dans cette chambre dans le grand lit tu es seul – tu entends la route au loin il fait chaud combien aujourd'hui t'en sais rien – pas d'air et tu transpires seul allongé sur le grand lit – tu tapes sur le clavier de ton ordinateur et tu rêves doucement – tu es triste – tu es triste et heureux à la fois – le lit grince un peu et tu entends des voix au loin – tu es rentré seul tu as pris le bus et tu transpirais la tête contre la vitre tu as pleuré ça n'a pas duré longtemps il y avait beaucoup de monde le bus était plein – tu transpirais et tu pleurais – dans l'armoire ne restent que tes vêtements sur le carrelage plus rien tout est rangé tu as une photo tu la regardes tu es triste – tu es triste et heureux à la fois – tu te passes un peu d'huiles essentielles sur le visage tu écoutes la ville les bruits dans la nuit les pétards – la sirène d'une bagnole de flics au loin.

01/08/2010 Vue présente

la bête à l'accrochée par une patte sur le bord de la route la tête c'est une vache blanche noire sur le trottoir – le soleil et la peau à l'éventrée immense le corps de la bête un gosse à côté un type il met sa main dedans un taxi il s'arrête là tout près deux gars – ils sont assis derrière ils regardent comme on dépèce comme on découpe le sang – rouge rouge sur le trottoir dans le grand ciel jaune.

26/07/2010 Vue présente

les bagnoles toutes cul à cul'd'bagnoles le béton les immeubles les écoles united nations les coups de klaxon les pastèques les types sur les chaises à l'ombre – la fin d'journée le soleil couchant sur les blocs de béton la tour de surveillance les tags autour le terrain défoncé monticules les chiens les pelleteuses – peur comme tu as peur dans l'ombre du mur peur comme ça't'prend et qu'tu voudrais pas comme tu mets l'œil dans le viseur et qu'c'est plus simple comme tu aimes aussi la prendre en photo.

26/07/2010 Vue présente

les chiens errants tu as vu les chiens errants de Bucarest tu as vu les chiens errants de Belgrade rappelle-toi les chiens errants de Belgrade les chiens errants dans les banlieues chaudes les chiens errants de Sarajevo le ciel gris les chiens errants au large de Timisoara – les chiens errants dans les montagnes du Monténégro les chiens errants du Delta le Danube les chiens errants au bord d'une route dans les Carpates les chiens errants sous les sapins la Pologne – les chiens errants du Grizzli de Slovénie les chiens errants sur le bitume de la Turquie rappelle-toi vieux les chiens errants du Maroc quand le soleil et la poussière – les chiens errants de tes poèmes tous vieux dingues les chiens errants des supporters de la poussière les chiens errants les chiens errants – les chiens errants ils aboient dans le soleil couchant le long du mur – à Ramallah tes pieds dans le sable et le béton.

26/07/2010 Vue présente

la lumière sur la montagne au loin un chapiteau les guirlandes le soleil déjà couché la musique dans le camion jaune orange – une jambe tout contre là près le ciel noir violet bleu rouge orange jaune comme ça dégradé doux doux – les coups d'volant nos jambes c'qu'on entend dans la nuit elle tombe.

23/07/2010 Vue présente

la route quasi vide dans la nuit les lampadaires jaunes les barbelés tout à coup là surgit d'où une barrière des panneaux dans le noir – le mur de béton nos silences c'qu'on a d'peur et d'folie là ta main tout contre les fusils devant la barrière – la route immense droite là les minarets les baraques dans la nuit les collines les bagnoles armées les gyrophares dans le loin – les drapeaux blancs bleus l'accélération d'une grosse tire ma main sur le levier d'vitesse les tours de garde au virage – les bagnoles qu'on ouvre dans la nuit d'un poste de contrôle – les crèves pneus sur le bitume – les tags sur le béton.

23/07/2010 Vue présente

les immeubles blancs tous en ligne l'autoroute plein nord le moteur plein régime le bitume quatre voies – le volant dans les mains à côté elle est là qui ses yeux – direction Haïfa les champs'd'bananes les montagnes à droite le ciel brun jaune parfois la poussière les grosses bagnoles elles tracent à droite à gauche – les panneaux en trois langues d'la musique classiques crache un peu dans les baffles ça ne marche pas vraiment la fumée d'nos clopes – les vitres grandes ouvertes l'air chaud dans la gueule nos ch'veux les poteaux électriques c'qui nous tremble un peu d'être là sans trop savoir cette sensation quand on file vers l'inconnu comme c'est bon comme c'est raide – comme on a l'corps plein'd'sueur et qu'on s'enfonce c'est une montagne – le vert du Monténégro la mer toujours là-bas le soleil en plein'd'dans ça fait comme flou tellement les virelots le bitume abrupte des routes grimpant dingues – la chaleur qui nous quoi quand on pose la bagnole qu'on met un pied sur'l'bitume d'un pays inconnu.

23/07/2010 Vue présente

les villages à l'ouest la route serpent'd'bitume le plein soleil du midi les décharges les bagnoles rouillées à travers les collines toutes collines collines – les types dans la rue tous debout dans le même sens le minaret là les bagnoles poussières les vallées toutes sèches jaunes grises les trous dans'l'bitume le bruit du moteur un chien sur les g'nous – les tours de garde le béton les blocs posés là les barrières la barrière toute droite dans le bleu du ciel les fusils mitrailleurs les bidons posés sur'l'bitume – les jeeps vertes – les barbelés – le soleil.

21/07/2010 Vue présente

dans la fumée'd'clope avec la poussière sur le bureau les cahiers tous en vracs les classeurs les chiffres indiens y dessus – la voix des types dans la rue les gosses tous à brailler tous sales leurs tee-shirts la fatigue les cicatrices qu'ils ont là sous l'oeil lui – sur la place du village les barbecues les bagnoles les chaises en plastiques les cartes qu'on abat dans la lumière blanche le vent frais les sacs plastiques puisqu'ici bordel – puisqu'ici on tue les enfants puisqu'ici d'un coup de fusil chtomp il est mort et la vie la vie c'est quoi.

15/07/2010 Vue présente

le béton bien raide droit un mur voilà c'est c'qu'on dit d'ça un mur – le hangar les types là pour vendre quoi les entonnoirs de fer les tourniquets les feux rouges les feux verts les pas'qu't'avance un à un jusqu'là – la machine à rayon c'que t'enlève de toi le passeport et le soleil en plein – les fusils mitrailleurs – les fusils mitrailleurs – les fusils mitrailleurs.

15/07/2010 Vue présente

ta langue ta langue qui'n'dit rien dans c't'e langue c'que ça't'bloque et comme frustre à peine à parler dans'l'silence d'une langue langue qui dit quoi.

13/07/2010 Vue présente

l'entrée un portique en fer à côté une colonie la maison de dieu puis la route vers le bas deux écoles O.N.U. le bitume comme un corps usé – les pastèques en montagne le camion chargé dingue d'la musique dans les baffles les baraques des types devant les gosses – ils courent dans la rue un ballon le bruit d'un moteur ah oui avant la route comme un serpent d'asphalte à travers la terre sèche – la poussière sur le tableau d'bord la trentaine de degrés les vieux camions citernes à l'ombre les femmes sur les chaises là la vigne – ton sac – sur le dos.

06/07/2010 Vue présente

à la terrasse à taper sur la machine pendant que les putains d'mosquitos tu penses à quoi sinon qu'en face les lumières se sont allumées sur la colline ok – un gamin est là en bas des marches qui joue la ville est là ouais d'accord allez allez – oh yes always on the road again man – on the road again man – ça te revient comme une chanson douce que te chantait qui mon vieux hin hin – ça te reprend comme une tige qu'on allume dans la nuit pour mieux dire quoi sinon qu'avec un volant dans les mains putain qu'est-ce que ça pue les diesels encrassés les routes les routes – ce qu'on affonne à coup d'carlingue et les putains d'mosquitos les routes les bitumes tous les bitumes de toutes les planètes – et comme tu n'avais jamais imaginé ça avec une femme allez vas-y dis-le bordel toi qui là tu parles tu parles tout le temps avec ton clavier avec tes mots tu parles sans cesse mais tu n'sais rien dire alors alors les putains d'mosquitos tu n'avais jamais imaginé ça avec une femme voilà et quoi – comme tu as eu peur ah oui c'est ça mais prend les choses dans l'ordre petit a) – tu voulais être un homme tu voulais les aventuriers de Jack Kerouac tu voulais partir avec quoi dans les poches tout juste pour tenir comme ça'd'quoi mettre dans l'assiette – petit b) tu voulais vérifier que tout ça c'est possible mais mon pauvre vieux t'es qu'un putain d'mosquitos toi aussi t'es là zzz zzz zzz dans le ciel et tu suces le sang'd'quel livres déjà écrits hein – petit c) y'a pas d'régles à la vie y'a pas besoin de 10 000 kilomètres pour comprendre ça encore que – avec ta gueule et ton jean puant poussière à Ramallah t'as'l'corps à cent mille oh yes – always – on the road again man.

04/07/2010 Vue présente

à marcher sur le bitumebitume chaud chaud chaud – comme vieille bête un âne à porter des sacs plastiques et sur le dos un barbecue comme ça – accroché au sac à dos un âne chaud chaud chaud d'une main l'appareil photo d'une main la clope – sur les murs les lettres en arabe bombe de peinture noire rouge quoi ces noms – qui là comme ça collés au mur le soleil en plein la gueule sèche à marcher sur le bitumebitume.

03/07/2010 Vue présente

le moteur à 3000 tours le vent de la nuit les vitres ouvertes la vitesse à peine – le petit bout rouge de la cigarette dans le noir l'orange – tout un monde étrange – le minaret d'une mosquée les bagnoles filant sur le bitume les trottoirs immenses nul chien errant nulle bête aux abois sinon quoi.

03/07/2010 Vue présente

les pieds à travers la poussière les poubelles les lumières jaunes au loin la montagne – le vent frais les mains dans la veste un fusil mitrailleur dans les mains d'une langue impossible – le cul sur le béton d'un trottoir perdu le vent dans les oreilles au loin un camion peut-être quoi – café non non security reasons.

23/06/2010 Vue présente

qu'est-ce que quoi la vie pour qu'à c't'allure là dans les rétroviseurs les gyrophares bleus - et tout ce qui s'arrête là parce que - ça n'a pas de mots pour s'dire et là où on va encore est-ce qu'on saura dire comment on tiendra alors que là déjà - on n'a plus vraiment d'quoi s'accrocher les bastingages et tout ça s'est barré loin - te reste quelques bouts d'routes des poussières ah oui dust generation c'est bien ça.

21/05/2010 Vue présente

j'ai ouvert les yeux et le soleil était là déjà - le vent soufflait tiède frais à travers les vitres - et j'entendais l'herbe ça bruisse vert autour - j'ai pensé à un générique de film - la voiture s'enfonce lente régulière vers le loin - et le vent souffle la poussière à peine - la BO ça serait une espèce de rock tendre et dingue à la fois - au bout de quelques dizaines de secondes disons - la voiture tourne à un angle quelque chose - après on ne la voit plus - la musique elle continue.

03/05/2010 Vue remontée

qui München Ljubljana Zagreb Belgrade égrènent – chapelet mantra nuitamment chanté essoufflés soufflant – fumée de clope entre champs de maïs et buildings avec horizon brume et notre langue d'autoroute bitume

03/05/2010 Vue remontée

qui cherchent cherchent les zerrants s'imaginent quel réel quelle eau fine l'essence – et rêvent rêvent mes zerrants libres pour quelques temps pour quelques temps

03/05/2010 Vue remontée

qui vont gyrophares bleus verts dans les rétroviseurs – et se rêvent cow-boys cow-boys sous une fine pluie les montagnes zautrichiennes gueulant qu'ils grinçants – mes fantômes – libres sous le grand ciel gris – libres sous le grand ciel gris

03/05/2010 Vue remontée

qui traversent les néons publicitaires bercés par quelles étoiles absentes et klanklanklang de bagnole usée – et se réveillent côte Est capot ouvert café fumant sur leurs entrailles tripes

26/04/2010 Vue remontée

qui quadrillent l'Europe et récitent La Traversée des Etats au volant le diesel – le raffut que ça fait entre les bielles entre nos corps tout une nuit se déchire au prix du gasoil et nous – on y verra – rien

26/04/2010 Vue remontée

qui affamés assoiffés affonés épuisés des trottoirs de l'Europe voyageurs éblouis béats – affamés assoiffés sur les rond-points les parkings bivouaquent

26/04/2010 Vue remontée

qui clefs de contacts ils enchaînent mes fantômes les milliers de kilomètres dans le brouillard brouillard – et les plaines immenses ça fait peur un continent d'Ouest en Est et vice versa poussières

26/04/2010 Vue remontée

qui Lindberghs dans le bleu nuit ou mécanos d'occasion passagers du diesel – fumée de clope dans l'habitacle – vieille tire des particules noires – en suspension – sur les routes de l'Est et bitume bitume

18/03/2010 Vue remontée

ce qu'on met dans nos carlingues - à s'en faire péter les turbines - on the road etc - nulle vision à la station essence du supermarché ce jour-là - plus d'un euro le litre ça te revient oui c'est ça - quel été quelles routes - ah oui voilà - on avait parcouru toute l'Europe - d'Atlantique à la Mer Noire - et le Danube le fleuve meule mâle - qu'avance fonce à travers l'Allemagne Willy Betz jaune bleu dans le ciel Willy Betz à doubler Munich et à filer plein Ouest - dans les corps le chemin vers l'Ouest n'a jamais le même tremblé rouge sang qu'importe - Diezel Gazole mon amour quand d'une main chaude mon pistolet dans le réservoir j'appuie sur la gâchette défilement les chiffres le rêve à plus d'un euro cinquante le litre ça reste moins cher que la vodka - Diezel Gazole en toutes les langues et pour toutes les routes - un jour tu seras grand vieux un jour d'un pistolet à essence tu comprendras l'essentiel.

17/03/2010 Vue remontée

le cul dans l'herbe et encore suant à tirer sur un clope - la pleine côte dans les jambes qu'on a raides un peu - le lac en bas gros comme rien et ta tête tourne tangue trace à l'abri l'orage en pleine gueule - comme on a tremblé - comme on a ri.

14/03/2010 Vue du jour

quelque chose de la folk musique dans les baffles et rockeur à son heure - désert désert - la route entière - sous les yeux le bitumebitume n'en finit pas noir sous les phares - j'ai des visions il dit des coups de poignard dans le dos il dit.

11/03/2010 Vue remontée

l'aiguille du compteur 120 peut-être et le bitume parfois encore frais la station essence - liquide tout par terre le pistolet dans la main pour remplir - ras-la-gueule et l'odeur encore qu'on a mis de la sciure autour trois gars sont assis là qui discutent les fringues toutes tâchées un camion file qui résonne encore - le tas de biftons d'une main à l'autre et rouler quelle excitation d'appuyer sur la pédale - et pourquoi ça nous tremble avance avance vieille carlingue - hier soir tempête Camping International no place for you my friend - à Timisoara la danse des bagnoles au rond-point le gyrophares bleu mou d'une ambulance ne tirez pas - l'aiguille du compteur 120 peut-être et dans les baffles je taille ma route ça chante encore qu'une bagnole blanche bleue blanche verte sirènes hurlantes sa chemise blanche est blanche est belle - la machina plein le capot la machina l'aiguille du compteur 120 peut-être pour doubler tu te mets au milieu les autres ils s'écartent en face t'inquiètes - filant le vent chaud fouette nos gueules.

10/03/2010 Vue du jour

c'est une ombre ta bagnole une ombre dans le soleil et la plaine - tu te fais des films magnifiques tu tires sur ton clope et tu es un cow-boys - elle s'étend loin là qu'un camion va bientôt te secouer Ripoche Transports ou quelque chose - avec du rouge rouge et le souffle remue un peu la carlingue d'une main tu déclenche la photo d'une main tu passes la cinquième d'une main ta cigarette là d'une main tu augmentes le volume d'une main tu écris ce poème.

08/03/2010 Vue remontée


à Istanbul déjà le froid t'imagines pas comme à 25 ou 30 degré il faisait froid sans doute aussi à l'intérieur ta tête toute poussière - sur le boulevard quel nom pouvait-il avoir les bus pour Téhéran à 25 dollars le trajet - tu traverses un marché tu files vers la mer et tu fumes des clopes en regardant l'horizon en regardant les bateaux tu fumes des clopes en discutant - ton vieux pote qui là sur les mêmes pierres regarde le même soleil combien de temps ça te restera là - les routes qu'on a usées dingue - le temps qu'a passé -le temps qu'a passé là - à cinq heures du matin quelque chose comme ça tu embarques et le soleil à travers les hublots tes oreilles se bouchent écrasées pression - le bruit sourd des réacteurs les réacteurs - ta gueule à l'escale dans les chiottes de l'aéroport Genève - ta gueule usée raide et tu ne sais plus - uppercut dans ta gueule jusque dans le RER en silence - assis à côté de ton vieux pote ton sac entre les jambes béton de Paris nos langues toutes éteintes - à la gare je me souviens on s'est serré dans les bras on s'est dit à bientôt quelque chose dans le genre on n'a pas pleuré parce que bon tu vois c'était pas comme ça on était ailleurs en fait on était ailleurs - après tu as erré deux heures devant des TGV et après ce qu'il s'est passé comment dire - ça ne se dit pas silence comme tes oreilles bouchées pendant plusieurs jours - dans la voiture celle qui rentrait à la maison tu aurais pu tout casser tu aurais pu parler pendant des heures tu aurais pu pleurer tu étais heureux - oh ce n'était pas le retour du guerrier aventurier nan nan nan - plus d'une fois tu as chié dans ton froc plus d'une fois après ça continue la vie la vie ça continue - la poussière il en reste encore dans ton sac à dos ce qui a remué là n'en finit pas de trembler ton corps.

03/03/2010 Vue du jour

les phares blancs de la tire dans le noir du matin avec un peu de bleu là dans la nuit - ça te revient les phares blancs dans le bitumebitume autoroute - combien de nuits - combien de routes - cette sensation toujours la même très tôt le volant dans le noir le corps encore plein de fatigue tout à fait café.

02/03/2010 Vue présente

à toute route son horizon le bitume noir noir de Robert Frank c'est comme un rêve sans fin l'odeur de l'huile chaude - et sous le bleu de l'hiver infime poussière tu t'épuises carcasse tu t'effondres carcasse - tellement mauvais tous mots rien que mots mal posés là tu pleures à peine - la main sur le volant.

21/02/2010 Vue du jour

déjà tu l'as croisé Berlin - tu n'es jamais allé à Berlin - tu filerai d'ici là-bas ça te prendrais quoi aller imagine on prendrait une grosse tire une allemande bien calé à l'avant - le volant dans la main tu roulerais dans la nuit dans le jour et tu serais à Berlin un jour tu seras à Berlin - ce soir - sur le mur blanc des chiottes - il était là il était passé à une heure cinquante un soir - dans quel monde il vivait cette nuit-là dans quelle monde - dans quel monde il va ce soir dans quel monde.

17/02/2010 Vue présente

15/02/2010 Vue remontée

photographies à la webcam avec le mac sur la tablette - TGV Angers/Lyon - 13/02/2010










13/02/2010 Vue présente

le temps qu'à matin se levant levé si tôt – chaque fois que tu fais cela chaque fois c'est la même chose – et qu'alentour la ville blanche flocons d'une moiteur comme c'est doux après le train démarre et traverse à peine file – on dirait que le temps s'est arrêté on dirait que plus rien ne bouge – et qu'alentour la plaine blanche couverte aussi le temps qu'à matin le soleil passe ça ne dure que quelques secondes entre l'horizon les nuages – orange feu.

13/02/2010 Vue présente

puisqu'ainsi dans ce qui déplace on tient toujours mieux la machine posée sur la petite table branchée au wagon pour mieux tenir le temps de – à la gare tu as parcouru rapidement quelques sites pour vols secs – le train accélère pour bientôt tenir sa pleine croisière à quelque chose comme deux cent kilomètres heure – tu repenses au Damas/Alep un jour d'été - tu files en rêve vers d'autres plaines - et page blanche.

08/02/2010 Vue remontée

Qui matin allongés usés les trompettes toute une nuit et dans le jour déjà levé – trois coups de canon la terre tremble les corps avec trois coups de canon puis les trompettes – qui les yeux demi-ouverts n'y croient plus pas trois coups de canon jelen pivo.

(travail en cours pour la revue chos'e)

03/02/2010 Vue remontée

la route tu n'y vois rien la nuit elle est tombée on devait arriver plus tôt et puis ils doivent attendre - et petites toutes les routes qu'on enfile affone et tu ne conduis rien - tu es assis à l'arrière la fenêtre ouverte parce que l'air et quand on roule sur les haricots - c'est comme ça ici - ça te secoue le bitume bien droit dans la nuit traverse les villages baraques toutes éteintes souvent l'air chaud - tu sais quand ça sent la poussière et que tu arrives la table est mise la charcut'rie cognac aux amandes - dans la nuit les chiens aboient les hommes parlent.

30/01/2010 Vue remontée

après Slavonski Brod et la rouille et le pont de Sava les panneaux publicitaires dessus c'est a demi déchiré – les vélos sur le bitume les cuves à pétrole la raffinerie la rouille encore et les cheminés vers le ciel – shop win go les pubs et les baraques à travers les arbres – de la brique et du ciment parfois noirs là où le feu – des dalles de béton des impacts de balles aujourd'hui tout est là – un vieillard marche sur le bord de la route son costume marron son chapeau – qu'est-ce que ça te dit d'aller comme ça à travers d'autres mondes qui ont vibré fous – quelles histoires te racontes-tu quelles vérités là pour te faire aller plus loin dans ce que tu as de routes impraticables.

02/01/2010 Vue remontée

tu ne comprend rien tu ne veux pas entendre - tu as roulé 1500 kilomètres tu as dormi sur des sièges de bagnole tu entends la pluie sur la pergola - l'eau en dessous c'est une terrasse et les bières sont là toutes vides - tu as rempli ton carnet de notes et le ciel est gris - là tu t'es souvent dit tu te rappelles on pourrait l'appeler Neal mais c'est faux depuis le début tu sais bien que c'est faux - et toi tu n'es pas - alors vous parlez vous parlez sans rien entendre sinon la pluie sinon le torrent en dessous - un journal radio en slovène - ce que vous dîtes là les mots c'est quelque chose de l'amour - pourtant quoi l'a bute entier ce qu'on se dit là - et tu sors dingue dans la rue les pavés sous tes pieds.

26/12/2009 Vue présente

c'est nuit et tu as tout un monde entre les mains - les plaines qu'on a vu et ce bitume - combien de fois déjà et c'est comme si c'était allez - Oulan Bator - et tu conduirais un vieux pick-up et tu filerais dans une plaine - et sur l'eau gelée l'asphalte il est déglingue - tu glisses - ton corps il serait vide et tes tripes toutes alentour - ce qui s'est dit ici - ce qui ne se dira jamais - où tu files.

16/12/2009 Vue remontée

tu es sur la plage à Mamaia et tu marches dans le sable un autre jour tu regardes une photo tu as un tirage noir et blanc dans ta main et c'est une mouette - une mouette dans le soleil autour les nuages c'est juste ça - la photo elle est plutôt jolie tu l'aimes bien tu la regardes souvent et tu te perds encore une fois tu ne sais plus tu ne sais jamais tu écris quoi tu écris quand et tu t'en fous à la fin merde - et tu l'écris pour en être sur - tu es sur la plage à Mamaia et tu regardes le soleil droit dans les yeux - tu transpires le vent est chaud c'est plein aout tu vas te foutre la gueule dans l'eau - ça n'a pas vraiment de sens ou bien tu ne sais pas quoi - à ce moment là - tu le sais - tu es là - tout à fait là.

08/12/2009 Vue du jour

celle que tous les jours avec les toutes bagnoles et parfois gyrophares les prix affichés tu pourrais noter chaque jour on verrait ça donne quoi - en grand au dessus quelque chose comme une marque dans d'autres pays c'est beaucoup plus clair exemple - rompetrol - celle où tu t'arrêtes route vers Prague les bagnoles vertes blanches la douane les chiottes néons blancs pas dormi depuis quand - une autre pas loin non plus celle-ci tu t'en souviens parce que le capot ouvert sur une photo noir et blanc le café fumant sur le toit un ou deux écrous rouillés sur le bitume - d'autres et ça te rendrait fou tu passerais une journée entière à te redire toutes les stations de tes routes tu ferais une longue suite de textes et tu dirais chaque station essence et tu écrirais l'histoire fabuleuse des routes immenses -

dans les montagnes à l'Est de Sarajevo sous la pluie tu arrêtes le van blanc la boue tout autour sur la carrosserie un homme sort qui pose le pistolet dans le réservoir et le vent souffle la pluie sur ta gueule usée - tu entends au loin un camion s'éloigner c'est assez lent faut pas s'imaginer non plus et puis alentour les herbes sèches quelques baraques la porte elle déclenche une sonnette une carte de crédit dans le sabot crac crac - deux fois tu démarres et roule - était-ce la même année tu ne sais pas tu ne sais rien tu sais seulement les terres entières que tu as parcourues les plaines jamais sans le gasoil de nos vies - alors fait pas chier à la fin merde et que ça avance la carlingue la route est bleue noire elle fume encore fraîche étalée le pistolet coule sur le bitume - tes pieds dans une flaque mon amour est un diesel sans nom - la poignée de biftons qu'il laisse au patron dans sa cotte rouge essaye un peu voir rouge cotte -

c'est une autre en Espagne un jour de pluie c'est le mois d'aout - tu remontes plein Nord et tu ne sais rien - le bus roule depuis Tanger file vers Amsterdam - tu descends sous la pluie tu paies un sandwich une bière - des gars prient qui s'agenouillent sous l'auvent - les bagnoles filent autour tu mets deux pièces dans un distributeur de cigarettes - tu as froid - tu as froid en Pologne station Oswicem tu paies le plein de gasoil et tu as froid - il pleut toutes les pluies combien de pluies sous des préaux néons blancs - les moteurs chauds l'essence les haut-parleurs des tubes épuisés - souvent le son des bagnoles elles croisent à côté -

ou encore des camions immenses sur un cliché c'est une photo numérique le pays imagine c'est la Jordanie les chiens aboient la caravane passe - et c'est pareil à l'intérieur et c'est pareil tu es assis sur les marches d'un chiotte le soleil derrière - ça s'éclate rouge orange et mange ton soda mon vieux - ce que tu n'as pas avalé depuis le matin les 45 degrés ça va non trois grands coups de klaxon et la semi-remorque s'amoncelle entière en tes mondes - au pied du pistolet à gasoil les gouttes un homme éteint sa clope sur le bitume souillé -

et sales toutes les aires d'autoroutes un jour tu te lèves tu prends ta voiture tu files seul vers le Nord tu roules tu roules tu assèches les nationales - tu t'imagines d'autres routes d'autres voitures d'autres époques et pourtant tu es là bien là à la station essence autoroute plein Nord plus haut Lille - des hommes ont sorti leurs tapis qui prient sur le bitume les papiers tous poussés par le vent gris l'appareil photo sur le tableau de bord tu déclenches - et la mise au point calée sur l'infini -

jusque la capitale - la capitale là-bas la route elle te pousse poussière alentours tu entends ils hurlent les chiens errants - deux néons blancs sous le préau et derrière le grillage ils aboient baves aussi sur le béton des tubes dans les baffles - quelques canettes de bières vides - jusque la capitale les chiens maigres sous leurs poils ras maigres les lampadaires autour -

blanche la lumière au carrefour proche l'Arena deux larges boulevards se croisent pendant qu'une station dort dans le noir - un chien traverse qui court droit - un autre est là qui contre une pile de pneus hurle dingue -

oui - et ça ne s'arrêterait plus nous aussi on hurlerait dingues sans cesse on braillerait - on braillerait - on braillerait tant imagine un peu et ça serait le temps de l'appuiement sur l'accélérateur - et on roulerait - on roulerait sans fin jusqu'à la prochaine station on filerait - on filerait dans la nuit on pousserait jusqu'à ce que les réservoirs s'affonnent hurlent tous comme nous les chiens -

devant la station essence à Tulcéa quand tu arrives depuis Constanta - une BMW bleue immatriculée DIP attend - suivez-là -

celle qu'à la frontière remontant le Monténégro tu t'arrêtes parce qu'il vomit ses tripes entières dans un sac plastique noir et la fatigue d'avoir épuisé nos corps tous raides - les planches en bois blanc sur les vitres les portes toutes condamnées les coups de klaxons autour -

les coups de klaxon dans la nuit au bord d'une route.





06/12/2009 Vue remontée

comment dire très exactement tout à fait ce qui a lieu comment dire vraiment - la pluie sur un pare brise les essuie-glaces et les phares tous rouges à perte - et ce que ça dit du réel.

02/12/2009 Vue remontée

on pourrait se dire tu te dis c'est très sérieux ça manque d'humain là ce qui vit tu dis toujours corps corps corps ta gueule puisque - et quelle histoire tu racontes est-ce que ça vaut ça se dit même quelle histoire on raconte sinon la langue - la langue et les routes les langues de bitume à travers le continent et plus loin peut-être encore on pourrait s'envoyer quelle histoire - quelle plaine non non la gueule - je penses à eux qui là l'essentiel.

26/11/2009 Vue du jour

matin m'attend nul café puisque plus - non rien vide et pourtant pourtant - béat complet tu sirotes un thé auprès de la cheminée encore allumée en lisant béat béat je te dis béat - reality sandwiches pendant que le soleil tout à son affaire opère - quelques temps plus tard tu roules 130 sur le bitume bleu bleu soleil en plein dans l'œil béat je te dis béat - pendant que she don't lie she don't lie - cocaine - béat mon vieux béat on te dira bien un jour trop béat devant le réel éclabousse - d'accord. 

25/11/2009 Vue remontée

rien – trop – les bus tous qui crachent noir dans le bleu les 45°C – l'asphalte chaud tes pieds – la sueur – les mobylettes toutes en troupeau les taxis meutes – ton sac dans un coffre – entassé sur les boulevards les yeux – ça te reste dans l'œil – nuage gasoil.

25/11/2009 Vue remontée


déjà le bus avant d'Istanbul à Antakya avec les – combien – ça doit être vingt heures le bus et chaud dedans tu arrives à la gare routière à peine descendu le bitume chaud les mégots de clope tous les papiers ça souffle le vent chaud le sud – le sud et ta langue ta langue tu l'as oublié sur quel continent quand ici les biftons tous dollars dans sa main tu changes pour passer la frontière à peine déjà – un autre bus faudrait se mettre dans les oreilles quelque chose comme de la guitare rêche et rude un oud électrifié celui qu'on transporte depuis Paris jusque là-bas tu verras tu verras – déjà la poussière sur les sièges quand tu t'appuies dessus et tu sens sur les montagnes autour tous les gardes qui dans leurs guérites et barbelés – long convois de bagnoles épuisées les barbelés – poteaux qu'on aligne au soleil la pierre et les herbes sèches bab el hawa – bab el hawa combien de fois tu as entendus ce mot bab el hawa – tu ne sais pas et tu as peur – voilà c'est ça tu as peur – tu as terriblement peur on pourrait tout de même entendre une voix une voix qui s'élève un chant allez un chant – en arabe il chante c'est un vieillard et tu as la tête contre la vitre la fatigue tu n'as pas dormi un autre sur ton carnet il écrit au crayon noir des mots en arabe et les guitares se déchirent toutes immenses et violentes bab el hawa – avant la porte des vents un coup de tampon combien de temps tu l'as attendu avec ceux qu'ici tous tiennent debout au soleil pour un coup de tampon sur un passeport – identité pendant qu'une voix toujours la même une voix de vieillard il vit il te l'a dit il te le dira il vit dans les montagnes les montagnes de l'antéliban bab el hawa – la porte des vents avec mais tu n'y croiras pas avec la poussière en nuage sur le bitume le bitume il n'est plus bleu le bitume il est gris beige tellement la poussère et d'autres bureaux – d'autres uniformes encore identité tu te souviendras – rappelle toi la Toine rappelle toi chéri l'Emile tu te souviendras longtemps – ce qu'ils ont pu dire devant des guichets fermés ce qu'ils ont pu dire et que ça avance – la poignée de dollars et le vent le soleil les 45°C de Bab el Hawa – ton carnet que tu tiens sans même écrire à Bab el Hawa les fusils mitrailleurs le bus rouillés et les plaines immenses les plaines immenses qu'on imagine à peine qu'on imagine pas – et ta langue ta langue toute langue toute langue chute ici – toute langue merde toute langue qui rien toute langue tu ne dis pas – tu ne dis jamais l'essentiel comment on fait qui ça qui connaît et le bus à nouveau – plein sud – sud sud sud de l'eau en gobelet une station essence – les fuites noires sur la terre et les clopes qu'il jette dedans la salle de prière les chiottes immondes magnifiques – reprend ton souffle – respire – 45°C les premiers 45°C c'est 45°C dans ton corps à chauffe et blinde – tu peux chut – chut chut petit allez petit avance tu ne sais plus il y a quelque chose c'est comme de la folie – celle d'un sarwell mais pas comme on dit ici tu ne sais pas – d'un petit vieillard qui prie sur un siège de bus – des autoroutes longues langues toutes qui balayées par le vent la poussière – des villes qu'on doublent de loin en droit vers Damas – syrian dance sur nos routes sur leurs routes – les notes désaccordées à la terrasse d'un restau sans nom – la buée chaude sur les verre de thé bouillant – la fumée des clopes poussée les bourrasques chaudes – droit vers Damas.

24/11/2009 Vue remontée


imagine je sais pas on prendrait une voiture une voiture par exemple un bon gros diesel pour pas trop consommer non plus – et puis on filerait on partirait angers on prendrait l'autoroute paris direction paris t'arrive le ciel néons tu vois pas les étoiles tu roules – tu roules sur l'autoroute tu n'arrêtes pas le pied droit c'est le temps voilà le temps de l'appuiement sur l'accélérateur on y va on file on roule on roule tu continues plus à l'Est là direction Strasbourg – à Strasbourg faut couper un peu avant tu remontes en longeant la frontière tu passes le fleuve y'a plein de bagnoles c'est la route pour là-bas c'est ça tu connais cette route là – je sais pas moi je l'ai déjà faite plusieurs fois c'est la route pour l'Est pour l'Europe on file toujours par là plus au Nord parce que sinon l'autoroute faut payer à partir de l'Allemagne tu payes pas en Autriche y'a la vignette en Slovénie aussi mais si tu payes pas ça passe c'est pas comme ici alors tu vois tu passes une enseigne frontière y'a peut-être une ou deux bagnoles des douaniers là encore je sais pas – puis tu continues après tu suis München tu connais München t'étais où toi en Allemagne – ouais pas München les autoroutes en Allemagne ça file tu peux y'aller ça roule les grosses berlines elles te doublent à toute tu regardes ton compteur t'es déjà à 150 160 peut-être et puis parfois moins et ça continue après l'Autriche c'est que des tunnels – et certains vachement long genre 7 ou 8 kilomètres – l'effet que ça fait un tunnel déjà – noir noir noir jaunes les lampes toutes les unes après les autres et tu fonces plus au Sud maintenant direction la Slovénie les montagnes rappelle-toi les montagnes de l'Autriche le ciel gris un couvercle la frontière là aussi – et la route large c'est comme filer dans une vallée immense tu roules tu roules il fait nuit est-ce qu'on s'arrête on pourrait bien faire une pause on devrait allez allez on continue plein Est – droit devant l'horizon flou et alentour le maïs des champs de maïs à perte de vue du maïs nous on est là – dans la bagnole poussières tu vois c'est ça dust – dust generation – tout droit c'est la Croatie c'est écrit Zagreb c'est écrit Belgrade tout droit tu files files on pourrait couper tiens si on coupait on bifurque à Slavonski Brod – on descend plein sud Sarajevo les routes défoncées de Bosnie les vieux camtards les Yugos les panneaux publicitaires Zenica la ferraille et la rouille et Sarajevo on ne s'arrête jamais on file on file je veux voir le Kosovo maintenant qu'est-ce qu'elle a fait l'Europe ici hein – qu'est-ce que c'est l'Europe les immeubles éventrés tu les vois bien hein les immeubles les trous de balles tout partout tout sur les murs tu vois les baraques abandonnées crevées les toits brûlés ah c'est beau l'Europe dis-moi c'est beau – et qu'on file encore à Sarajevo plein Est direction vers la Serbie les montagnes le fleuve qu'on suit pendant des bornes – les caillous qu'on évite sur le bitume les frontières et les coups de tampon sur les passeports faut pas faire chier que ça roule je n'ai jamais non je n'ai jamais été plus loin je n'ai jamais vu le Kosovo jamais.

20/11/2009 Vue présente

nuit tout autour c'est pour l'ambiance nuit avec des voix enregistrées qu'on balance à travers les couloirs béton béton les nuits immenses et les trains - au loin deux feux rouges annoncent quels territoires sans suite les grilles et les papiers qu'on demande au détour d'un escalier - matraque sous les néons les écrans géants les destinations qu'on atteint jamais les portes qu'ils ouvrent en toi les trains - appuyez sur le bouton publier le message avant coupure des connexions.

16/11/2009 Vue remontée

le meilleur corned-beef du monde tu l'as mangé les guêpes autour elles allaient toutes et tu restais assis à l'ombre un chameau là – une chamelle peut-être tu n'y connais rien et dans leur langues à eux tu sais bien – ils ont quatre-vingt-dix mots pour dire une chamelle alors que toi et ton corned-beef tu dis – les chiens aboient et la caravane passe un corned-beef en réalité – tu n'avais jamais mangé de corned-beef avant ce jour-là épuisé de marcher depuis le matin sept heures et ce que tu ne peux pas dire de ce goulet immense et jaune – du vent chaud la poussière les statuts dans la pierre et le meilleur corned-beef du monde sur un bout de pain de l'eau de l'eau chaude d'avoir marché au soleil avant que de voir la vallée entière tu te dis – les tiens aboient la caravane casse.

14/11/2009 Vue remontée


tu te lèves un matin terrasse de l'hôtel Al-Rabie Dimashq ach-cham dans les quarante degrés alentour la purée de pois chiche te sors cauchemars de quelle nuit chaude caldé quoi quoi quoi – et tu traînes encore comme un bout de tissus l'idée d'une phrase elle tient en elle tout un monde impossible sa langue elle n'existe pas – tu fais ton sac tu avales un thé tu sucres un bitume déjà au soleil mais vide – vendredi sur l'avenue Ath Tahwra les taxis vers les gares routières tu pousses avec tes mains tu pousses des sacs une guitare dans un coffre et tu tires sur un clope au soleil – imagine Fayrouz dans les baffles une chanson d'amour combien tu en comptes le bitume file à l'ouest c'est Beyrouth là-bas tu descends tu cherches un bus tu cherches des fruits tu cherches une bagnole pour Amman tu montes dans une grosse américaine – tu entends le bruit sourd v8 tu vois des billets tous en liasse dans une station essence à la sortie de Damas tu transpires au soleil la poussière sur les autoroutes du moyen-orient – les michtos pointus cuir du taxi chemise blanche ses lunettes de soleil quand il montre un doigt sur l'aiguille du compteur bloquée 140 miles les plaines immenses et jaunes – poussière toujours poussière tout alentour les postes frontières où tu peur – peur peur tu as toujours peur quand il s'agit de vivre un peu sur la route d'Amman les coups de tampon sur nos passeport identité – indentité ouh le milliard de poèmes qu'on pourrait avec l'identité tous au soleil – les fusils mitrailleurs dans leurs mains et la route encore vers Amman au loin tornade jaune dans le bleu du ciel une basse nerveuse et coeur à la fois battant battue résonne dans tes yeux jusque loin – tu descends d'une voiture tu charges dans une autre tu négocie la gare routière ta langue ta langue – elle ne dit plus rien dans cette quoi – blablabla pourtant tu ne te prives pas parle corps tu attends au soleil un parking immense et sale – les bus passent tous lâchent nuages noirs s'échappement mal mis sur un trottoir à tirer sur des clopes – à délencher un obturateur à noter des bouts dans un carnet on en oublie parfois de vivre autour un gamin tourne sur son vélo les roulettes dans le bitume fondu le chant d'un muezzin bouteilles et sacs plastique – tu charges dans un autre bus tu t'assieds sur d'autres chaises tu te serres dans la sueur tu roules plus au sud sur d'autres routes le bitume du moyen-orient tu pleures sans larmes quel rêve atteint quelle peur trop raide une boule une boule dans le ventre une pierre – une pierre un petit caillou blanc dans la main – l'odeur de l'essence à la station le soleil couchant sur les montagnes roses toutes roses le souffle des camions sur l'asphalte la pisse dans les chiottes une odeur acide tu te poses sur quelques marches tu as faim – tu n'as pas mangé tu ne manges pas tu montes à nouveau dans ce bus il fait nuit toujours plus au sud la nuit les phares jaunes rouges dans le noir tu t'endors la tête sur une vitre elle tactactac tressaute et tu trembles – tu te réveilles pâte langue qu'on malaxe il te dit deux mots ils valent cent mille tu descends devant un hôtel tu sors des billets tu manges un poulet tu t'endors sous la tôle le vent souffle dessus ça sent le mouton – un homme est là qui dans sa couverture ne parle pas ça sent le mouton ça sent la poussière tu es là – ici – et maintenant.

13/11/2009 Vue remontée

dans la Dacia rouge une Dacia cab c'est écrit cab – pick up avec la benne à l'arrière et les suspensions on sent bien – quelque chose de dur raide et rack rack sur les pistes entre mereni – et le village abandonné on roule tranquille vers les plaines et le soleil entier dans la poussière la route bifurque à gauche et c'est un chemin c'est une piste vers l'infini – le vent souffle la poussière et tout alentour s'embrume là-haut là-haut – dans ce qui reste de cervelle la poussière la poussière tu te dis dust dust dust et réunion à la croisée de deux sentiers immobiles – pendant qu'il dit sans chaman charogne alentour et blanche la poussière nous tous ici dust – dust generation au loin un tracteur tire sa pleine charge de paille pendant qu'une vieille femme caresse assise – son chien – la Dacia rouge attend recouverte jaune au nord deux poteaux de bois tiennent immobiles une cloche absente tu entends encore les volées immenses le vent soulève entier la terre une tempête ocre et sèche aligne rèches les corps épuisés – il n'y a rien – cinq maisons et une ruine restent encore s'écrasent dans le jaune et les herbes sèches – tu caresses un cheval – tu prends quelques photos – tu sens la poussière entière dans tes yeux – au loin l'horizon – c'est une colline ocre et sèche – et le vent plaque ton tee-shirt contre ta peau sueur.

10/11/2009 Vue remontée


fusent filent flou le monde imagine un peu – c'est une langue de bitume immense et grise parce que la pluie ça fuie même jusque dans la tire les fenêtres mal fermées dans cette – vieille et bleue – le moteur à toute raide alors imagine un peu – quand j'ai regardé l'aiguille du compteur – elle indiquait 160 – et la vitesse c'est quel monde rappelle-toi c'est quelle monde fuse et s'use entier ruse le pied droit sur la pédale pour avancer – la pluie s'abat claque plaque de toute sa fuite immense sous la grande voute et sur le pare-brise on voit quoi de nos rêves flous poussière poussière tous poussière dans la carlingue file à 160 sur l'autoroute entre Bucarest et Constanta tu ne vois qu'une chose tu vois mille choses – la pluie sur le pare-brise – les charrettes sur le bord – l'aiguille du compteur bloquée 160 – la grosse main poigne du conducteur tirant sur son clope infini – tu ne vois qu'une chose et tu vois mille choses – la plaine grise sous la pluie battue dans les baffles aux sombres héros et le silence de nos corps.

09/11/2009 Vue remontée

trompe la mort et puis quoi ça devient quoi vivre – au son d'une trompette imagine un peu c'est un stade de foot et but à tous les coins de bar – barbare leur langue à tous ici qui crient torse au soleil quand trois coups de canon cognent la montagne on n'y croit à peine being being – et la fumée s'échappe blanche dans le grand ciel bleu au son d'une trompette imagine un peu levée – et sa bouche y dessus et ses mains les joues gonflent soufflent l'air chaud d'un thorax un peu plus à l'Est encore – et claquent tous ensemble les mains levés being being les coups de canon résonnent encore et viennent tremblent tes pieds comme un mur de son les bières filent fusent dans l'air aussi – rakija rakija rakija boum boum boum babylone baby boum – boum boum boum babylone baby boum et j'entends encore on dirait on dirait une vision un cri d'ensemble tous ils disent chargez – et on attaque raque défroque toutes nos crasses immondes à coup de trompe la mort ça ne dure que quelques instants.

03/11/2009 Vue présente




ça te revient mille pluies des soirs lointains et pas tous heureux pas tous tristes – mille pluies sur le toits comme les gouttes toutes une à une dans ta nouvelle maison – ça te revient une pluie noire dans une autre ville sur d'autres bitumes et pavés même ça te revient comme une peur – peur – peur et tu courrais tu courrais dans la nuit et tu repassais sans cesse le pont sur la Saone et tu pleurais ça te revient mille pluies d'autres soirs – une pluie dingue et chaude Souk Sarouja à Damas ça te revient à verse comme on pleure des tristesses introuvables – ça te revient tu courrais tu cours souvent sous la pluie tu courrais sur la terrasse de l'hôtel Al-Rabie dans le Souk Sarouja à Damas – et les matelas et les sacs et les couvertures et tout était trempé d'une pluie chaude d'une pluie ocre ça te revient – le bruit des gouttes sur le verre dans une petite chambre et ce que tu as vu dans cette chambre les cris que tu as poussés dans cette chambre les oiseaux sans cesse alentour et le soleil du soir toujours par la fenêtre de cette chambre même quand la pluie surtout quand la pluie et le soleil ensemble par la fenêtre de cette chambre ça te revient – une pluie froide dans les montagnes et sans cesse toute une nuit de pluie au réveil tu notais dans un carnet en sirotant un café tu notais tu notais sans cesse et tu ne parlais pas surtout pas de cette pluie la pluie ce soir – sur le toit de la grande maison tu l'entends tu entends mille gouttes et ça te revient le monde enfin ça te revient – tu ne sais plus vraiment quoi tu ne sais comment on fait tu as oublié mille choses comme toutes les pluies essuient les poussières toujours ça s'écoule – et ça te revient le monde enfin – ça te revient.

02/11/2009 Vue présente

sur la route entre la maison et la ville c'est une large bande de bitume quasi neuve et feutré - le bruit des roues sur l'asphalte calme et tranquille - calme et tranquille devant l'étendue les plaines immenses steppes fécondes devant là - ce qui s'ouvre devant l'oeil et le vent sur les herbes hautes.

22/10/2009 Vue remontée

ici ça n'a pas de nom les immeubles autour quelques uns les vitres rouillées et verres fumés comme partout souvent dans le pays le moteur tourne encore - le temps d'un paquet de clope et une direction la marmaille est riante et se promène comment les tee-shirts troués leurs trognes quand le paquet de bonbons - et tous se jettent dessus et tous déchirent ça tombe sur le bitume dans une flaque ils filent en criant d'autres essaient d'entrer tu ne sais pas quoi - personne ne dit rien c'est le temps d'un paquet de clope chez le marchand une direction c'est plus à l'Est - filer vers les montagnes et puis rouler - ça te reste colle colle un paquet de gamins se déchirant autour d'une poignée de becs.

20/10/2009 Vue remontée

tu te rappelles Ginsberg tu te rappelles la traversée des Etats et tu cours dans les tunnels creusés par qui creusés par d'autres - d'autres là hurleurs parfois à d'autres époques et tu cours tu cours - cette nuit tu cours immobile sur le siège de la vieille tire Paris in the car - ceinture périphérique la capitale au volant le tabac des rêves le ciel néons publicitaires - pas d'étoiles alentour chacun sait pourtant quel monde il observe - dans le noir - et tu cours - tu cours immobile sur le siège de la vieille tire jusqu'à ce que le jour klanklanklang de bagnole usée on lève un capot sur une langue d'autoroute - sur le toit café fume on tire sur des clopes on se dit peu de choses on court court dans les tunnels immenses - le son rauque des grosses berlines allemandes - la station service - les glissières filant loin - touffes d'herbe - éparpillées.

19/10/2009 Vue du jour

là-haut noir noir noir le ciel et tu ne cherches aucune étoile comme le bitume noir trace loin devant - ça file et tu voudrais que ça s'étire encore la vie ça se tremble entre temps et ce que tu entends au loin non - qu'ils hurlent encore les chiens errants qu'ils hurlent brûlent entiers muent - tous muent tous mes fantômes tous intacts tous fous dingues d'errer là - quelles rambardes pousser pour élargir les asphaltes encore lisses.

09/10/2009 Vue remontée

un jour tu es sur un bateau sur le fleuve il n'y a qu'un fleuve dans tes terres explorées le Danube file d'un bout à l'autre - tu es sur un bateau non une barque une petite barque et d'autres autour pourquoi tu ne parles pas d'eux tiens pourquoi tu es sur une barque et tu regardes au loin tu regardes vers l'Est - tu sais qu'il y a d'autres fleuves à traverser d'autres plaines d'autres asphaltes - à l'Est.

09/10/2009 Vue remontée

combien de fois tu pourrais dire ça combien de fois pour le dire bien quelle question comment on raconte ça - ce que ça fait d'être dans la carlingue et filer plus à l'Est ce que ça fait l'autoroute slovène l'autoroute croate l'autoroute serbe ce que ça fait l'air qui s'engouffre dans la voiture la fumée de cigarette - la couleur du ciel pas vraiment bleu et au loin toujours flou noyé dans les champs de maïs les baraques toutes en briques démentes les vieux camtards les Yugos agonisant sur l'asphalte - et ce que tu ferais pour être sur l'autoroute entre Zagreb et Belgrade ce que tu ferais pour rouler comme à la poursuite de quoi d'une vision ce que tu ferais pour une vision sur la route de l'Est. 


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09/10/2009 Vue remontée

cette nuit Belgrade c'est quoi on ne comprend rien à Belgrade on affonne quelques bières dans le centre Belgrade tu as vu les chiens errants aux carrefours de Belgrade - tu as vu les immeubles effondrés de Belgrade et tu n'as rien compris tu as roulé vers la banlieue de Belgrade et tu as erré dans ta tire tu as croisé des convois de grosses berlines tu as vu les herbes hautes aux abords des casernes militaires - tu as fait cuire une boite de conserve au bord de la route sur le bitume le bitume tu as bu du vin rouge dans des gobelets en plastique et tu l'as vu partir - tu l'as vu partir dingue dans le noir tu l'as vu marcher dans un fossé tu l'as vu éclairer son asphalte à l'aide d'une grosse lampe on/off - dans la nuit tu l'as vu passer filant à travers les rues tu l'as suivi dans la carlingue et tu as jeté une tente ici - tu es allongé dans le noir épuisé dans l'herbe il est à côté il dort tu entends un train - un train passe sur les rails un peu plus loin ça te tremble la nuit remue jusqu'ici.

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09/10/2009 Vue remontée

la route devient longue longue bandes de bitumes toutes le plus souvent fraîches encore et vers le Nord c'est très clair - tout à fait à gauche côté conducteur le soleil dans sa chute c'est une large plaine plane jaune blé au loin les baraques comme ranchs perdus dans quel far west sans nom - la direction c'est plein Nord et Timisoara le plus souvent Romania le Nord de la Serbie tu l'avales et tu es là tu restes poussière dans la carlingue ce que c'est - être dans un monospace et traversée la frontière ce que c'est - les grands portiques bleus les bains d'eaux troubles les douaniers clopes assis sur leurs chaises immobiles - ce que c'est prendre en photo un panneau Romania une Dacia file devant qui blanche longe la barrière de sécurité les cris qu'on pousse sur les premiers kilomètres d'asphaltes les chevaux noirs courant tirant leur charge et le premier troquet - la première bière qu'on affonne on croirait un saloon on croirait le grand Ouest du rock'n'roll dans les baffles. 
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08/10/2009 Vue remontée

gueule de n'avoir pas dormi et puis les nerfs comment dire - d'avaler de nouvelles routes on se passe la carte - voir où on en est à quel endroit exactement et déjà - elles se déchirent les feuilles ne tiennent pas qu'importe on allume des cigarettes on roule vitre ouverte on a descendu l'Autriche gris sous la pluie on a traversé cette ville sans nom les camtards les longues remorques à l'arrêt devant des auberges et la chaleur on suit les panneaux vers Slovenja on roule on roule vitres ouvertes - puis la forêt on parle beaucoup dans la vieille tire on parle sans cesse on ne dit pas grand chose on parle et le moteur chauffe tu sens l'odeur on dirait de l'huile chaude cette côte vers la frontière - les virages tous serrés et nombreux les tous tellement qu'on allume le chauffage c'est un vieux truc on allume le chauffage le moteur refroidit puis les lampadaires jaunes d'un poste de frontière - comme ça nous tremble là d'avoir roulé et les plaines immenses qu'on découvre à peine les plaines immenses et poussières nous là devant un magasin de tabac fermé la voiture en roue libre jusqu'au premier troquet.

08/10/2009 Vue du jour

un jour tu cours l'air te passe tout contre tu transpires ça goutte et les muscles tu sens ça se raidit tu cours au loin - il a un tee-shirt orange ça se voit de loin un tee-shirt orange il est au bord de la route tu cours tu transpires tu regardes tu aperçois ça y'est tu vois il est sur un fauteuil roulant il est au bord de la route - et tu t'approches tu cours il a un tee-shirt orange il est dans un fauteuil roulant et tu cours sur le bitume en passant devant tu dis bonjour lui aussi il répond tu sens bien - mais tu ne t'arrêtes pas tu cours tu cours l'air te passe tout contre tu transpires ça goutte il articule difficilement tu ne sais pas quoi il dit - bonsoir monsieur son fauteuil il ne bouge pas il regarde vers le Nord tu viens du Nord et tu vas vers le Sud tu files tu ne sais pas tu te retournes une fois tu te retournes il est là dans son fauteuil tu ne t'arrêtes pas tu vois - son tee-shirt orange tu cours il est dans son fauteuil ça te reste un peu dans les yeux quelques temps - un homme sur son fauteuil avec un tee-shirt orange il est là sur le bitume c'est une route de campagne et tu cours.


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04/10/2009 Vue du jour

l'asphalte c'est noir et tout autour les champs dans un jaune sec les herbes hautes d'une toute fin d'été soufflées légères - les phares tous jaunes dans un sens et rouge devant longue suite parfois le silence à l'intérieur - on entend le vieux moteur un tunnel jaune jaune jaune jaune jaune jaune jaune tu devrais dire orange - l'asphalte c'est noir comme le ciel immense il n'y a pas d'étoiles sous le noir noir des villes et le moteur chauffe tranquille dimanche.


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29/09/2009 Vue remontée

dans un lac d'huile - non - pas comme ça d'abord c'était la petite route - c'est la petite rouge un bitume bitume et parfois poussière la piste qui allait vers le village on savait là quelque chose comme des lacs salés - on nous a dit plus bas c'est pas là dans une autre langue dans une autre langue il portait - c'est une autre histoire et tu files à travers d'autres histoires il portait de la paille sur un pont de bois t'imagines il portait de la paille sur un pont de bois un pont de singe en bois et sa femme était derrière qui le suivait - près d'un champs de maïs en bas la montagne où les lacs salés - et l'eau elle est noire verte et salée ça te reste sur la peau tu te souviendras tu n'oublieras pas la piscine d'eau salée là-bas le poulet c'est un magasin il a devanture de quoi il vend quoi - des cuisses de poulet et des anchois en boîte que tu fais griller la nuit en sirotant de la palinka en imaginant encore d'autres Neal sur d'autres routes qui s'en vont tard dans le noir discuter avec la lune discuter là-bas - tu dis ça très mal parfois tu dis ça très bien clair d'autres - la piscine d'eau salée - le soleil - le poulet dans les frigos - les Dacias à l'arrêt dans l'herbe - la fumée d'un feu de camp - la fumée d'un feu de camp.

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29/09/2009 Vue remontée

ça te reste comme quelque chose de flou pourtant ce jour-là - tu files sur d'autres routes les frégates rouillées de la marine roumaine agonisent dans un coin de flotte - entre deux tas de terre des rails s'amenuisent qui vont soufflés par le vent - le vent de la mer Noire encore contre ta gueule dans la Dacia blanche au coin des rues - ça sent le miçi ça sent le miçi et tu marches dans le sable immonde tu marches dans l'eau magnifique au loin une carcasse immense s'effondre échouée tu cours dans l'eau et les vagues t'écrasent tout contre le sable t'en as plein le froc et tu prends une mouette en photo ça te reste comme quelque chose de flou pourtant ce jour-là tu es là tu es bien là - cette nuit tu as bu de la Beck's sous la pluie cette nuit tu as vu le jour se lever sur la plaine roumaine.

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21/09/2009 Vue remontée

sur le pare-chocs les gouttes toutes parfois tas entiers de terre c'est la boue dans les montagnes du centre de la Roumanie on a - arrêté la voiture au bord quand enfin le bitume après cette quarantaine de kilomètres ou bien quarante dans la boue piste - on peut dire de la piste et on s'imagine les larges plaines de quelque pays lointain - le moteur est chaud du capot bleu une fumée elle s'échappe quand le frais la pluie s'écoule dessus lente - une vieille tire de temps à autre un camion immense et monstre tire des troncs d'arbres tu respire loin tu respire profond sous tes yeux - large et long le lac Vidra bleu dans le vert vert des montagnes - tu as faim tu as froid tu as la fatigue aussi dans tout le corps et tu es là - vraiment - là.

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21/09/2009 Vue présente

ça te prend à quoi blanc blanc et plan aussi tiens ça te prend comme ça un matin d'un autre lundi ou bien de ce lundi - qu'est-ce qui te pousse vers ce bastingage et comment on s'y arrime quand c'est une vague immense et brusque elle t'écrase rase et tu ne sais plus - nul marin avisé dans tes horizons immédiats il se peut qu'on tienne - si c'est un corps si ça tient là - vivre.

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19/09/2009 Vue du jour

le ciel blanc vers la nationale les tires tu ne fais pas attention puisqu'en fin de quatrième on passe une cinquième et vivre continue - malgré ce quelque chose d'une courroie qui a comme lâchée sans doute c'était pendant la nuit - c'était pendant la pluie peut-être alors qu'elles tombaient toutes sur le bitume aujourd'hui le ciel blanc tu attrapes tes lunettes noires tu les poses devant tes yeux et tu remets tes deux mains 10h10 sur le volant - tu voudrais rouler sans fin traverser un continent et peut-être si c'est une vie - peut-être tu ne croiserais plus les fantômes des existences que tu endosses.


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12/09/2009 Vue remontée

à l'Est de ce pays - tu le rêves aujourd'hui tu le rêves un pays comme celui-ci et tu l'as arpenté déjà et tu le rêves encore - tu le rêves toujours - tu es sur un bateau tu vas plus à l'Est encore c'est un fleuve on pourrait écrire tout un poème tu as parcouru des milliers de kilomètres il est toujours là tu vas plus à l'Est encore et le soleil brûle ta peau tu es torse-nu sur le pont d'un bateau les vieilles barques rouillées les larges barges chargées de leur sable elles poussent toutes des mondes entiers une Dacia sur une barge ça te suffit comme vision magnifique ce jour-là et le bateau file et le fleuve et toi - c'est une autre histoire.

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11/09/2009 Vue remontée

à Skofja Loka tu traverses le village à Skofka Loka tu arrives au bord de l'eau et tu ne sauras jamais – pourquoi on dit qu'après vingt heures de route tu as encore de quoi tenir et parler – qu'après le bitume à se saouler ainsi c'est comme tenir à la poursuite de quelques choses comme une vision – tu files dans un troquet et tu entends c'est comme une brisure non mieux – un roc un son de rauque qui vient là comme coup de poing dans ta – gueule sûr qu'à demi calfaté on ne dégrippe pas si facilement ce qui a rouillé – quand on s'attrapera à nouveau dis-moi quand on collera nos lignes de flottaisons dis-moi – est-ce qu'ils couleront nos mondes est-ce qu'ils couleront les mots – et moi j'ai vu la rouille à Skofja Loka j'ai vu la rouille sur nos parois.

07/09/2009 Vue remontée

quelle est cette route et à quoi bon à quoi bon savoir son nom est-ce que ça te met mieux savoir comment elle s'appelle cette langue de bitume - au dessus de Kotor sur les murets sur les parapets chaque virage porte son numéro - peinture rouge le plus souvent à la bombe et ce n'est pas pour ça - encore que s'il n'y avait pas les numéros de chaque virage peints à la bombe en rouge sur les parapets - te souviendrais-tu de Kotor de la baie de Kotor du soleil sur la mer et de la route coulant cool vers une barge - quelques euros et tu files vers Bijela dans les virages de cette route plongeant sur Kotor les pneus de la voiture crissaient durs - tu as voulu dire la pluie il ne pleuvait pas - ce jour-là.


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06/09/2009 Vue remontée

un jour tu as traversé la France tu filais vers le Sud un autre jour - le lendemain tu as traversé l'Espagne tu as filé plus au Sud encore tu t'es réveillé à Madrid tu as vu le soleil de Madrid et tu as filé plus au Sud encore tu as filé tu as vu le soleil d'Andalousie tu as vu Algésiras - tu as bu du café sur le port d'Algésiras tu as payé un ticket pour traverser la mer tu es monté dans un bateau tu as senti le vent sur ta gueule tu as senti le sel et le froid un peu aussi - tu as attendu une heure pour un coup de tampon sur ton passeport tu as écrit des poèmes sur un carnet noir tu as vu Tanger tu as vu le port de Tanger tu as vu la plage et tu as vu le quai un jour - tu es descendu d'un bateau sur le quai de Tanger - tu filais vers le Sud - et tu écris des poèmes au passé.


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05/09/2009 Vue remontée

le soleil donne dur sur la côte tu remontes plein Nord depuis Kotor tu files files sur le bitume et tous dorment dans la carlingue - tu te surprends tu parles seul tu dis deux ou trois mots ça vit comme ça un corps avec un volant dans les mains tu as chaud - tu transpires tellement tu as le dos trempé le siège s'imprègne de sueur ça sent fort - la clope la sueur quelques fruits trop faits à l'arrière des fringues mal lavées - tu remontes plein Nord depuis Kotor tu files files sur le bitume et tu avales les bornes tu traverses un pays entier ton pied droit est à plat sur le plancher ça peut durer des heures ainsi ça peut durer des heures ainsi.

05/09/2009 Vue présente

une feuille de papier cartonnée c'est ça pas plus que ça ce qu'on dit carte postale - avec une longue rue filant vers le gris un ciel d'Inde un ciel de cité cité cité oui - et tous poussent leurs vies sur le bitume - les tires filent à travers la foule - deux lampadaires au premier plan là-bas les tags - Chandni Chowk Dehli India - je ne suis jamais allé à Chandni Chowk Dehli India - une feuille de papier cartonnée ça suffit pour étaler des routes loin loin dans nos carcasses.

05/09/2009 Vue du jour

tiens tu disais quoi l'autre jour septembre en attendant quoi - c'était quoi quel monde aujourd'hui tu files le volume il est réglé sur 95 c'est pas mal quand même et ça crache les baffles - un soleil bleu de septembre tiens un soleil bleu de septembre s'étale sur le bitume frais le bitume noir à travers le jaune et la paille c'est - comment dire - c'est.

02/09/2009 Vue présente

tu pourrais parcourir tellement comme ça faudrait pas grand chose un sac à dos avec dedans un ordinateur portable quelque chose comme un portefeuille et puis tu filerais tu filerais - dans chaque ville un café un grand café une borne wifi et et puis tapes tapes tapes ouais pourquoi pas c'est une idée et tu te saoulerais tu te saoulerais de bitume de routes et de cités cités cités - un Coccinelle rouge passe qui souffle un peu raide sur le bitume d'une ville que tu connais si bien et ta langue ta langue tu n'as pas perdu ta langue mon vieux.

02/09/2009 Vue remontée

un soir après des guitares après des bières un soir dans une ville j'ai posé mon matelas sur l'herbe j'ai sorti un duvet j'ai dormi sous le ciel c'était plein d'étoiles au matin le soleil était chaud - le lendemain ailleurs après un vieil ami j'ai posé mon matelas sur l'herbe j'ai sorti mon duvet sous le ciel et c'était plein d'étoiles au matin le soleil était bon - le lendemain au bord d'un fleuve j'ai posé mon matelas sur le sable j'ai sorti un duvet j'ai dormi sous le ciel c'était plein d'étoiles au matin sur le fleuve la brume filait vers l'Ouest au matin il faisait bon vers six heures - ça n'a pas l'air vraiment - ça n'a pas l'air - d'un coup c'est comme avoir arpenté des centaines de kilomètres de bitume poussiéreux - et des routes improbables s'affichent enfin à travers mes cartes froissées mes cartes intimes.

31/08/2009 Vue remontée

Ouh luxuriance ça te revient fatigue longue – ouh le silence – Stampa Mersi Plus Diskont au Coffe Pizzeria Angola ouh longue lenteur ou bien ta gueule longue bouche vas-tu la chut – chais pas chuis là change chat chat charango oui – ça te revient un charango dans l'oreille ouh silence – limite lyrique plainte plan mou j'ai longtemps rêvé d'avancer sûr dans ce qui semble de réel ouh l'absence – chut – chut et dort dort le charango que tu as dans le ventre s'endormira bientôt – ouh suaves les cordes d'un oud allez changeons autobuska stanica ulaz za putnike combien de fois ai-je eu envie que tu sois là – sale vieille cervelle putain mal froquée défroquée gavée distance sale vieille cervelle qui n'a jamais su encaisser silencieuse ouh rance – on pourrait encore se coucher tôt tard qu'importe se coucher avec un drôle de silence amer et sécher.

31/08/2009 Vue remontée

un long et large plateau – celui que tu voyais du haut là-haut sur le Meded – les champs tous en longueurs parqués de barrières en bois le barbelé – temps à autre les vaches entre les tombes une vieille femme passe qui tient un seau qui tient un enfant elle a un foulard bleu – le ciel bleu blanc on a souvent besoin du ciel pour mieux dire l'ensemble – dans ce village une très petite église son toit rouge – les poteaux électriques alentour quadrillent.

27/08/2009 Vue remontée

parc national du Durmitor étonnant fou d'au réveil nul mal crâne respire profond l'air clair – de ne pas voir encore mal après tant de dingues la nuit la guitare une voix oui belle à travers feu s'évole entière chaude et les paumés s'accrochent aux lavabos – y'a toujours un paumé qui se réveille en furie un matin mal botté – y'a toujours un paumé et la guerre c'était pas si loin ça fait bing bing ou bien non bang bang comme dans une chanson encore une fois et d'une voix chaude bang bang – alors d'accord vas-y ça te revient dans un vrac le réel et pousse moi encore que même la nuit soit terminée – dans tes sommeils c'est berzingue encore tu auras les yeux tout ce que tu n'as pas dit tient là fou – on se réveille un matin avec un encore un petit goût de vers – un bout de phrase qui file dans l'oreille ça te tremble au matin le café sur le gaz le soleil sur la table en bois ça te tourne sur toi sur un matelas fin comme ton dormir limite – et tu ne dors pas et tu pourrais book of dreams tout écrire qu'un serpent traverse une cour de ferme alors qu'un léopard lui court après dites-moi docteur ça marche comment un corps ça marche comment un corps – tu dis vraiment n'importe quoi.

26/05/2009 Vue remontée

La route du Monténegro vers l'Ouest – as-tu déjà écrit ça rouler vers l'Ouest – même plus la peine Kerouac si tes rêves ils se sont poussés de là vers ailleurs – et toute la route à affonner dingue avant d'y comprendre quoi pas l'essentiel – les virages à l'entrée du Durmitor et crissement les pneus vont chauds sur le bitume dans un calme d'alentour – filent doux à travers les champs à bêtes les baraques toutes en travaux sans fin un Volskwagen garée devant le mur en bois un vieux camion chargé de quoi fume noir dans les virelots sur le pont les touristes et ça ne s'arrête pas – tu parles de moins en moins de l'humain pas sûr toi tu parles de toi toi toi après tout – comment ça se rassure un homme un homme qui va un corps ça va – un corps ça souffle dans les rues de Guça transpire à goutte goutte goutte – et la gueule même sèche la gueule dans une tente à Guça un matin chaud – pendant qu'à côét il dingue ne dors toujours pas et un corps ça goutte idem autour d'un lac dans les montagnes Crna Gora comment ça se dit Crna Gora un trajet d'homme dans une autre langue d'autres mondes – un corps comme un long poème que tu as déjà posé c'est comme un caillou – et on donnerait des coups dedans des coups de pied un corps fâché fou flex incapable il va le corps silencieux parfois dans une poussée de tous les jours – et tu ne veux plus dire ça – et tu ne peux pas dire ça – et tu pousses plus tard une nuit à Guça et les corps se tremblent serrés collés de sueur – un autre jour une autre nuit une autre femme tourne tes yeux fatigués vifs et ça se dit comme un trajet.

24/08/2009 Vue du jour

avec une petite musique lascive ça ne casse pas hein une mélodie voilà et qui revient et dans ta voiture tu roules pas vraiment - réveillé un lundi matin au mois d'aout il pleut les essuies-glaces position deux la plus rapide et tu roules tu roules tout de même - tu baisses un peu le son c'est pour mieux entendre les gouttes sur le pare-brise l'eau contre la carlingue aussi les phares rouges des autres sur le bitume au loin un éclair ça traverse tout le ciel quelques secondes dans la radio c'est le silence - tu ouvres un peu la vitre passager c'est pour sentir l'eau l'odeur de la pluie sur les routes séches au mois d'aout.

23/05/2009 Vue remontée

un morceau de PQ brûle dans la montagne quelques chose comme un désert – d'arbres partout avec de temps à autre une Volskwagen passant monts calamés d'hebre verte aussi – la route comme du bitume usé troué blanc gris plus que bleu noir avec un envol d'oiseaux tous s'élèvent quand la voiture file – pourquoi ça te tremble d'aller comme ça vers ce qui ne se sait pas – t'as les yeux toujours en allant dans les Balkans tu roules roules et ça te fuit la vie à s'en mettre plein la gueule le plus avide – les vaches les meules de foin les bornes qu'il faut parcourir entre deux maisons quelque chose comme un village avec un grand bâti au centre brûlé sur une facade rouillées le fenêtres la plupart sans carreaux dans celle-ci tu aperçois un néon – une Golf rouge passe à fond de cinq qui coupe à la corde le virage t'arrive en pleine face – que ça continue.

20/08/2009 Vue remontée

tu as fait ta première photo tu sortais en troisième d'un beau virage et il était clair et blanc loin – en conduisant tu l'as faite ton vieux pote tenait le volant devant toi et tu as réglé le diaphragme et tu as déclenché faut pas s'imaginer quelque chose de vraiment droit – aussi les nids de poule les lignes blanches souvent mal ajustées – tout au loin une maison on la distingue à peine tu passes la quatrième et le bitume secoue la caisse et la carlingue c'est un plateau au Nord de Visegrad le ciel est gris blanc tu es fatigué.