pendant qu'à travers la pluie la bagnole roule tu sais bien que ça arrive parfois on n'a plus le temps "entre-temps" - à l'intérieur tu construis des plaines immenses immenses et de nouvelles routes nos yeux comme diaphragme.
24/11/2010 Vue présente
ce qu'on fait entre temps dans le grand flux et comme on tient tu te réveilles le matin ça te revient dans la tête comme un bout de truc tu sais plus vraiment quoi faire avec ça c'est comme quoi.
15/11/2010 Vue présente
et nos heures - nos heures elles sont à peine dans le jour d'hiver qu'approche à grand pas - et on s'imagine dingue dingue et on se réveille fou on se dit fait pas chaud hein nos routes on les trace à coup de Google Earth - le soir on met du rock dans les baffles et on danse et la bière - et nos heures nos heures elles s'étirent dans la nuit.
07/11/2010 Vue présente
et donc nos corps comme des bêtes à s'en serrer suaves ça n'a pas de nom et pourtant il existe ce moment il existe ce moment.
05/11/2010 Vue présente
les routes aussi celles qu'on imagine et la texture du bitume l'odeur du vent qu'on se prend dans la gueule c'est comme la mobylette de nos poèmes on aime bien ça parce que ça sent l'essence et l'huile chaude nos corps.
18/10/2010 Vue du jour
avec un semblant de soleil dans l'rétroviseur t'as le pied droit qui vibre parce que ça fait bien quinze ans qu'elle crache ses poussières d'échappement celle-là - les nuages s'écartent un peu l'air frais s'engouffre en haut la vitre à peine ouverte et tu es au volant d'un pick up - tu es au volant d'un pick up sur une route dans la campagne roumaine - c'est l'automne et tu as la machine pleine de bois - l'hiver c'est pour bientôt la nuit la nuit - sur ton clavier tu files files dans un grand n'importe quoi donc de rêves - et le corps tremble encore - l'haleine un peu café.
21/08/2010 Vue présente
dans la chaleur de cuir à s'en dur dur la vie loin de l'un de l'autre – on serait comme cow-boys là dans l'attente que nos horizons à nouveau dans une même plaine et tu te rappelles le cuir la fumée de clopes et tu te rappelles juste quoi des cheveux aussi ce que les mots.
20/08/2010 Vue présente
tu entends le son d'une guitare tu es plein de sueur tu tapes sur ton ordinateur et tu n'achoppes à rien mon pauvre vieux dans le soir la lumière blanche d'une ampoule – les souvenirs comme le fond d'une bière Scott H. Biram dans les baffles – tu voudrais gueuler dans un micro à harmonica tu pourrais faire ça – gueuler dans un micro à harmonica – ah oui c'est ça – il faut savoir gueuler comme un sale dans nos sueur de poètes gueuler sans jamais perdre la tendresse.
17/08/2010 Vue présente
ce qu'il veut c'est apprendre le français pour pouvoir voyager et dire qu'il va où il veut.
15/08/2010 Vue présente
il fait chaud pas d'air et tu es allongé sur le lit – le drap colle un peu – ça sent la fumée de clope – tu as relu une bonne dizaine de fois le même message électronique – tu attends – tu t'imagines des routes immenses on les avalerait comme fous.
09/08/2010 Vue présente
c'était un été il faisait chaud – une maison s'écroulait et tas de pierre tu creusais un tunnel sous une montagne – c'était un été et des plaines immenses s'ouvraient dingues.
08/08/2010 Vue présente
dans la nuit chaude le corps plein d'sueur tu te réveilles et tu cours seuls dans ton lit – tu essuies ton front plein de gouttes et tu cherches tu cherches mais le lit est vide – tu as sous ta tête un livre de Jack Kerouac tu le pousses un peu plus loin le muezzin dans le micro tu t'allonges bien droit tu étends tes bras et tu attends – tu as dans la tête un corps un corps des yeux une voix qui te reste et te colle cale tes mondes – tu as envie de pleurer tu as envie de rire tu te dis c'est bon c'est bon c'est la vie c'est ça.
04/08/2010 Vue présente
y'en a un qu'a tiré depuis la ville vers les soldats y'en a un qu'a été touché la sirène a retentit ils ont mis d'autres soldats ils ont fermé les barrières – ils ont évacué le blessé et puis deux heures après ils ont levé les barrières .
02/08/2010 Vue présente
ce qui est là : un pantalon blanc – une boite avec un savon dedans – un flacon de citronnelle – un flacon d'huiles essentielles – un livre d'Antonio Saura Klee, point final – des paquets de cigarettes vides – des photographies instantanées - un foulard vert blanc dans le sac à dos.
23/07/2010 Vue présente
les immeubles blancs tous en ligne l'autoroute plein nord le moteur plein régime le bitume quatre voies – le volant dans les mains à côté elle est là qui ses yeux – direction Haïfa les champs'd'bananes les montagnes à droite le ciel brun jaune parfois la poussière les grosses bagnoles elles tracent à droite à gauche – les panneaux en trois langues d'la musique classiques crache un peu dans les baffles ça ne marche pas vraiment la fumée d'nos clopes – les vitres grandes ouvertes l'air chaud dans la gueule nos ch'veux les poteaux électriques c'qui nous tremble un peu d'être là sans trop savoir cette sensation quand on file vers l'inconnu comme c'est bon comme c'est raide – comme on a l'corps plein'd'sueur et qu'on s'enfonce c'est une montagne – le vert du Monténégro la mer toujours là-bas le soleil en plein'd'dans ça fait comme flou tellement les virelots le bitume abrupte des routes grimpant dingues – la chaleur qui nous quoi quand on pose la bagnole qu'on met un pied sur'l'bitume d'un pays inconnu.
23/07/2010 Vue présente
le soir le vent soulève le rideau l'air est frais dans la petite chambre allongés sur le carrelage plein'd'sueurs nos odeurs – nos pieds sales – nos fringues tâchées poussières.
19/07/2010 Vue présente
c'qu'on a d'rêve à marcher les pieds sales dans la rue le soleil plein nos gueules et la sueur quand on appuie sur'l'déclencheur d'nos vies ça't'fait quoi à l'intérieur – les camions d'bananes les gaz d'échappements les pierres d'achoppes-achoppements qu'on's'trimballe spassieren – dans la poussière qu'd'temps à autre nos mains toutes proches alors alors – le soir on dort sur le carrelage et les moustiques ya basta'd'nos corps à corps encore – nos sueurs.
17/07/2010 VUe présente
c'que les murs disent – dans leur silence à eux d'murs bien droits dans'l'béton avec un coeur rouge à l'aérosol c'que les murs disent s'enfouit dans nos accélérations gazolines.
10/07/2010 Vue présente
seul à repasser en boucle le film acide et sucré tu ne comprends pas tu ne comprends rien tu n'as jamais rien compris et seul tu n'tiens plus tu n'as jamais tenu – seul au soleil d'une ville dans le grand chaud du jour à marcher sur le bitumebitume tu pourrais pleurer même rire – la vie la vie c'est une planète immense floue c'que tes pas ils affonnent de vivre ça te fait trembler là dedans et tu marches tu marches – seul dans ta chambre là-bas tu fais le constat suivant – il y a quelque chose en toi de cassé il y a quelque chose en toi de réparé – ce qui est là réparé – permet largement d'oublier ce qui est là cassé.
10/07/2010 Vue présente
ah donc shamout en grand jaune sur fond rouge aux carrefours tous zarmes aux bras dans leurs noir de fringues à s'balancer aux trottoirs – kulchi tamam pour tous ici bas qu'à marcher marcher à fond'd'bitume passe passe nos jours tous jours entiers sans là tout près de toi chut mon vieux – marche encore la ville clac l'appareil que tu n'oses à peine dans l'oeil un vieillard il frotte un quelque chose d'archet ça fait un bruit mais les bagnoles – toute en rumeur d'ville qui s'apprivoise ta vie mon vieux entière là dans tes yeux ce qui t'reste dans l'oeil comme un sourire un regard qu'on a là qui t'fait rire mon vieux c'qui't'tient allez petit avance allez petit avance avance – oui c'est ça comme z'oiseaux et on ouvrirait la cage ils s'envolent tient regarde dans le ciel c'est quoi un cerf-volant et tu marches tu marches – sans cesse tu parcours tes vieilles plaines sans cesse tu t'imagines d'immenses bitumes.
09/07/2010 Vue présente
quatre ans de prison de 16 à 20 ans les armes à feu savoir reconnaître à l'oreille un pétard un feu d'artifice une Kalachnikov et un M16 – savoir qui tient la machine tiu tiu tiu tiu en fonction du bruit qu'elle fait bordel de merde – dans la nuit vers 21h – les téléphones implacables sonnent sonnent qu'les pt'its rentrent à la maison – allez allez – on s'endormira bien – quand nos langues langues inertes seront là silencieuses immenses – plus rien ne tiendra.
09/07/2010 Vue présente
le rideau vole un peu d'air dans la pièce au loin dans le haut-parleur des mots des mots tous en une langue quoi – les voitures sont revenues tu entends les moteurs les coups de freins l'ordinateur est posé sur le tabouret et tu tapes tapes tapes le monde – au loin les haut-parleurs crachent grignent la voix des hommes c'est où c'est quoi – tu aimes assez être là – n'y rien caguer sinon voir – tu sais qui t'as appris à regarder – tu sais avec qui tu veux voir le monde – être au monde ah oui voilà – tu sais très bien - à cet instant précis - avec qui tu veux être au monde.
07/07/2010 Vue présente
comme ça te claque clingue la gueule en vrac d'savoir qu'là-bas – ah oui t'as voulu rouler rouler non même pas t'as marché t'as pris l'avion pendant qu'là-bas – ah c'est ça comme tu sens qu'ça t'vraque à l'intérieur qu'alors alors c'est qu't'as les mains qui'n'servent plus que t'as plus'd'jambes t'as plus rien sinon tout l'essentiel là ça tient dans quoi – ici les bagnoles toutes zà klaxons ou sirènes les gyros dans l'plein soleil la viande grille mon vieux la viande grille – les plaines immenses tu sais tu parles depuis des mois des années de plaines immenses dingues ça y'est – toutes simples z'herbes folles de leur tendresse dingue mais quand même – comme ça te claque clingue la gueule en vrac d'savoir qu'là-bas
07/07/2010 Vue présente
qu'alors une profonde oui profonde tristesse à fumer une clope assis sur le carrelage il faut bien être là comme ça – après avoir mangé du riz du maïs des olives comme on mange du riz sur les chemins de katmandou putain fallait v'nir là pour le sentir – et c'est une grande une très grande tristesse.
06/07/2010 Vue présente
à la terrasse à taper sur la machine pendant que les putains d'mosquitos tu penses à quoi sinon qu'en face les lumières se sont allumées sur la colline ok – un gamin est là en bas des marches qui joue la ville est là ouais d'accord allez allez – oh yes always on the road again man – on the road again man – ça te revient comme une chanson douce que te chantait qui mon vieux hin hin – ça te reprend comme une tige qu'on allume dans la nuit pour mieux dire quoi sinon qu'avec un volant dans les mains putain qu'est-ce que ça pue les diesels encrassés les routes les routes – ce qu'on affonne à coup d'carlingue et les putains d'mosquitos les routes les bitumes tous les bitumes de toutes les planètes – et comme tu n'avais jamais imaginé ça avec une femme allez vas-y dis-le bordel toi qui là tu parles tu parles tout le temps avec ton clavier avec tes mots tu parles sans cesse mais tu n'sais rien dire alors alors les putains d'mosquitos tu n'avais jamais imaginé ça avec une femme voilà et quoi – comme tu as eu peur ah oui c'est ça mais prend les choses dans l'ordre petit a) – tu voulais être un homme tu voulais les aventuriers de Jack Kerouac tu voulais partir avec quoi dans les poches tout juste pour tenir comme ça'd'quoi mettre dans l'assiette – petit b) tu voulais vérifier que tout ça c'est possible mais mon pauvre vieux t'es qu'un putain d'mosquitos toi aussi t'es là zzz zzz zzz dans le ciel et tu suces le sang'd'quel livres déjà écrits hein – petit c) y'a pas d'régles à la vie y'a pas besoin de 10 000 kilomètres pour comprendre ça encore que – avec ta gueule et ton jean puant poussière à Ramallah t'as'l'corps à cent mille oh yes – always – on the road again man.
05/07/2010 Vue présente
sur une charrette en bois la bouffe un cheval nul cri d'achoppement sur le bitume qu'une grosse américaine et V8 avec jantes alu – une sirène un magasin de miroirs ta gueule en dedans toutes places qu'ensemble bientôt – avec nos corps là là dans la chaleur là là sur une chaise en bois le vieil homme une robe beige et la poussière sciure les planches contre le mûr ta main dans ton dos – boulettes la crasse.
04/07/2010 Vue présente
à marcher sur le bitumebitume chaud chaud chaud – comme vieille bête un âne à porter des sacs plastiques et sur le dos un barbecue comme ça – accroché au sac à dos un âne chaud chaud chaud d'une main l'appareil photo d'une main la clope – sur les murs les lettres en arabe bombe de peinture noire rouge quoi ces noms – qui là comme ça collés au mur le soleil en plein la gueule sèche à marcher sur le bitumebitume.
23/06/2010 Vue présente
qu'est-ce que quoi la vie pour qu'à c't'allure là dans les rétroviseurs les gyrophares bleus - et tout ce qui s'arrête là parce que - ça n'a pas de mots pour s'dire et là où on va encore est-ce qu'on saura dire comment on tiendra alors que là déjà - on n'a plus vraiment d'quoi s'accrocher les bastingages et tout ça s'est barré loin - te reste quelques bouts d'routes des poussières ah oui dust generation c'est bien ça.
18/06/2010 Vue présente
quelle langue tu as perdu ta langue alors - tu as perdu ta langue mon vieux - et ça te revient remonte encore ramène assez ah chut à plat voilà tabula rasa - mais niet niet ça te colle caille au loin l'horizon ce qui déraille ce qui file vas-y vaille que quoi - que vaille quand les routes s'effondrent imagine les trous dans le bitume qu'importe - j'ai toujours aimé le bruit des roues sur la poussière j'ai toujours aimé les chemins là tous en terre.
04/06/2010 Vue présente
dust dust dust qui n'y croient tous poussières et comme boue parfois à s'noyer dans l'grand torrent – dust dust dust qui tous sacrés à s'attendre qui n'y croient pas la poussière pourtant là dans l'oeil ça t'reste et ça colle ça pique ça caille – ça nous raque not'belle bande et dust dust dust à la fin merde – c'est de l'or la poussière qu'ça tienne qu'à quoi j'y comprends chlasse et ça passe tout lasse pendant qu'à grandes jambes – à coup d'accélérateur ça carbure affone le monde ça file sur les grandes routes on sait bien – qui dit ça souviens-toi coco – ça n'sera jamais une longue bande de bitume bien droite genre la Route Six des aventuriers de Jack Kerouac – ça non qu'il faudra monter dans des bus en cours de route ça m'étonne pas - dust dust dust tous béats tous poussières.
01/06/2010 Vue présente
comme le réel entier les routes s'ouvrent s'ouvrent et rugues rognent nos bitumes tous goudrons nos vies – collées comme plumes à jamais là dans les battements les bielles elles se souviennent les traces – et on roulera loin et on roulera longtemps et ça sent la sueur – et ça sent la poussière – et ça sent le corps le soir bête fourbue à matin – c'est comme si on avait traversé l'Europe à s'en faire caguer les moteurs et tout à coup voilà – ça me venait simple la vie.
21/05/2010 Vue présente
j'ai ouvert les yeux et le soleil était là déjà - le vent soufflait tiède frais à travers les vitres - et j'entendais l'herbe ça bruisse vert autour - j'ai pensé à un générique de film - la voiture s'enfonce lente régulière vers le loin - et le vent souffle la poussière à peine - la BO ça serait une espèce de rock tendre et dingue à la fois - au bout de quelques dizaines de secondes disons - la voiture tourne à un angle quelque chose - après on ne la voit plus - la musique elle continue.
20/05/2010 Vue présente
on avait le soleil en pleine gueule il faisait chaud dans ta tête ça résonne encore comme crac une branche qui tombe ça serait un citronnier allez - on est peut-être allé trop loin on n'était peut être pas prêt ou bien le vent souffle il est un peu frais - c'est mois de mai et pas très chaud encore les fenêtres de la grande maison sont grandes ouvertes la pelouse n'est pas tondu ça fait de grandes herbes tu les arraches les plus longues tu les coupes en petits morceaux - ça sent la fumée de clope il y a quelque chose là qui ne se comprend plus - si tu enlèves un seul des cailloux le petit tas s'effondre - il y a quelque chose là on ne comprend plus.
12/05/2010 Vue présente
comme on pourrait manger les bourrasques - comme on pourrait affoner les plaines comme on pourrait y'aller y'aller comme on pourrait courir - et ça dure des heures et tu as chaud et tu transpires et tu files files - comme on pourrait traverser la nuit comme on pourrait - ce qu'il y a d'mots qui restent bloqués là ça nous claque à la gueule.
01/05/2010 Vue présente
j'avais envie de pleurer - le ciel gris et une fine pluie oh vraiment pas beaucoup ça colle la poussière et puis voilà - j'avais envie de pleurer - les femmes - celles qui disparaissent apparaissent celles qui toutes femmes et tu trembles - j'avais envie de pleurer - le jour se levait lentement et tu sentais l'air frais du matin sur la gueule - corps - un corps à corps encore cale et dingue dingue ça te sonne et tu as envie de pleurer - le jour se lève et c'est tout un monde étrange - c'est toute une vie ça tremble.
26/04/2010 Vue présente
tu ne sais pas c'est un gouffre c'est un mûr quelque chose une montagne peut-être - tu ne sais pas les bras tendus - à l'horizontal sur la crête c'est ça c'est un mûr et tu danses dessus - à ma gauche des plaines immenses à ma droite - des plaines immenses - c'est un mûr et tu danses dessus.
22/04/2010 Vue présente
like a sextoy dans les baffles et ça te claque à la gueule comme la vie la vie qu'on repousse à quel chut chut chut - écoute like a sextoy - like a sextoy tu n'as jamais inventé ça - tu n'as jamais rien inventé mon vieux et tu cours encore tu remues la tête devant ton clavier d'ordinateur - une crête en métal et ta gueule en acier dur une barre à mine - une barre à mine et des sons smart et country - tu as une main sur le volant du camion trois litres dix mercedes blanc une machine à propulsion propulsons à propulser dans les matins schnaps gypsy bébé - schnaps gypsy.
20/04/2010 Vue présente
nous tous là à champs à court au soleil écrasés et dans une immense solitude ensemble à s'en remettre à quel vent absent - dans ta tête il y a comme un quelque chose d'une petite musique immense et triste mon vieux qu'on ahane à cri à tape à tape - la terre motte poussière et dans nos vie'd'bêtes qu'on s'épuise beugle.
18/04/2010 Vue présente
à quand d'rock en roc nos corps entre chocs entre chiens comme loups nous tous là - dans un grand tremblé d'boyaux tous là tous écarlates il existe ce moment - il existe et tu n'as plus'd'mots à mot ça ne se dit pas d't'façons comme ça kaï kaï les chiens - poï poï la vie poï poï après les fleurs fanent après les corps tombent et on s'endort avec en bouche comme un gout d'sueur - d'la langue de bête pour les corps fous.
14/04/2010 Vue présente
c'est comme un tactac en plein la gueule uppercut ma vieille peau vieille charogne - alors quoi on pourrait bien tout foutre en l'air et se changer en quoi - nietniet ma langue entière inerte en douleur endolorie ne sait plus comment dire ça marche comment - un corps un pied devant l'autre et on recommence ça devrait le faire alors je marche allez je cours en rêve - les yeux fermés la nuit je cours je cours sans cesse et encore la sueur elle coule les draps ils puent on s'en fout on pourrait cracher encore - ça ne changerait - rien - la langue ma langue entière mur bétonné une chape à sa façon et tu parcours les plaines tu traverses des mondes c'est comme le vent sur la gueule à la pointe de quelle côte affamée - comme une bête ton corps qui dans son silence raide.
25/03/2010 Vue présente
je regardais la pluie tomber - il faisait bon l'odeur de l'herbe l'odeur du printemps se mêlaient à la poussière tout juste mouillée à la pluie - sur le toit les gouttes toutes comme une petite musique nostalgique les nuages étaient gris le soleil à travers - au loin un tracteur filait qui tremblait un peu - je regardais la pluie tomber et j'avais comme un sentiment incomplet - je me demandais pourquoi à chaque grand coup de poing dans la gueule je la fermais entière silencieuse - ma gueule - j'avais envie de dormir c'est chaque fois pareil un peu comme si la machine se mettait en veille ou plutôt sécurité surchauffe - quand le compte-tour reste calé zone rouge - je regardais la pluie tomber et la vérité apparaissait là clair comme l'arc-en-ciel qui dans le champ en face - la pluie le soleil le vent tout ça là ensemble - j'avais envie de fumer en regardant cet arc-en-ciel - la fin de l'hiver un printemps dérangé tout ça -j'avais envie de fumer et de cracher par terre - j'avais envie de fumer et de taper dans un caillou - oh pas très fort juste comme ça - après j'aurai marché un peu sous la pluie je sais pas - ah oui - à un moment je me souviens il y a eu quelques larmes - pas beaucoup tu sais des larmes bien chaudes et chargées qui te coulent sur la peau et font un trait ou deux très larges en glissant comme ça -après je ne sais plus je crois j'ai tombé.
17/03/2010 Vue remontée
le cul dans l'herbe et encore suant à tirer sur un clope - la pleine côte dans les jambes qu'on a raides un peu - le lac en bas gros comme rien et ta tête tourne tangue trace à l'abri l'orage en pleine gueule - comme on a tremblé - comme on a ri.
08/03/2010 Vue remontée
à Istanbul déjà le froid t'imagines pas comme à 25 ou 30 degré il faisait froid sans doute aussi à l'intérieur ta tête toute poussière - sur le boulevard quel nom pouvait-il avoir les bus pour Téhéran à 25 dollars le trajet - tu traverses un marché tu files vers la mer et tu fumes des clopes en regardant l'horizon en regardant les bateaux tu fumes des clopes en discutant - ton vieux pote qui là sur les mêmes pierres regarde le même soleil combien de temps ça te restera là - les routes qu'on a usées dingue - le temps qu'a passé -le temps qu'a passé là - à cinq heures du matin quelque chose comme ça tu embarques et le soleil à travers les hublots tes oreilles se bouchent écrasées pression - le bruit sourd des réacteurs les réacteurs - ta gueule à l'escale dans les chiottes de l'aéroport Genève - ta gueule usée raide et tu ne sais plus - uppercut dans ta gueule jusque dans le RER en silence - assis à côté de ton vieux pote ton sac entre les jambes béton de Paris nos langues toutes éteintes - à la gare je me souviens on s'est serré dans les bras on s'est dit à bientôt quelque chose dans le genre on n'a pas pleuré parce que bon tu vois c'était pas comme ça on était ailleurs en fait on était ailleurs - après tu as erré deux heures devant des TGV et après ce qu'il s'est passé comment dire - ça ne se dit pas silence comme tes oreilles bouchées pendant plusieurs jours - dans la voiture celle qui rentrait à la maison tu aurais pu tout casser tu aurais pu parler pendant des heures tu aurais pu pleurer tu étais heureux - oh ce n'était pas le retour du guerrier aventurier nan nan nan - plus d'une fois tu as chié dans ton froc plus d'une fois après ça continue la vie la vie ça continue - la poussière il en reste encore dans ton sac à dos ce qui a remué là n'en finit pas de trembler ton corps.
06/03/2010 Vue présente
les mots faut faire gaffe ça te casse crache tacle et fer chaud un cuir ta peau marquée comme une bête - et ça ne s'échappe pas les mots ça ne s'efface pas les mots et tu peux souffler oui c'est ça - comme une bête tu n'oublieras pas comme une bête ce qu'on dit ce qu'on fait.
04/03/2010 Vue présente
"deux gars souls un soir" - nul doute aucun qu'à deux heures zéro quatre ce soir là quoi - ce qui tremblait dans leur corps ce que tac tac tac - on s'agrippe aux bastingages tac tac tac - on s'arroge on s'accroche on s'amoche mâche tes mots - la pointe du crayon bute un peu c'est du béton nos nuits c'est du bitume nos routes - tu penses à qui avec ces deux petits dessins sur ton écran d'ordinateur tu penses à qui - on s'agrippe aux bastingages tac tac tac on s'raccroche à nos murs des parois - on se cogne aux parois sans ce cesse aux parois. (photo : B. Hamon)
04/03/2010 Vue présente
trois fois poussière plus que jamais poussière - et tu pourrais cracher même rance la vie - sur les carreaux d'un chiotte sur les murs le béton parpaings nos mots tous bien scellés - nos mots tous poussières.
02/03/2010 Vue présente
à toute route son horizon le bitume noir noir de Robert Frank c'est comme un rêve sans fin l'odeur de l'huile chaude - et sous le bleu de l'hiver infime poussière tu t'épuises carcasse tu t'effondres carcasse - tellement mauvais tous mots rien que mots mal posés là tu pleures à peine - la main sur le volant.
21/02/2010 Vue présente
à matin qu'on s'échappe chaque matin qu'on s'échappe encore d'être là - à matin tu te lèves et tu constates l'étendue dingue ce qui devant toi là - et d'un coup d'pied dans un caillou dans un petit caillou tu te souviens dust machine à jamais dust life - à matin l'échappement libre et quelques gouttes de sueur.
21/02/2010 Vue du jour
déjà tu l'as croisé Berlin - tu n'es jamais allé à Berlin - tu filerai d'ici là-bas ça te prendrais quoi aller imagine on prendrait une grosse tire une allemande bien calé à l'avant - le volant dans la main tu roulerais dans la nuit dans le jour et tu serais à Berlin un jour tu seras à Berlin - ce soir - sur le mur blanc des chiottes - il était là il était passé à une heure cinquante un soir - dans quel monde il vivait cette nuit-là dans quelle monde - dans quel monde il va ce soir dans quel monde.
15/02/2010 Vue présente
qu'on achoppe nos pleines vies sur quelles immensités blablabla - qu'on échappe à quoi qui caquète en nous de dire à trop parler parlage passe passe en nous couic - que blanche plate elle s'étale la plaine maculée n'attend que nos pas à pas pour aller à fond de cale à s'en faire péter les moteurs - parce qu'il l'avait dit déjà combien de fois c'est le moment - le temps de l'appuiement sur l'accélérateur.
09/02/2010 Vue présente
qu'allongent les jours ok pas trop non plus dans la pleine terre - là dans le vent ok à tirer sur une bâche en plastique pour qu'en dessous elles poussent toutes et le tracteur file qui tactactactac - avance encore et boue toute pleine colle au shoes les flocons en bourrasque et tête vide - pleine de quoi le plus souvent pleine et cale caille dans les ornières tout droit tout droit avançons avancez il faut il faut il faut - et ça te claque tous ces il faut les cartes immenses que tu déballes devant toi - ce qu'il faut sortir charrue pour arpenter nos terres - les mottes fertiles toutes retournées dans le froid.
03/02/2010 Vue présente
tes doigts va falloir pour de bon les sortir de ton cul et comme ça on avance puisque ça peut pas quand ça reste là claque m'accroche meuh - et tu te dis ce que tu viens d'écrire là tout juste tu ne pourras jamais dire ça là dans ta bouche non - alors est-ce que quoi - quelles questions tu te poses et à quoi faire - dans tes oreilles une basse immense enveloppe silence.
02/03/2010 Vue remontée
ce qu'en pleine gueule t'as fallu combien de bornes pour t'écraser tout contre le bitume à 45°C suant puant - que ça te vienne enfin vrai de vrai tremblé de corps à corps avec le réel - que tu tiennes là dans ta main l'essentiel de vivre - que tu pleures dans un téléphone et personne au bout pour entendre et encore - tu n'as jamais rien à dire tu ne dis jamais rien tu ne dis jamais rien - du minaret le muezzin - de la rue les moteurs - allongé sur le lit le ventilateur.
29/01/2010 Vue présente
c'est pour le souffle - qu'il soit là chaud froid sur l'objet vivre alors j'irai marcher seul dans une plaine ensablée - pfiut pfiut et désirs justes - que ça tienne dans la main un petit caillou m'en fous chut - tout contre le vent chaque jour.
28/01/2010 Vue présente
quand à la langue mots tac tac que tu dis tous alors allons-y parlons un peu voir - ça quoi qu'a dire une langue et si jamais tu as peur un jour - si tu te couches un soir et dans ton corps tous yeux ce que le monde là tu restes là - béat - complet - mattant dingue en l'attente quoi -
si tu n'étais pas ici
pour voir le monde
avec tes yeux
spécialement conditionnés
qu'est-ce qui te fait penser
qu'il ressemblerait à ça ?
(Jack Kerouac - Dharma)
allez d'accord on peut s'en aller restes qu'allongé encore tu attends qu'une solution arrive là - soufflée comme poussière et tu sais très bien ça n'existe pas - les clefs - pas besoin de bouquins - l'écrire ça avance quoi.
si tu n'étais pas ici
pour voir le monde
avec tes yeux
spécialement conditionnés
qu'est-ce qui te fait penser
qu'il ressemblerait à ça ?
(Jack Kerouac - Dharma)
allez d'accord on peut s'en aller restes qu'allongé encore tu attends qu'une solution arrive là - soufflée comme poussière et tu sais très bien ça n'existe pas - les clefs - pas besoin de bouquins - l'écrire ça avance quoi.
19/01/2010 Vue présente
[en lisant Jack Kerouac - Dharma]
conceptions justes
aspirations justes
dicours juste
conduite juste
moyens d'existence justes
effort juste
souci juste
contemplation juste
yes béat complet dust generation ça te dit rien qu'on soit tous poussières immenses et qu'on affonne les jours entiers pleins pleins pleins - que ça tremble juste dust just dust.
10/01/2010 Vue présente
ce qu'il faudrait vois-tu mon grand c'est que tu fasses un peu de place pour comment dire bah voilà justement - pour dire l'essentiel il faut faire un peu de place enfin non quand tu dis l'essentiel ça fait d'la place ta langue quand elle va dingue ça sonne mieux tu ne sais pas -
ce qu'il faudrait vois-tu c'est que tu ranges à l'intérieur mais si tu rangeais ça serait non - ça ne marcherait pas en fait voilà tu sais - tu voudrais bien raconter une histoire une histoire démente qui file et qui court aussi - une histoire qui court loin et qui traverse les plaines et qui traverse les mers et qui s'arrête - de temps à autre - essoufflée la main sur une pierre énorme la main sur un mur d'immeuble la main sur une vieille tire - et les bas de caisse sont rouillés et la poussière file encore alentour - mais tu ne sais pas comment ça quoi on commence par où pour raconter une histoire alors tu dis n'importe quoi -
ce qu'il faudrait tu sais c'est des journées entières voilà des journées entières à contempler tes mondes et si jamais c'était là - devant toi - tu cracherais flingue tac tac et tu pourrais te tirer dans une steppe accroché à l'arrière d'un transcontinental -
ce qu'il faudrait puisque ça nous pèse homme tous corps et gueule faudrait faudrait faudrait gueule ma gueule quoi - nos gueules à tous et toi en premier mon grand et puis tu parles tu parles il ne fait que ça parler.
09/01/2010 Vue présente
d'à langue alors entière langue alors on va où maintenant que - ta langue sans plus n'y t'attendre en fait pleine langue qui n'a plus menti depuis quand comme elle jouit dingue comme elle s'enroule se croit seule et de quoi tu parles - la traversée des mondes commence maintenant - chaque pas est un pas est un monde - et nos langues entières flinguent.
05/01/2010 Vue présente
tu te lèves un matin et tu as parcouru toutes tes plaines en une nuit - tu sais que tout est faux et qu'ici rien ne tient dans ce qui nous flou - tu dis n'importe quoi et ça ne change pas - c'est un matin froid et sec et les champs autour sont tous blanc sont tous immobiles - ce qu'il te reste de nuit c'est un bout'd'langue moitié phrase mots plutôt qui disent l'essentiel et venus d'où - et blablabla tu parles entier tu parles enfin ça te reste à l'intérieur pâte langue remuée de cesse et le tracé droit loin devant pour une fois zigzague souffle simple sur ses terres inconnues - le sentiment plus fort que jamais d'être la poussière entière la poussière légère qui avale des mondes entiers c'est ça - dust - si tu veux dust generation pour ce matin là dans le froid tu marches pour t'assurer d'être là bien entier dust generation - ça n'est pas là seulement devant comme des mots qui filent non recule recule un peu - c'est l'image rien que l'image qu'on a là devant nous et regarde là plus encore - les mots pfff les mots ssss chut tous assis attendent -
tu te lèves un matin et tu sais très bien que ce qui là jaillit n'est pas rêve non n'est pas cette fois bruit brame braille mais dit durement l'essentiel - ce qui déferle enfin l'amour total quelque chose que d'autres et bien mieux -
tu te lèves un matin et se détachent pierres ce qui saillant rêche détruit pollue les rives de l'amour total - aphones les crashs raides qui dans leur butée de nerfs sont là noir et d'une violence mensonge -
tu te lèves un matin et tu sais qu'enfin poussière infime poussière sous la grande voûte aimant massant il te reste quoi quelques vallées à parcourir et s'ouvriront enfin les plaines les plaines immenses de l'amour total -
tu te lèves un matin et disparaissent tous les pièges à loups sur tes routes rouille dont tu aimes encore regarder la couleur -
tu te lèves un matin et ce n'est pas béat béat complet ni quoi d'extase mais le sentiment très clair que là tout ce qui trame d'un coup - c'est ça c'est ça tout à fait ça exactement ça et tu pourrais le dire ça ne changerait rien ou peut-être que - si béat d'accord béat englobant gobant tout ce qui de réel apporte de quoi tenir encore -
tu te lèves un matin et tu pardonnes tout ce qu'il y a de violence alentour dans une conscience toute sage d'avoir enfin poussière et calame là calme - calme entier calme et vivant et tu sens - tu sens très bien cela - se détacher à l'intérieur tous croutes crasses ce qui rance s'agrippe et trébuche que tu tombes mieux ça n'a plus de sens - tu n'as plus de poids -
tu te lèves un matin soumis à tout dans l'écoute la plus total des battements intimes maître des poussières et au firmament tranquille - alentour s'échouent ce que hache crache bâche les terres fertiles - tu sais qu'il est question de temps -
tu te lèves un matin et tu ne sais plus -
tu te lèves un matin et tu ne sais rien -
tu te lèves un matin et tu marches avide tu viens de découvrir tout ce qui d'essentiel tient dans un main - un petit caillou blanc à peine une poussière immense et dingue.
tu te lèves un matin et tu sais très bien que ce qui là jaillit n'est pas rêve non n'est pas cette fois bruit brame braille mais dit durement l'essentiel - ce qui déferle enfin l'amour total quelque chose que d'autres et bien mieux -
tu te lèves un matin et se détachent pierres ce qui saillant rêche détruit pollue les rives de l'amour total - aphones les crashs raides qui dans leur butée de nerfs sont là noir et d'une violence mensonge -
tu te lèves un matin et tu sais qu'enfin poussière infime poussière sous la grande voûte aimant massant il te reste quoi quelques vallées à parcourir et s'ouvriront enfin les plaines les plaines immenses de l'amour total -
tu te lèves un matin et disparaissent tous les pièges à loups sur tes routes rouille dont tu aimes encore regarder la couleur -
tu te lèves un matin et ce n'est pas béat béat complet ni quoi d'extase mais le sentiment très clair que là tout ce qui trame d'un coup - c'est ça c'est ça tout à fait ça exactement ça et tu pourrais le dire ça ne changerait rien ou peut-être que - si béat d'accord béat englobant gobant tout ce qui de réel apporte de quoi tenir encore -
tu te lèves un matin et tu pardonnes tout ce qu'il y a de violence alentour dans une conscience toute sage d'avoir enfin poussière et calame là calme - calme entier calme et vivant et tu sens - tu sens très bien cela - se détacher à l'intérieur tous croutes crasses ce qui rance s'agrippe et trébuche que tu tombes mieux ça n'a plus de sens - tu n'as plus de poids -
tu te lèves un matin soumis à tout dans l'écoute la plus total des battements intimes maître des poussières et au firmament tranquille - alentour s'échouent ce que hache crache bâche les terres fertiles - tu sais qu'il est question de temps -
tu te lèves un matin et tu ne sais plus -
tu te lèves un matin et tu ne sais rien -
tu te lèves un matin et tu marches avide tu viens de découvrir tout ce qui d'essentiel tient dans un main - un petit caillou blanc à peine une poussière immense et dingue.
04/01/2010 Vue présente
noyés dans ce que broute allons-y dans nos silences - enfonçons enfoncez malmenons qu'on s'en lave les os noyés dans ce que nos langues ne savent plus n'ont jamais su dire - rappelle-toi retiens-moi - ça ne tiendra jamais là - ça ne tiendra jamais - et tous noyés dans nos silences.
31/12/2009 Vue présente
c'est comme toutes les pluies entières venues s'écraser folles sur les fronts suant oui c'est ça suant - et même si tu savais comme on parle vrai comme mutine aussi mutine - tu marcherais droit sous la pluie et elle serait froide - tu taperais dans un caillou il n'irait pas loin - et ce serait le début tu sais ce que certains disent des mots comme l'amour total - ça ne parle quasiment plus de corps (ce qu'il faudrait tu sais mon vieux - c'est que tu dises vraiment clairement).
27/12/2009 Vue présente
entre-temps entre monde entre chiens et nous - que ça s'affone au maximum en plein dans le flou qu'on avance aphone sans rien dire - sans rien dire - qu'on a pas le temps que nos fantômes entiers les ogres bouffent les nerfs et ça s'effondre cascade et tu cours - tu cours à travers les rues d'une ville tu fonces - tu cognes dans un vieille dame te tords la cheville sur un trottoir - un trottoir entre temps entre nous entre chiens et loups tu arrives essoufflé te plie en deux devant l'horizon - la plaine est immense - elle t'attend.
26/12/2009 Vue présente
c'est nuit et tu as tout un monde entre les mains - les plaines qu'on a vu et ce bitume - combien de fois déjà et c'est comme si c'était allez - Oulan Bator - et tu conduirais un vieux pick-up et tu filerais dans une plaine - et sur l'eau gelée l'asphalte il est déglingue - tu glisses - ton corps il serait vide et tes tripes toutes alentour - ce qui s'est dit ici - ce qui ne se dira jamais - où tu files.
22/12/2009 Vue présente
la pluie ça fait ce bruit tu sais sur le toit tu es devant ton bureau tu as passé deux morceaux et il y avait des violons tu regardes ton écran d'ordinateur - deux heures passent - parfois la pierre en face le mur - rien pas les mots - seulement si - des larmes.
16/12/2009 Vue remontée
tu es sur la plage à Mamaia et tu marches dans le sable un autre jour tu regardes une photo tu as un tirage noir et blanc dans ta main et c'est une mouette - une mouette dans le soleil autour les nuages c'est juste ça - la photo elle est plutôt jolie tu l'aimes bien tu la regardes souvent et tu te perds encore une fois tu ne sais plus tu ne sais jamais tu écris quoi tu écris quand et tu t'en fous à la fin merde - et tu l'écris pour en être sur - tu es sur la plage à Mamaia et tu regardes le soleil droit dans les yeux - tu transpires le vent est chaud c'est plein aout tu vas te foutre la gueule dans l'eau - ça n'a pas vraiment de sens ou bien tu ne sais pas quoi - à ce moment là - tu le sais - tu es là - tout à fait là.
10/12/2009 Vue présente
marqueur bleu sur mon bureau :
nos vies les plaines - première époque - nos incendies les terres fertiles - ce n'est jamais le printemps ce n'est jamais l'automne - et tu ne dis jamais rien - tu ne dis jamais rein tu marches tu marches avances enfonce fonce et glingue carlingue je t'aime je t'aime mais redis-moi la vie mode d'emploi - et l'art pique - l'autoroute des rêves tu dérailles et cailles à l'ouest à l'est là bas on dit que le vent souffle toujours -
06/12/2009 Vue présente
ce qui s'écoule de vivre - le liquide rouge d'un pot de peinture sur les cartons tout là - ce que tu égorges purge - et comme tu le dis mal.
02/12/2009 Vue présente
ce qu'il faudrait c'est d'une masse d'une pioche d'une hache fâche qu'on saucissonne et qu'on pousse les murs et les parois - qu'on ne cogne plus qu'on enfume les murs que ça s'écroule tout alentour et que les corps filent - que les corps dingues achoppent flinguent leurs fantômes leurs errants et courir et courir.
01/12/2009 Vue présente
un caillou blanc voilà c'est juste question d'un caillou blanc ça se trouve c'est sur la route un caillou comme ça - un petit caillou blanc seul entier blanc dans le grand dehors et tu ne le vois pas - tu ne vois rien - tu ne vois rien tu fonces files dans tes plaines tes plaines arides tu ne vois rien jamais rien - un jour tu ouvres la main tu ouvriras ta main tu verras un petit caillou blanc un caillou blanc au creux de la main - ce qu'il faut courir entre les deux avant d'y être.
24/11/2009 Vue présente
entre les files de bagnoles entre les mondes entre les trains entre les tours entre les corps - à hurler là tous comme des chiens à brailler sous le grand ciel à courir - à courir et dire on peut bien parler on peut bien parler - tout c'qu'on a ramener que ça vienne - que ça vienne et qu'on trouve creuse - attaque à coup de pioche même la terre de nos grands airs - entre les champs entre les vents debout sur les pluies dans les déserts à repousser les murs nos carcasses elles se cognent aux parois - elles se cognent aux parois.
20/11/2009 Vue du jour
bleus tous bleus nuits avec les lettres blanches dans leur dos matraques et gyrophares bleus une bagnole blanche en travers - bleus les corps tous en cercle autour d'un qui tu ne sais pas tu ne sais rien tu sais seulement ce que ça te bing bing à l'intérieur - après il tend un papier il dit dans une autre langue ce qu'ils n'écoutent pas les corps en bleu pourtant tous corps.
20/11/2009 Vue du jour
n'oublions pas que l'asile est un droit international garanti par la convention de Genève - tu vois ces mots-là ce ne sont pas les miens je ne les ai jamais dit je ne me - enfin le droit sais pas je connais non je ne connais pas vraiment je sais - qui a dit ça et ça me réjouit plus que de coutume comme c'est marrant plus que de coutume mais bordel de merde on parle de quoi de quoi de quoi on cause quand on dit ça - il fait nuit sur la ville Angers et d'autres dorment devant l'hôtel de ville qui ne savent pas comment dire.
18/11/2009 Vue du jour
puisqu'en fait il n'y a pas vraiment de sens à - on n'a pas à se chercher de raison prenez-nous pour des fous ça peut bien être ça aussi la fenêtre grande ouverte dans la cuisine tu regardes seul quelques instants une tasse de café fumée - aussi dehors sur les champs la brume comme un corps embrumé brame tu ne t'arrêteras donc jamais de parler - tu lances des projets sur des sites de ventes aux enchères puisqu'il faut bien que le corps exulte le livre posthume de jack jackee kerouac - dharma - seulement parce que dharma dharma dharma bing bing - ça clingue les murs bing bing - ça craque parois on s'endort tous contre des parois on n'a pas à se chercher de raison - la nuit sur des morceaux de feuille on n'écrit illisible.
13/11/2009 Vue du jour
tu as vu – tu peux pas testes mec – c'est du numérique – tu as vu – sur un téléphone portable – tu peux pas testes mec – c'est du numérique – une photo – et tu t'imagines – comme tu t'imagines souvent tout plein de choses – qu'il a écrit sur le mur sale d'un troquet de Berlin un neuf novembre deux-mille neuf – et ça te plaît bien – d'imaginer ça – puisqu'ici on est tous poussières.
12/11/2009 Vue remontée
une petite chambre déjà la pension c'est un hôtel quatre ou cinq étage - le dernier aménagé dans le grenier un petite chambre et ça va vient dans tout l'immeuble souvenir en rude - comme une pierre et mal taillée crac arrachée rock - qui vont viennent tous et tu as marché - tu as marché sur les pavés l'a fallu qu'une main - et pas n'importe quelle vienne te dire imagine tout ce qu'elle a pu te dire en venant se poser là - sur l'épaule sous un lampadaire avec la chaleur d'un mois d'aout en capitale roumaine - une petite chambre au troisième et dans un petit lit tu transpires - tu transpires et tu serres un corps contre toi - tu transpires et sur tes joues tu sens encore quelle douleur improbable - chez Elvis à Bucarest tout tes rêves ont disparu - au matin tremblant tu t'imagines disparaître.
10/11/2009 Vue du jour
aux états-unis au moyen-orient à chypre en espagne et d'autres encore - ça ne change pas.
03/11/2009 Vue présente
ça te revient mille pluies des soirs lointains et pas tous heureux pas tous tristes – mille pluies sur le toits comme les gouttes toutes une à une dans ta nouvelle maison – ça te revient une pluie noire dans une autre ville sur d'autres bitumes et pavés même ça te revient comme une peur – peur – peur et tu courrais tu courrais dans la nuit et tu repassais sans cesse le pont sur la Saone et tu pleurais ça te revient mille pluies d'autres soirs – une pluie dingue et chaude Souk Sarouja à Damas ça te revient à verse comme on pleure des tristesses introuvables – ça te revient tu courrais tu cours souvent sous la pluie tu courrais sur la terrasse de l'hôtel Al-Rabie dans le Souk Sarouja à Damas – et les matelas et les sacs et les couvertures et tout était trempé d'une pluie chaude d'une pluie ocre ça te revient – le bruit des gouttes sur le verre dans une petite chambre et ce que tu as vu dans cette chambre les cris que tu as poussés dans cette chambre les oiseaux sans cesse alentour et le soleil du soir toujours par la fenêtre de cette chambre même quand la pluie surtout quand la pluie et le soleil ensemble par la fenêtre de cette chambre ça te revient – une pluie froide dans les montagnes et sans cesse toute une nuit de pluie au réveil tu notais dans un carnet en sirotant un café tu notais tu notais sans cesse et tu ne parlais pas surtout pas de cette pluie la pluie ce soir – sur le toit de la grande maison tu l'entends tu entends mille gouttes et ça te revient le monde enfin ça te revient – tu ne sais plus vraiment quoi tu ne sais comment on fait tu as oublié mille choses comme toutes les pluies essuient les poussières toujours ça s'écoule – et ça te revient le monde enfin – ça te revient.
02/11/2009 Vue présente
tu restes persuadé que ça n'est pas encore assez loin - deux ou trois choses à accélérer - le temps de l'appuiement sur l'accélérateur.
22/10/2009 Vue présente
on y va on avance le corps file la danse des quoi la danse des jours à des questions comme pourquoi on pourrait dire - y'a vraiment pas autre chose - comme ça que ça tient - on pousse on pousse la machine on y va corps et la poésie merde - c'est là c'est corps.
18/10/2009 Vue remontée
il y a dans les baffles the man who sold the world un très vieux titre tu as les yeux là dans le vide du bitume fin de journée - les phares jaune rouge jaune rouge jaune rouge tous les uns après les autres un coup de klaxon dans le loin et vert le feu vert sur les bandes blanches - tu fixes le bitume et tu penses aux mondes que tu perds - à d'autres asphalte abandonnés à des corps loin loin loin tu ne les sens plus les rêves que tu as dispersés tu pourrais pleurer - tu pourrais pleurer au milieu d'un carrefour et quelques secondes quelques secondes seulement - ce serait le temps de l'appuiement sur l'accélérateur et tu ne lâcherais rien - dingue jusqu'à ce que quoi s'ensuive dingue.
16/10/2009 Vue présente
dis-moi quand tu disais les grandes plaines et le souffle du vent dessus dis-moi c'était mentir non - tu disais on ira tu disais on fera tu disais c'était mentir non - tu disais les grosses tires les bagnoles américaines et des nuages de poussières sur le bitume - tu disais les corps dingues et toqués d'être là tu disais les mondes entiers qu'on imagine à peine c'était mentir - tu disais la vie la vie tu nous a laissé là sur une aire d'autoroute en construction tu disais quoi tu disais tellement - dis-moi quand tu disais dis-moi quand ça n'avait plus de sens tellement fou c'était mentir aussi nous tous on a marché nous tous on a couru on croyait à des tunnels on est arrivé au bout c'était grotte on est arrivé au bout qu'est-ce qu'on a vu dis - tu disais tout ce qu'on ne se dit pas tu disais tout ce qu'on ne peut se dire tu disais c'était mentir - on ne braille jamais assez ce que nos corps tiennent à courir sur les mêmes routes.
13/10/2009 Vue du jour
oui oui oui voilà c'est ça putain la putain de vie qui te rattrape à pleine trousse et frousse ça te fait dans le corps parcourt tout le dos monte et bam bam bam - bam bam bam dans le coeur ce qui te tremble aujourd'hui - tu es dans un champ l'herbe n'est pas très haute et verte c'est un jour d'octobre et tu cours transpire l'air est frais te passe contre la peau le soleil tombe là-bas jaune en plein dans la gueule - t'éclabousse entier et tu files diagonale à travers champs et tu rêves et tu écris dans ta tête le plus long poème le plus beau poème tu sautes une clôture et tu continue ça ne s'arrête pas la putain de vie te rattrape la vie - la vie la vie un nuage d'oiseaux de corbeaux tout va pour le très mieux puisqu'aujourd'hui non - tu ne te demandes pas ce qu'ils peuvent bien foutre ici la vie putain merde - et ça te résonne à l'intérieur d'autres mondes bam bam bam et toute la folie qu'on a d'être là né nu entier poussière.
13/10/2009 Vue présente
froid ça te tombe comme une fin d'été et glace grise passe tout contre sans dire ce qui - il faut se rendre à l'évidence - il n'y a pas de règles - froid - un tunnel immense et froid une grotte caverne sans fond et tu cours et tu cours et tu cours ici et maintenant c'est toujours - on est quoi ici - avec un crayon noir un marqueur noir tu écris dust generation sur un bout de plastique - imagine le geste à faire.
12/10/2009 Vue présente
tu ne parles plus aujourd'hui tu ne parles plus tu ne dis plus rien comment ça comment ça tu ne dis rien qu'est-ce que c'est - une langue qui s'engourdit qu'est-ce que c'est comment on fait - quand on a perdu sa langue dis keskilya - keskilya comment on continue à tenir - et le vent.
07/10/2009 Vue présente
ça plus non plus de ça ce genre de ce quand il dit ça plus corps ça lui fait comme un tremblement à l'intérieur et rabroue rattaque racks dans lesquels on se range carcasse - ça non plus non plus de ça ce genre de ce quand il dit ça te tremble crisse à l'intérieur et le silence tout autour quel corps quel corps vit ce silence quand il te tombe - alors tu perds ta langue alors tu t'écrases mort caresse désintègre ton corps poussière c'est comme un ange dans le ciel gris - tu ne dis plus enfin - tu ne dis plus - rien - calme - couché - m'endors - me tais - me chut - me mort.
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06/10/2009 Vue présente
à Constanta sur le port de Constanta tu marches sur le bitume du port de Constanta et tu regardes la mer - dans les baffles une voix de femme une guitare elle joue une ballade quelque chose d'assez doux mais tout de même - tu regardes la mer et ça te vient tranquille comme une vague un peu plus forte et l'eau monte lèche le béton atteint la digue ça te mouille un peu - tu monterais dans un rafiot qu'importe rouge vert celui-là avec la rouille sur les flancs tu monterais sur un rafiot et quelqu'un monterait le son et puis électrique la guitare électrique encore quelque chose d'électronique aussi - sur le pont du bateau tu regardes les mouettes le soleil là à travers les nuages sous tes pieds tu sens vibrations le moteur qu'on pousse de plus en plus vite bientôt les embruns et la côte s'éloigne - c'est tellement fort la musique et lascive une voix s'étire tu ne sais plus est-ce que tu pleures est-ce que tu ries tu ne sais plus rien et tu pars - à Constanta sur le port de Constanta tu marches sur le bitume du port de Constanta et tu regardes la mer - tu serres un ami dans tes bras tu le serres fort ce jour-là tu sais lui dire tu l'aimes à Constanta sur le port de Constanta sur le bitume du port de Constanta.
06/10/2009 Vue remontée
un matin peut-être matin d'une autre vie sais plus - le soleil tôt sur la tente à peine posée et l'odeur des sapins c'est une forêt aussi tu files vers le torrent et nu dans l'eau tu frottes ta peau avec un savon d'Alep nu dans l'eau froide tu te laves dans un bois de Slovénie - qu'est-ce qui passe d'essentiel dans la flotte de ce torrent dont le nom n'existe pas dans cette histoire.
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03/10/2009 Vue du jour
corps court court à l'air bleu poussière parmi poussière dust generation né fus suis serai poussière infime sous la grande voûte combien de fois as-tu dis ça - combien de fois peut-on dire ça dust dust dust quand contre ta peau le visage tu sens le frais d'un matin d'octobre vivre tient à peu à peu près à poussière et ça te monte comme la température d'huile moteur un jour - tu dépasses et l'essentiel se dit à coup de respirations hésitantes.
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30/09/2009 Vue présente
ça te prend ça pousse paraphe et bascule passe de l'autre côté de la paroi d'une paroi corps se colle souvent aux parois - peur - peur - peur ça te bouffe bouffe en plein tu reste corps encore toujours et dust dust dust peur - peur ça te prend des tours vite vite à l'intérieur et tu as ce quoi qui te tape là l'impression de gonfler toutes les demi-secondes ça va pas tenir peur - tout le reste défile immense sur l'écran de tes visions inertes chut chut - là mon petit bientôt sommeil et tu dormiras longtemps tu dormiras dans tes plaines dust generation.
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28/09/2009 Vue présente
le corps encore pris dans une tornade et ça souffle ça souffle ça ne s'arrête pas rock dans ta carlingue et ça rouille - ça rouille de ne plus prendre encore ça rouille de ne pas tenir ainsi qu'on aime même plus encore les grandes plaines les steppes les toundras lointaines - et tu n'as jamais vu de toundra tu n'as jamais vu quoi - la vie la vie parfois entre temps.
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28/09/2009 Vue du jour
seulement quelque chose d'un bleu bleu comme d'autres histoires de bleu quelque chose d'un bleu ça te met le corps en - raide quoi bleu bleu bleu comme c'est rien bleu et tu écris toujours aussi loin loin loin ça ne se comprend pas - tu te demandes si "ça compte".
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27/09/2009 Vue présente
ton corps ton corps - il veut parcourir quelles plaines ton corps ton - corps corps veut parcourir quelles plaines s'accouche tombe vers d'autres fatigues et c'est le lieu de quoi - corps attend encore un peu corps tire sur les ambulances gyrophares bleus dans tes nuits les ambulances blanches qu'il conduit qui le transportent - et d'autres matins il ouvre les yeux sur d'autres plaines et d'autres poussières sont là corps trajet.
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24/09/2009 Vue présente
peur - ça te fait quoi le mot comme ça est-ce qu'il dit bien ce que oui - peur c'est ton corps là transi dans un froid de nuit - tu es là tu ne sais pas quoi tu ne sais plus quoi tu voudrais dire ce qu'il faut à ce moment c'est dire - parce que d'autres dans d'autres mondes sont là plus froid encore plus froid et toi quoi - tu cours immobile dans ta plaine noire tu cours immobile dans ta nuit profonde - et tu ne sais pas peur peur peur quand ça t'échappe passe là tu regardes un peu vers où tu ne sais plus - tu as les muscles raides la tête ça ne bouge plus et tu te blottis contre des ombres elles n'existent pas tu devrais dire et tu ne trouves pas les mots.
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23/09/2009 Vue présente
corps là devant quelque chose comme un trou et béant et la solution la seule corps n'a que ça – à faire rien pas le choix bon qu'à ça sait pas s'ra toujours mieux qu'aut'chose – corps il entend le vent souffler sur la plaine il entend quelque chose comme un orage au loin et sur la route la longue route – y'a quoi quelques chiens errants qui hurlent à des lunes invisibles corps n'a que ça jette-toi.
22/09/2009 Vue présente
la tête comme un grand blanc chuintant ne tenant presque plus achoppant souvent sur de vieilles pierres on dirait des rocs - et ça te secoue la carcasse vivre et finalement qu'est-ce qu'il disait - amphet' n'imp n'imp n'imp la tête comme un grand blanc et corps à peine alerte encore perd ce qui le gardait là - te reste encore un essentiel de souffle parfois quasi non c'est ça - chuintement.
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21/09/2009 Vue présente
ça te prend à quoi blanc blanc et plan aussi tiens ça te prend comme ça un matin d'un autre lundi ou bien de ce lundi - qu'est-ce qui te pousse vers ce bastingage et comment on s'y arrime quand c'est une vague immense et brusque elle t'écrase rase et tu ne sais plus - nul marin avisé dans tes horizons immédiats il se peut qu'on tienne - si c'est un corps si ça tient là - vivre.
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19/09/2009 Vue présente
corps corps corps tout est là dans le corps et l'énergie rock d'une poésie - ça te flingue un monde en moins'd'deux comme corps corps corps encore à corps et merde - quand il ouvre les yeux corps il voit ses dents éclatées sur le bitume d'une ville il voit ses boyaux - répandus sur le béton il voit sa langue sa langue est là sa langue arrachée rouge arnachée dingue il ne sait rien - comment dire quoi corps quoi crocs dans la chair quand il aime il ne dit rien quand il pleure il se cache.
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12/09/2009 Vue remontée
Qui pleurent seuls les larmes longues sur un boulevard à quarante-cinq degrés – et marchent et courent et s'enfuient tôt le matin vers les téléphones incapables – tremblent feuilles quand les mollets caressent une crosse un fusil l'oreille dans une langue un monde – craque.
(extrait de Mes Fantômes)
12/09/2009 Vue remontée
Qui sont là suant une petite pièce dans la médina on the rocks le wiskhy – fumée de clopes à peine s'échappant et Fayrouz dans les cordes et sur l'ordinateur encore les corps quasi nus les femmes une à une – les rythmes tapés sur la table les dernières notes d'un solo frappé fou les cordes arrachées longues – trainent encore dans ses yeux qui larme appuyé à une porte lève la main sue.
(extrait de Mes Fantômes)
(extrait de Mes Fantômes)
10/09/2009 Vue du jour
que ça vienne vienne comme un cauchemar et que ça te réveille et en pleine nuit il est deux heures trente-sept ça te rauque en plein corps - ça te rattrape le réel et tu t'imagines non tu te vis tu es là il est deux heures trente-sept et tu es à peu près - tout à fait certains de courir avec un pantalon blanc une chemise blanche sur une piste tu cours sur une piste ce n'est pas du sable c'est une sorte de poussière et tu as chaud et tu enlèves ta chemise - c'est un tee-shirt tu le jettes il tombe sur ton tapis au bout du lit ton pantalon blanc non - tu es en caleçon et ça te vient elles surgissent - tu écrirais le plus beau poème et ça serait comme un cauchemar aussi.
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08/09/2009 Vue présente
ton corps le corps corps c'est tout bon corps pourtant - il achoppe d'arpenter les mêmes asphaltes corps - lui reste seulement quoi des mots ça lui trace d'autres courbes d'autres plaines et il n'y a plus de bitume - c'est poussière.
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06/09/2009 Vue présente (en réponse à HK/LR)
un aspirateur à poussières intimes ça te sauverait aujourd'hui un aspirateur de poussières intimes et tu filerais doux corps à corps avec tes raides muscles raides comme quoi - et ça te filerait entre vivre corps ensuite - tu serais à nouveau là parmi quoi sinon d'autres tu sais aussi te noyer à travers les plaines tu sais aussi crier dur dans le noir tu sais t'envoyer loin loin loin tu sais bien sûr un aspirateur à poussières intimes - c'est quoi ce qui s'accroche aux parois.
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06/09/2009 Vue présente
toi corps ça n'est pas plus bien souvent et puis épuisé dans ses plaines immenses corps il éructe il érupte encore - remonte encore toi corps remonte encore - et ne sais plus ne sais pas qui le corps s'il est là encore - comment ça vit un corps étranger parfois on se demande ça ne sait plus corps ni même comment s'appelle comment se va comment se tire la carcasse qu'on a parfois plus qu'un corps qu'on a souvent et raide - et quoi vivre ça tient à ça oui ou non dire corps corps corps n'en peut plus de ses bitumes usés ahahah et ça fait quoi d'écrire un petit mot corps ça te fait quoi sinon tenir - un semblant de plaine aussi un semblant d'air.
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05/09/2009 Vue remontée
le soleil donne dur sur la côte tu remontes plein Nord depuis Kotor tu files files sur le bitume et tous dorment dans la carlingue - tu te surprends tu parles seul tu dis deux ou trois mots ça vit comme ça un corps avec un volant dans les mains tu as chaud - tu transpires tellement tu as le dos trempé le siège s'imprègne de sueur ça sent fort - la clope la sueur quelques fruits trop faits à l'arrière des fringues mal lavées - tu remontes plein Nord depuis Kotor tu files files sur le bitume et tu avales les bornes tu traverses un pays entier ton pied droit est à plat sur le plancher ça peut durer des heures ainsi ça peut durer des heures ainsi.
02/09/2009 Vue présente
ah oui oui c'est ça exactement ça tout à fait ça avec une voix comment dire une voix celle d'une femme et là - posée sur quoi de léger et de raide à la fois sa voix ah oui pas oublier le piano dès le début le piano - sa voix chaude et froide tu ne sais pas ça ne se dit pas et puis les cordes qu'elle frotte ça te fait quoi pourquoi ça se passe dans un quelque part du corps électrifie ça te tend comme un quoi - corps lui il prend ça dans les dents comment on amortit les coups du réel est-ce que c'est ça avec une voix comment dire.
02/09/2009 Vue du jour
un corps - un corps marche seul dans une rue dans les rues d'un village et c'est la nuit - un corps va dans la nuit jaune orange d'un éclairage public il n'y a pas d'étoiles dans le ciel c'est une nuit de pluie et corps voilà corps - seulement corps - corps va dans le noir qui mouille on dirait Brest un soir d'hiver on dirait d'autres villes d'autres rues d'autres nuits - il pleut c'est comme une bruine et le vent souffle qui fait crisser l'alentour corps là - septembre il attend quoi.
02/09/2009 Vue remontée
un soir après des guitares après des bières un soir dans une ville j'ai posé mon matelas sur l'herbe j'ai sorti un duvet j'ai dormi sous le ciel c'était plein d'étoiles au matin le soleil était chaud - le lendemain ailleurs après un vieil ami j'ai posé mon matelas sur l'herbe j'ai sorti mon duvet sous le ciel et c'était plein d'étoiles au matin le soleil était bon - le lendemain au bord d'un fleuve j'ai posé mon matelas sur le sable j'ai sorti un duvet j'ai dormi sous le ciel c'était plein d'étoiles au matin sur le fleuve la brume filait vers l'Ouest au matin il faisait bon vers six heures - ça n'a pas l'air vraiment - ça n'a pas l'air - d'un coup c'est comme avoir arpenté des centaines de kilomètres de bitume poussiéreux - et des routes improbables s'affichent enfin à travers mes cartes froissées mes cartes intimes.
01/09/2009 Vue du jour
comment ça quoi tu n'as pas le comment dire ratack ratack c'est pas que ça ne veut pas mais c'est un manque de quoi - en même temps tu dis dans quel bouquin était-ce tu ne sais plus et tu ne devrais jamais suivre ce qu'on dit dans un bouquin dans ce bouquin c'était écrit gagner des sous faire n'importe quel métier mais avoiner les biftons c'était Cassady voilà - et puis après quand on les a les biftons voilà tout etc mais tu ne sais plus tu ne sais plus rien et écrire voilà - comme la plus petite respiration intime oui et puis tu as tes chantiers intérieurs - tout le bitume qu'il te reste à bouffer.
31/08/2009 Vue remontée
Ouh luxuriance ça te revient fatigue longue – ouh le silence – Stampa Mersi Plus Diskont au Coffe Pizzeria Angola ouh longue lenteur ou bien ta gueule longue bouche vas-tu la chut – chais pas chuis là change chat chat charango oui – ça te revient un charango dans l'oreille ouh silence – limite lyrique plainte plan mou j'ai longtemps rêvé d'avancer sûr dans ce qui semble de réel ouh l'absence – chut – chut et dort dort le charango que tu as dans le ventre s'endormira bientôt – ouh suaves les cordes d'un oud allez changeons autobuska stanica ulaz za putnike combien de fois ai-je eu envie que tu sois là – sale vieille cervelle putain mal froquée défroquée gavée distance sale vieille cervelle qui n'a jamais su encaisser silencieuse ouh rance – on pourrait encore se coucher tôt tard qu'importe se coucher avec un drôle de silence amer et sécher.
27/08/2009 Vue remontée
parc national du Durmitor étonnant fou d'au réveil nul mal crâne respire profond l'air clair – de ne pas voir encore mal après tant de dingues la nuit la guitare une voix oui belle à travers feu s'évole entière chaude et les paumés s'accrochent aux lavabos – y'a toujours un paumé qui se réveille en furie un matin mal botté – y'a toujours un paumé et la guerre c'était pas si loin ça fait bing bing ou bien non bang bang comme dans une chanson encore une fois et d'une voix chaude bang bang – alors d'accord vas-y ça te revient dans un vrac le réel et pousse moi encore que même la nuit soit terminée – dans tes sommeils c'est berzingue encore tu auras les yeux tout ce que tu n'as pas dit tient là fou – on se réveille un matin avec un encore un petit goût de vers – un bout de phrase qui file dans l'oreille ça te tremble au matin le café sur le gaz le soleil sur la table en bois ça te tourne sur toi sur un matelas fin comme ton dormir limite – et tu ne dors pas et tu pourrais book of dreams tout écrire qu'un serpent traverse une cour de ferme alors qu'un léopard lui court après dites-moi docteur ça marche comment un corps ça marche comment un corps – tu dis vraiment n'importe quoi.
23/05/2009 Vue remontée
et puis tu as perdu l'essentiel – tu as perdu sans l'écrire tu voulais dire les seins bronzés d'une femme à demie nue debout sur une chaise – tu voulais dire le jaune brillant d'une trompette là tout près – et la fumée d'un méchoui rend flou l'ensemble pas seulement la bière qu'ils boivent – les bouteilles toutes et nombreuses sur les tables – au Stadium tu voulais dire les gobelets peut-être milliers tous sur l'herbe les canettes écrasées – un homme se lève qui affonne une bouteille d'eau de vie la goutte de sueur sur son front à moins que non – peut-être goutte de bière tiens tu voulais dire les trompettes en plastique – y'avait quelque chose d'insupportable comme les dizaines non centaines de bouteilles dans l'eau un barbu assis dans sa baignoire mate une télé déglinguée et l'eau lui passe tout autour – un béret militaire sur la tête au loin tu entends le son les fanfares encore à la gare routière les gitans s'engueulent et tu finis un café le marc au fond on dit à la turc – trois mecs en uniforme passent qui tiennent des matraques autour d'autres jettent de la bière en l'air – quand un gars passe qui porte des shots de rakija tu en prends un – tu mélanges tout et il s'en va file une femme passe qui porte une rose un gars croque dans son sandwichs – tu voulais dire la tente en pente et les feuilles de journal avec la merde dessus les coups de canon trois tous les matins et le sol vibre et ta carcasse avec – tu voulais dire quand il s'est couché les yeux grands ouverts et tu te réveillais sans cesse usé il te regardait les yeux grands les parasols Jelen Pivo – jaune et noir tout autour la grande scène un soir un soir dingue dingue dingue – les croix sur les torses des hommes la fumée d'une cigarette dans le bureau quatre du premier étage de la Police Station – tu voulais tout tout tout et tu sais bien ce n'est pas possible et pour ça on y croit à ton histoire elle tient comme un humain – lui il s'envoie des bières tard le soir la drogue c'est quoi le parc de la High School de Guça – le reste du parler fou quand tu précises que ça tient comme ça tu crois c'est un vrai travail de langue pfff – et que ça défalque les mots de tous les jours une grande brune passe qui remet sa culotte à travers son petit mini short jaune – des cornes de diable à la fête à la saucisse clignotent dans le noir – garde mon vieux pompe ce qui vit là un homme drapé de son blason serbe rouge bleu blanc avec dessus les armoiries.
22/08/2009 Vue du jour
un matin encore bleu bleu trés tôt tu dors dans l'herbe au frais tu causes encore de temps à autre de bitume oui pour venir ici l'a bien fallu - ou bien nu nu nu dans l'eau d'un fleuve il te semble ça s'éclaircit un peu - ce que ça peut dire - vivre.
22/08/2009 Vue remontée
tout à l'heure tu allais main street et tu avais envie de ça – tu aurais serré ta mère dans tes bras et tu lui aurais dit « je t'aime » - et tu ne fais jamais ça – tu aurais serré ton père dans tes bras tu ne fais jamais ça – mais ta gueule puisqu'ils sont là tu aurais serré les deux frangins et vivre serait facile.
19/08/2009 Vue présente
c'est comme si tu avais perdu quelque chose kesketa mon mais c'est ta langue peut-être même tu te dis ça et tu as terriblement chaud ça te bat à combien de tours dans la poitrine - et le jour d'avant tu mens et le jour d'après tu mens et la nuit tu mens ou bien c'est comme avoir atteint un point surtout pas limite puisqu'après - même après la fin ça continue encore ce qu'il te faut c'est ça ton grand bra bra brame braille brut - c'est question de blanc.
03/08/2009 Vue présente
long long long le silence là tu pourrais gueuler tellement ça se tait et tu marches avides et tu rêves raide long les silences - pendant que tout ce qui te tient gonfle non tu peux dire quelque chose comme aspire et tu vas - tu marches nu tu marches nu tu marches nu.
26/07/2009 Vue remontée
complètement nu nu nu puisque né nu – et ça tu ne l'as pas inventé – nageant sur le dos vers huit heures du matin ivre chancelant dans l'eau même froide le soleil dans le bleu là-haut comment dire – bien – intensément bien ivre nu dans l'eau froide quand une des voûtes du pont du Gard passe au dessus – ça n'existe pas les mots et ce n'est pas grave pour la première fois tu te dis ce n'est pas grave tu n'as pas les mots et ça ne se dit pas ce que ça fait – être complétement nu et ivre dans l'eau – sous le pont du Gard – un matin vers huit heures.
26/07/2009 Vue remontée
c'était quand c'était une nuit et folle et des baffles y'avait quelque chose comme un nerf dans ton corps et d'autres aussi – il avait dit un jour il avait dit ça et tu l'avais cru il avait dit c'est peut-être seulement ça c'est peut-être seulement qu'on s'avoue pas assez qu'on s'aime oui c'est peut-être ça – et cette nuit là quand une basse un batterie un clavier quelque chose de rock ça vous agitait ça vous tremblait tu lui avais sauté dessus et c'était bon – vous vous étiez serrés comme on se sert plein d'amour et puis le silence ça te reste – quoi – qu'est-ce que ça dit – qu'est-ce que ça trace – quoi quoi quoi – un marteau-piqueur pour ton bitume intérieur ou bien un souffle tranquille et quelques poussières retombent au loin.
17/07/2009 Vue remontée
c'est une photo noir et blanc et le tirage vraiment mauvais ça laisse comme un gris de nuage dans l'ensemble une jeune femme et robe - je sais qu'elle est jaune - monte un champ c'est pareil - je sais qu'il est vert - et la nuit tombe sur la montée du campement lors que la nuit vient sous l'auvent avec les quelques bouts de ce qu'on mange parler tard ne change plus rien à ce que vivre te laisse de réalité.
17/07/2009 Vue du jour
la route bien droite et chaud dans la carlingue ce que tu aimes c'est le pied droit à fond ridicule et puis filer le bleu si c'est le ciel ou bien le bitume c'est la même mon vieux - la vitre grande ouverte et le bras dans le souffle ça te vient le poème d'être transpirant idiot devant un compte-tours l'addition des kilomètres crissement de pneu comme dans une course poursuite à l'américaine - le soir d'autres reviennent avec des larmes et des cheveux longs bruns tu peux dire brune mon vieux et mouillés les cheveux c'était une autre nuit.
13/07/2009 Vue remontée
ça nous est tous là on se voit on est là aussi comme lui et la nuit elle te souffle quelque chose comme du nerf et tu mangerais une route - ou bien tu t'allonges dans l'herbe dans un fossé tu te roules sur le bitume aussi dans la boue sèche tu dis quoi tu es là les pronoms ils n'ont plus rien à dire quand on raconte ce que tous on tremble - toi aussi tu as marché seul la nuit sur une route et tard toi aussi tu as couru dans une plaine dans une vallée tu as couru dans le noir il était là tu l'entendais gueuler avec la gorge en grand - toi aussi tu es passé sur des ponts tu as regardé l'eau couler tu as pleuré discrètement quand tu l'as vu faire tu as pleuré en silence - t'as voulu avaler les bornes et tracer des plaines tu es resté tremblant sur un canapé on veut être seul absolument seul on a le corps moins raide d'une main là pour dire l'essentiel - dans ce qu'il te reste d'énergie tu tiens à côté de ceux qui chutent - après on aura d'autres sentiers nocturnes.
01/07/2009 Vue présente
que ça va exploser parce qu'à tenir comme ça dans l'entre-deux non ça ne va pas tenir comme ça et puis chaud jusque dans le souffle chaud - tu veux parler parler parler faut que ça oui faut que ça et allez tous hein allez tous vous si ça vous quoi - non non non ta gueule mon pauvre vieux tu ne sais rien surtout pas non surtout pas vers quel monde tu cours et ça se terminera dans une rouge sang jaune orange éclaté sur les corps chut chut là mon petit - calme - rendors-toi.
29/06/2009 Vue présente
diffraction dans le corps et la langue aussi que tu éclates dans le blue blue blues chaud des jours - un matin tu te lèves et tu es bûcheron un soir tu te couches et tu es ivrogne un autre matin tu pleures en lisant des poèmes un soir tu cours seul dans une rue tu cours seul et tu brailles infini tu sers une femme dans tes bras - une nuit tu ne dors pas tu ne peux pas dormir un matin tu tombes épuisé raide sur un fauteuil de cuir rappé dis-moi dis-moi où tu vis mon pauvre vieux tu n'existes pas souvent - et tu te perds en mille vies le reste du temps.
25/06/2009 Vue du jour
là dans le soir on a parlé au près du fleuve puisqu'on y revient toujours - au fleuve - tu n'as jamais écrit ce poème tu voulais écrire - on ne veut pas écrire un poème bien sûr un poème il vient comme ça dans un souffle un quelque chose d'énergie d'émotion ça ne se veut pas - et tu dis n'importe quoi - et tu perds tout le monde tu voulais écrire un poème sur le fleuve un autre fleuve et tu as nagé dedans - et tu rentres dans ta bagnole tu roules tranquille tu connais par cœur chaque virage tu roules doucement la fenêtre ouverte et le ciel - de temps à autre le ciel entier s'allume blanc d'un orage au loin et tu rentres chez toi après la discussion tu penses toujours à ce que tu voulais lui dire tu aurais bien ajouté ça et puis d'autres - et puis tu aurais bien entendu la guitare oui et puis on aurait joué tous les deux l'un avec sa guitare l'autre avec ses mots on s'est dit ça on fera ça un jour le coteau entier s'éclaire d'un coup il ne pleut pas - tu traines ta fatigue léger d'avoir parlé ainsi et le bitume tu ne les vois pas les graviers tu penses plus loin et tu as quelque chose comme de l'amour là - au stop tu éteins le moteur et tu écoute l'orage au loin - tu attends encore un peu - tu sens des portes s'ouvrir en toi - et tu démarres à nouveau.
20/06/2009 Vue présente
dans les baffles une voix elle dit un accident de personne le train est arrêté pour une durée de – la dernière fois c'était sur un Paris Nantes ça avait duré une heure quarante-cinq on enlève pas si vite les morceaux – parce qu'ils disent jamais suicide elle dit pas ce genre de mot la voix dans les baffles et tu attends sur la voie – alors que ce trajet ça devait être court là-bas même pas vingt-quatre heure en fait à revoir les lieux quand c'était le début du bitumebitume quand la vie ça t'avait bousculé basculé – ça te revient Vénissieux le métro les grandes tours là-bas la Saône le Rhône les deux fleuves côte à côte et les morceaux de ta carcasse que tu as laissés là-bas – accident de personne avant de revoir la Part-Dieu de marcher long sur les boulevards ça va te faire un de ces – accident de personne et des wagons boxcars wagons à bestiaux comme trois fois boxcars dans le plus beaux des poèmes d'Allen Ginsberg – ceux-là ne semblent pas avoir bougés de longtemps derrière un entrepôt avec ces toits séries de triangles – trois cheminées jaunes assez fines lâchent un mince filet de fumée – accident de personne sur la voie tu pourrais cracher ou bien même rire – ça ne changerait rien.
20/06/2009 Vue présente
toute la difficulté c'est sortir ce qui doit être sorti mais ça ne vient pas toujours pas toujours bien – prendre des drogues aller fou dans dans cette façon d'expulser un réel – un glaviot dans les tripes – oui pourquoi pas surtout continuer chaque jour à parler ainsi ça viendra ça viendra il arrive qu'elles surgissent.
15/06/2009 Vue du jour
les espaces ils sont aussi comme des boîtes des mondes où tu vivrais dedans la salle entre les tours souvent il y fait chaud et même si déjà c'est un peu un voyage ici - tu filerais bien loin loin loin seulement parce que le béton encore que tu sais bien - à peu de choses près pareil ailleurs sinon que dans leurs sourires au moins il y a ce qu'on peut dire comme de l'air - et tu voudrais souffler une jolie musique avec ta bouche avec ta langue.
11/06/2009 Vue présente
comment ça fait comment ça fonctionne un jour un instant plutôt on a la langue ad hoc tout à fait on va où on veut on va où on veut - et le lendemain dans une masse de fatigue on est comme aphone là devant ce qui a lieu.
08/06/2009 Vue présente
deux photos tu as vu deux photos et c'est comme un coup de pelle sur la gueule.
07/06/2009 Vue remontée
ça pourrait être la fin d'un film une bande originale ou bien un roman fou fou fou et les pages filent l'une après l'autre oui oui et dans les oreilles - tu as un guitare ou bien non - un saxophone tiens et il rejoue sans cesse la même mélodie mélancolique et tu regardes l'horizon le soleil est sur sa fin de course - toi aussi tu es là dans quelque chose de fatigue et tu repasses en boucle tout ce que tu viens de voir - tu tires sur un clope assez tranquillement et tu es bien - terriblement bien - étonnement bien - ici - maintenant.
06/06/2009 Vue remontée
je zone zarma zinzin de là-haut de là-bas ou ici l'histoire c'est toujours la même mon coco seul solide of course - dans les grandes plaines arides et vivre mon coco vivre tu zones entre les tours entre les fusils mitrailleurs zone chaude il disait chante ça te revient en tête ça te zone zombie là-haut dans ta cervelle ze suis fatigué avec une sorte d'accent germain mal imité - al Mezzeh ze suis perdu et je me couche épuisé sur un banc public avec le sourire de cuikébien paskilacho.
06/06/2009 Vue présente
j'accumule accule et le cul bordé de quoi j'avance à peine dans le fog total quel bordel de vivre non mais de cette manière j'avons j'ai j'étais raconter des histoires tu sais faire - mais quand il s'agit grande gueule d'arpenter le bitume ah quoi je ne t'ai pas vu depuis longtemps moi je ne me suis pas croisé depuis longtemps et j'achoppe comme une vieille carcasse usée dans un champs un ravin - raide ma poule d'accent mal sonné le bitume crie ce cri et toi tu brailles silencieux gesticule.
06/06/2009 Vue présente
quand le bitume lui même quasi absent ou bien rouge le bitume ça peut être rouge et s'agace ta vieille carcasse de trop tourner en dingue - on a nos peurs quotidiennes on les chasse à coup de gasoil à coup de compresseur turbo diesel tu dis vraiment n'importe quoi tu ferais mieux de quoi tu ferais mieux de quoi justement tient - à quoi ça sert tu as encore ces mots à lui ça résonne dans l'oreille on ne peut pas vivre dans un monde aussi sûr.
03/06/2009 Vue présente
tout le jour dans son entier suffit à peine pour que l'essentiel vienne - ce qui doit être dit ça doit c'est comme ça dans son entier de souffle - un tube à souffler ton corps et ta langue mon gars et si ça doit passer ça s'engouffre là ça s'engouffre ça souffle ça souffle et ton corps - il doit bien laisser une ou deux portes une fenêtre ouverte quelque chose - sinon quoi.
02/06/2009 Vue remontée
soleil jaune jaune sur le bleu le bitume et le rouge sang des écorchés c'est de l'air sur les herbes sèches - un oud une guitare ça suffit pour donner un quelque chose de vent frais encore que - ça te remonte comme une brassée de battements et flou flou l'horizon.
02/06/2009 Vue présente
dans les ombres elles s'étirent le soir et c'est toi - tout entier tu appelles et ça tient à quoi - les centaines de kilomètres de bitume et les messages binaires - au creux du jour s'aperçevoir des retards.
29/05/2009 Vue remontée
considère ton corps comme une vulgaire machine il dit et encore dans les oreilles la poitrine aussi les basses énormes d'un vieux rock - une vulgaire machine oui pourquoi pas et on la pousserait les matins les nuits on la pousserait jusqu'à la rupture pour mieux en connaitre les bords oui - et le matin l'impossible.
27/05/2009 Vue présente
au ciel et dans un rêve complétement rock - ta gueule ta gueule ta gueule tu vas la fermer ta gueule dis-moi ta langue ta langue c'est un fleuve - et on peut s'y jeter dans ta langue on peut s'y baigner dis-moi on peut s'y baigner oui ou non ou jamais ou dans un ciel - et blanche blanche elles s'envolent et ta langue tu l'avales tu t'étouffes et tu te couches te couches - et te lèves quand.
25/05/2009 Vue du jour
bas et lourd comme un couvercle les mêmes mots plus d'un siècle après rien ne change sinon que le bitume s'étale et taille taille sa route - comme ta carcasse pleine de son énergie - on peut dire rock un instant seulement ça ne dure jamais bien longtemps roc - et rauque le crissement des pneus sur le bitume au matin - au lundi matin - et roule vers tes tours et ton monde en béton on doit bien pouvoir respirer un petit peu non - à moins que - peut-être oui qu'ils nous mentent à jamais qu'elle nous ment la vie qu'elle nous ment - bitume bitume.
20/05/2009 Vue remontée
la vitre ouverte et la nuit sur le bitume - les feux rouges d'un semi-remorque quatre dans la nuit tu files files à 2500 tours minute le pied droit va sûr et l'air s'engouffre dans l'habitacle - les baffles poussent un souffle jazzy et tu tires sur un clope mal roulé t'as dans la tête - des autoroutes pour les néants - t'as pris des routes des pistes des chemins usés - t'as roulé là-bas dans la poussière dans la boue t'as roulé - et dans la voiture - un souffle chaud s'engouffre mai - mois de mai - larmes.
18/05/2009 Vue remontée
un jour dans le téléphone il dit il faut que tu viennes il faut que tu viennes - chaipaskejvaifairelàjvaimejetédupon - je n'avais jamais conduit aussi vite - après on a parlé sur le bitume dans la carlingue on a parlé.
17/05/2009 Vue présente
le soleil sur la vitre ça chauffe l'ensemble et ton corps avec lentement après le tourbillon le grand vent c'est comme - reprendre ses esprits et sentir - ça monte.
15/05/2009 Vue présente
au delà des bords entre l'horizon entre tes pieds ta poussière là levée on est là une chaire dans le vent - on court on court un corps on court une chaire ça dit pas mal une chaire et toute pleine de ses tripes trop tracée les tripes - transbitume transautobahn ta chaire est là perdue 2.0 et toutes directions pour la voiture du peuple les cadillacs dust generation.
15/05/2009 Vue présente
au bout keskilya à la source tu sais tout au bout à la fin du voyage au début au meilleur de respirer t'as les circuits tous en feu - file file vieille tire affonne cette nationale qu'on en fasse du bruit - longue suite de pointillés blancs longue attente dans la caisse longue longue nationale et ton cheval c'est de l'acier pour les héros télévisés - sirènes au loin crissements de pneus course-poursuite au loin braille braille et cague zap - keskilya - keskilya tout au bout tout au bout tu rêves rêves un bruit un caillou un caillou tout au bout - après tu le mets dans ta poche et souffler continue.
14/05/2009 Vue du jour
le ciel s'écarte non les nuages et puis laissent entrevoir c'est comme de l'air de l'air voilà - et ton corps est quasi zone rouge vers les 5000 tours minutes il arrive comme un à-boute ou t'achoppes euh tombes grave comme une pierre ton corps - dans la zone rouge ta zone chaude il chantait tu ne chantes jamais ton corps ne chante pas tu gueules gueules cries - le ciel il s'écarte et tu restes braillard acculé sur les quais vides d'une usine en ruine.
13/05/2009 Vue remontée
ton corps est là qui marche dans un gris de dimanche matin – épuisé déjanté aussi ton corps et tes jambes elles te cherchent encore quand tu grattes le bitume d'un coup de jean – ton corps est là qui marche et se vide tripes toutes – à la fin – folles – et toi aussi tu es tripes transi.
12/05/2009 Vue présente
la nuit tu marches tu cours encore tu arpentes tes vieilles plaines et le vent il souffle les brindilles et la poussière se lève - la nuit tu marches tu cours encore épuisé dans les tunnels de tes existences expire inspire dans un noir et l'orage ça te secoue à peine - la nuit tu marches tu cours encore comme un chien errant le béton c'est ta planète et tu l'achève des bâtons de dynamite plein les poches.
11/05/2009 Vue remontée
ça revient la nuit tu es là fantôme ou quoi une pierre un caillou et tu vas tu marches ça te pousse la vie - tu es là dans un couloir de métro il est tôt c'est le matin non ce n'est pas toi le caillou la pierre c'est là plutôt - dans ta main peut-être où bien là le ventre poitrine aussi peut-être et ça souffle - les couloirs de métro c'est plein de courant d'air ça revient la nuit ce genre de courant d'air et tu es seul absolu dingue - seul avec ton caillou.
11/05/2009 Vue remontée
c'est nuit là dans ton corps à corps toujours et bière t'en dis quoi pauvre corps et puis la machine tu l'as en rouge sang - carcasse poussée à toute et t'embraye encore tôt le matin quand on ouvre les portes de ta vieille gueule - il fait jour en dedans et tu marches tu roules grinces immonde d'avoir trop dit - aussi de ne pouvoir entendre tu ne sais pas et ça reste ça colle cale en toi tout un monde étrange.
08/05/2009 Vue présente
j'en suis pas revenu non - c'est une langue lande là longue et quoi - rugueuse ou raide on n'est pas encore revenu c'est étrange et alerte rouge - ta carcasse est encore là-bas errante aux carrefours des villes et chienne.
06/05/2009 Vue présente
on était là sous la grande voûte on est là sous le grand bleu céleste et on connait on a tout l'art du gris on a tout l'art du noir et de l'orange – on a tout l'art des particules innombrables petits pas tous un à un on a tout l'art – des moteurs diesels des cylindres à essence des accélérations des corps qu'on affone dans les plaines immenses et le souffle le souffle – dust generation ça tient à vivre.
06/05/2009 Vue du jour
jamais allé jusque là veux dire plus loin – un futur un autre réel et avec dedans des mots plein les mots là beaucoup jusqu'à la limite langue – et puis repasser outre passer dans un affolement d'accélérateur qu'on pousse à trop – chaude limite et puis la goutte elle sort de l'alambic brille au soleil – tu mélanges tout tu dis n'importe quoi.
06/05/2009 Vue présente
eux ils sont là ils vont vides et frais dans le monde à travers leurs tours de béton leurs rues c'est du bitume et la place du village - un centre commercial on veut bien tout puisque demain feu vert - le soleil à nouveau et ta carlingue une paroi blanche et sèche ils vont là je leur ai dit Basquiat s'imaginent pas j'ai un gros Samo tagué sur mes ruines intimes c'est du béton armé.
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