17/03/2010 Vue remontée

le cul dans l'herbe et encore suant à tirer sur un clope - la pleine côte dans les jambes qu'on a raides un peu - le lac en bas gros comme rien et ta tête tourne tangue trace à l'abri l'orage en pleine gueule - comme on a tremblé - comme on a ri.

12/03/2010 Vue remontée

qui tous fantômes alors donc au volant des carlingues qu'ils nous filent lointains - carina stop et ne se diront plus rien - alors ils tirent sur leurs clopes en silence.

12/03/2010 Vue remontée

qui là devant le Meded le Meded ont tous marché - épuisés matent affonés ivres des montagnes à côté le feu encore feu les ardents - ce qu'ils ont vu là-haut les corps chauds rappelle toi assis sur le col - la tempête.

02/03/2010 Vue présente

les mots faut faire gaffe

à lire dans le dernier numéro de la revue Chos'e

08/02/2010 Vue remontée

Qui matin allongés usés les trompettes toute une nuit et dans le jour déjà levé – trois coups de canon la terre tremble les corps avec trois coups de canon puis les trompettes – qui les yeux demi-ouverts n'y croient plus pas trois coups de canon jelen pivo.

(travail en cours pour la revue chos'e)

30/01/2010 Vue remontée

après Slavonski Brod et la rouille et le pont de Sava les panneaux publicitaires dessus c'est a demi déchiré – les vélos sur le bitume les cuves à pétrole la raffinerie la rouille encore et les cheminés vers le ciel – shop win go les pubs et les baraques à travers les arbres – de la brique et du ciment parfois noirs là où le feu – des dalles de béton des impacts de balles aujourd'hui tout est là – un vieillard marche sur le bord de la route son costume marron son chapeau – qu'est-ce que ça te dit d'aller comme ça à travers d'autres mondes qui ont vibré fous – quelles histoires te racontes-tu quelles vérités là pour te faire aller plus loin dans ce que tu as de routes impraticables.

02/01/2010 Vue remontée

tu ne comprend rien tu ne veux pas entendre - tu as roulé 1500 kilomètres tu as dormi sur des sièges de bagnole tu entends la pluie sur la pergola - l'eau en dessous c'est une terrasse et les bières sont là toutes vides - tu as rempli ton carnet de notes et le ciel est gris - là tu t'es souvent dit tu te rappelles on pourrait l'appeler Neal mais c'est faux depuis le début tu sais bien que c'est faux - et toi tu n'es pas - alors vous parlez vous parlez sans rien entendre sinon la pluie sinon le torrent en dessous - un journal radio en slovène - ce que vous dîtes là les mots c'est quelque chose de l'amour - pourtant quoi l'a bute entier ce qu'on se dit là - et tu sors dingue dans la rue les pavés sous tes pieds.

09/12/2009 Vue remontée


08/12/2009 Vue du jour

celle que tous les jours avec les toutes bagnoles et parfois gyrophares les prix affichés tu pourrais noter chaque jour on verrait ça donne quoi - en grand au dessus quelque chose comme une marque dans d'autres pays c'est beaucoup plus clair exemple - rompetrol - celle où tu t'arrêtes route vers Prague les bagnoles vertes blanches la douane les chiottes néons blancs pas dormi depuis quand - une autre pas loin non plus celle-ci tu t'en souviens parce que le capot ouvert sur une photo noir et blanc le café fumant sur le toit un ou deux écrous rouillés sur le bitume - d'autres et ça te rendrait fou tu passerais une journée entière à te redire toutes les stations de tes routes tu ferais une longue suite de textes et tu dirais chaque station essence et tu écrirais l'histoire fabuleuse des routes immenses -

dans les montagnes à l'Est de Sarajevo sous la pluie tu arrêtes le van blanc la boue tout autour sur la carrosserie un homme sort qui pose le pistolet dans le réservoir et le vent souffle la pluie sur ta gueule usée - tu entends au loin un camion s'éloigner c'est assez lent faut pas s'imaginer non plus et puis alentour les herbes sèches quelques baraques la porte elle déclenche une sonnette une carte de crédit dans le sabot crac crac - deux fois tu démarres et roule - était-ce la même année tu ne sais pas tu ne sais rien tu sais seulement les terres entières que tu as parcourues les plaines jamais sans le gasoil de nos vies - alors fait pas chier à la fin merde et que ça avance la carlingue la route est bleue noire elle fume encore fraîche étalée le pistolet coule sur le bitume - tes pieds dans une flaque mon amour est un diesel sans nom - la poignée de biftons qu'il laisse au patron dans sa cotte rouge essaye un peu voir rouge cotte -

c'est une autre en Espagne un jour de pluie c'est le mois d'aout - tu remontes plein Nord et tu ne sais rien - le bus roule depuis Tanger file vers Amsterdam - tu descends sous la pluie tu paies un sandwich une bière - des gars prient qui s'agenouillent sous l'auvent - les bagnoles filent autour tu mets deux pièces dans un distributeur de cigarettes - tu as froid - tu as froid en Pologne station Oswicem tu paies le plein de gasoil et tu as froid - il pleut toutes les pluies combien de pluies sous des préaux néons blancs - les moteurs chauds l'essence les haut-parleurs des tubes épuisés - souvent le son des bagnoles elles croisent à côté -

ou encore des camions immenses sur un cliché c'est une photo numérique le pays imagine c'est la Jordanie les chiens aboient la caravane passe - et c'est pareil à l'intérieur et c'est pareil tu es assis sur les marches d'un chiotte le soleil derrière - ça s'éclate rouge orange et mange ton soda mon vieux - ce que tu n'as pas avalé depuis le matin les 45 degrés ça va non trois grands coups de klaxon et la semi-remorque s'amoncelle entière en tes mondes - au pied du pistolet à gasoil les gouttes un homme éteint sa clope sur le bitume souillé -

et sales toutes les aires d'autoroutes un jour tu te lèves tu prends ta voiture tu files seul vers le Nord tu roules tu roules tu assèches les nationales - tu t'imagines d'autres routes d'autres voitures d'autres époques et pourtant tu es là bien là à la station essence autoroute plein Nord plus haut Lille - des hommes ont sorti leurs tapis qui prient sur le bitume les papiers tous poussés par le vent gris l'appareil photo sur le tableau de bord tu déclenches - et la mise au point calée sur l'infini -

jusque la capitale - la capitale là-bas la route elle te pousse poussière alentours tu entends ils hurlent les chiens errants - deux néons blancs sous le préau et derrière le grillage ils aboient baves aussi sur le béton des tubes dans les baffles - quelques canettes de bières vides - jusque la capitale les chiens maigres sous leurs poils ras maigres les lampadaires autour -

blanche la lumière au carrefour proche l'Arena deux larges boulevards se croisent pendant qu'une station dort dans le noir - un chien traverse qui court droit - un autre est là qui contre une pile de pneus hurle dingue -

oui - et ça ne s'arrêterait plus nous aussi on hurlerait dingues sans cesse on braillerait - on braillerait - on braillerait tant imagine un peu et ça serait le temps de l'appuiement sur l'accélérateur - et on roulerait - on roulerait sans fin jusqu'à la prochaine station on filerait - on filerait dans la nuit on pousserait jusqu'à ce que les réservoirs s'affonnent hurlent tous comme nous les chiens -

devant la station essence à Tulcéa quand tu arrives depuis Constanta - une BMW bleue immatriculée DIP attend - suivez-là -

celle qu'à la frontière remontant le Monténégro tu t'arrêtes parce qu'il vomit ses tripes entières dans un sac plastique noir et la fatigue d'avoir épuisé nos corps tous raides - les planches en bois blanc sur les vitres les portes toutes condamnées les coups de klaxons autour -

les coups de klaxon dans la nuit au bord d'une route.





24/11/2009 Vue remontée


imagine je sais pas on prendrait une voiture une voiture par exemple un bon gros diesel pour pas trop consommer non plus – et puis on filerait on partirait angers on prendrait l'autoroute paris direction paris t'arrive le ciel néons tu vois pas les étoiles tu roules – tu roules sur l'autoroute tu n'arrêtes pas le pied droit c'est le temps voilà le temps de l'appuiement sur l'accélérateur on y va on file on roule on roule tu continues plus à l'Est là direction Strasbourg – à Strasbourg faut couper un peu avant tu remontes en longeant la frontière tu passes le fleuve y'a plein de bagnoles c'est la route pour là-bas c'est ça tu connais cette route là – je sais pas moi je l'ai déjà faite plusieurs fois c'est la route pour l'Est pour l'Europe on file toujours par là plus au Nord parce que sinon l'autoroute faut payer à partir de l'Allemagne tu payes pas en Autriche y'a la vignette en Slovénie aussi mais si tu payes pas ça passe c'est pas comme ici alors tu vois tu passes une enseigne frontière y'a peut-être une ou deux bagnoles des douaniers là encore je sais pas – puis tu continues après tu suis München tu connais München t'étais où toi en Allemagne – ouais pas München les autoroutes en Allemagne ça file tu peux y'aller ça roule les grosses berlines elles te doublent à toute tu regardes ton compteur t'es déjà à 150 160 peut-être et puis parfois moins et ça continue après l'Autriche c'est que des tunnels – et certains vachement long genre 7 ou 8 kilomètres – l'effet que ça fait un tunnel déjà – noir noir noir jaunes les lampes toutes les unes après les autres et tu fonces plus au Sud maintenant direction la Slovénie les montagnes rappelle-toi les montagnes de l'Autriche le ciel gris un couvercle la frontière là aussi – et la route large c'est comme filer dans une vallée immense tu roules tu roules il fait nuit est-ce qu'on s'arrête on pourrait bien faire une pause on devrait allez allez on continue plein Est – droit devant l'horizon flou et alentour le maïs des champs de maïs à perte de vue du maïs nous on est là – dans la bagnole poussières tu vois c'est ça dust – dust generation – tout droit c'est la Croatie c'est écrit Zagreb c'est écrit Belgrade tout droit tu files files on pourrait couper tiens si on coupait on bifurque à Slavonski Brod – on descend plein sud Sarajevo les routes défoncées de Bosnie les vieux camtards les Yugos les panneaux publicitaires Zenica la ferraille et la rouille et Sarajevo on ne s'arrête jamais on file on file je veux voir le Kosovo maintenant qu'est-ce qu'elle a fait l'Europe ici hein – qu'est-ce que c'est l'Europe les immeubles éventrés tu les vois bien hein les immeubles les trous de balles tout partout tout sur les murs tu vois les baraques abandonnées crevées les toits brûlés ah c'est beau l'Europe dis-moi c'est beau – et qu'on file encore à Sarajevo plein Est direction vers la Serbie les montagnes le fleuve qu'on suit pendant des bornes – les caillous qu'on évite sur le bitume les frontières et les coups de tampon sur les passeports faut pas faire chier que ça roule je n'ai jamais non je n'ai jamais été plus loin je n'ai jamais vu le Kosovo jamais.

09/11/2009 Vue remontée

trompe la mort et puis quoi ça devient quoi vivre – au son d'une trompette imagine un peu c'est un stade de foot et but à tous les coins de bar – barbare leur langue à tous ici qui crient torse au soleil quand trois coups de canon cognent la montagne on n'y croit à peine being being – et la fumée s'échappe blanche dans le grand ciel bleu au son d'une trompette imagine un peu levée – et sa bouche y dessus et ses mains les joues gonflent soufflent l'air chaud d'un thorax un peu plus à l'Est encore – et claquent tous ensemble les mains levés being being les coups de canon résonnent encore et viennent tremblent tes pieds comme un mur de son les bières filent fusent dans l'air aussi – rakija rakija rakija boum boum boum babylone baby boum – boum boum boum babylone baby boum et j'entends encore on dirait on dirait une vision un cri d'ensemble tous ils disent chargez – et on attaque raque défroque toutes nos crasses immondes à coup de trompe la mort ça ne dure que quelques instants.

11/09/2009 Vue remontée

à Skofja Loka tu traverses le village à Skofka Loka tu arrives au bord de l'eau et tu ne sauras jamais – pourquoi on dit qu'après vingt heures de route tu as encore de quoi tenir et parler – qu'après le bitume à se saouler ainsi c'est comme tenir à la poursuite de quelques choses comme une vision – tu files dans un troquet et tu entends c'est comme une brisure non mieux – un roc un son de rauque qui vient là comme coup de poing dans ta – gueule sûr qu'à demi calfaté on ne dégrippe pas si facilement ce qui a rouillé – quand on s'attrapera à nouveau dis-moi quand on collera nos lignes de flottaisons dis-moi – est-ce qu'ils couleront nos mondes est-ce qu'ils couleront les mots – et moi j'ai vu la rouille à Skofja Loka j'ai vu la rouille sur nos parois.

07/09/2009 Vue remontée

quelle est cette route et à quoi bon à quoi bon savoir son nom est-ce que ça te met mieux savoir comment elle s'appelle cette langue de bitume - au dessus de Kotor sur les murets sur les parapets chaque virage porte son numéro - peinture rouge le plus souvent à la bombe et ce n'est pas pour ça - encore que s'il n'y avait pas les numéros de chaque virage peints à la bombe en rouge sur les parapets - te souviendrais-tu de Kotor de la baie de Kotor du soleil sur la mer et de la route coulant cool vers une barge - quelques euros et tu files vers Bijela dans les virages de cette route plongeant sur Kotor les pneus de la voiture crissaient durs - tu as voulu dire la pluie il ne pleuvait pas - ce jour-là.


comment ça s'écrit (cliquer sur le bouton lecture)

07/09/2009 Vue remontée

un homme arrive qui semble comme un fantôme un corps aussi dans son réel à lui va va va fatigué de pluie trempé les cheveux - un homme arrive dans les montagnes du Monténégro il est là épuisé ivre tout à fait ne se souvient de quoi BGD style il dit de plus en plus dans son n'importe quoi d'existence - qu'il enseigne l'art de dessiner qu'il enseigne ici et qu'il n'ira jamais à BGD il n'ira jamais à BGD s'il va à BGD couic il dit - il se fera tuer on l'attends là-bas il dit un homme arrive qui semble comme un fantôme déjà.

05/09/2009 Vue remontée

le soleil donne dur sur la côte tu remontes plein Nord depuis Kotor tu files files sur le bitume et tous dorment dans la carlingue - tu te surprends tu parles seul tu dis deux ou trois mots ça vit comme ça un corps avec un volant dans les mains tu as chaud - tu transpires tellement tu as le dos trempé le siège s'imprègne de sueur ça sent fort - la clope la sueur quelques fruits trop faits à l'arrière des fringues mal lavées - tu remontes plein Nord depuis Kotor tu files files sur le bitume et tu avales les bornes tu traverses un pays entier ton pied droit est à plat sur le plancher ça peut durer des heures ainsi ça peut durer des heures ainsi.

01/09/2009 Vue du jour

comment ça quoi tu n'as pas le comment dire ratack ratack c'est pas que ça ne veut pas mais c'est un manque de quoi - en même temps tu dis dans quel bouquin était-ce tu ne sais plus et tu ne devrais jamais suivre ce qu'on dit dans un bouquin dans ce bouquin c'était écrit gagner des sous faire n'importe quel métier mais avoiner les biftons c'était Cassady voilà - et puis après quand on les a les biftons voilà tout etc mais tu ne sais plus tu ne sais plus rien et écrire voilà - comme la plus petite respiration intime oui et puis tu as tes chantiers intérieurs - tout le bitume qu'il te reste à bouffer.

31/08/2009 Vue remontée

Ouh luxuriance ça te revient fatigue longue – ouh le silence – Stampa Mersi Plus Diskont au Coffe Pizzeria Angola ouh longue lenteur ou bien ta gueule longue bouche vas-tu la chut – chais pas chuis là change chat chat charango oui – ça te revient un charango dans l'oreille ouh silence – limite lyrique plainte plan mou j'ai longtemps rêvé d'avancer sûr dans ce qui semble de réel ouh l'absence – chut – chut et dort dort le charango que tu as dans le ventre s'endormira bientôt – ouh suaves les cordes d'un oud allez changeons autobuska stanica ulaz za putnike combien de fois ai-je eu envie que tu sois là – sale vieille cervelle putain mal froquée défroquée gavée distance sale vieille cervelle qui n'a jamais su encaisser silencieuse ouh rance – on pourrait encore se coucher tôt tard qu'importe se coucher avec un drôle de silence amer et sécher.

31/08/2009 Vue remontée

un long et large plateau – celui que tu voyais du haut là-haut sur le Meded – les champs tous en longueurs parqués de barrières en bois le barbelé – temps à autre les vaches entre les tombes une vieille femme passe qui tient un seau qui tient un enfant elle a un foulard bleu – le ciel bleu blanc on a souvent besoin du ciel pour mieux dire l'ensemble – dans ce village une très petite église son toit rouge – les poteaux électriques alentour quadrillent.

27/08/2009 Vue remontée

parc national du Durmitor étonnant fou d'au réveil nul mal crâne respire profond l'air clair – de ne pas voir encore mal après tant de dingues la nuit la guitare une voix oui belle à travers feu s'évole entière chaude et les paumés s'accrochent aux lavabos – y'a toujours un paumé qui se réveille en furie un matin mal botté – y'a toujours un paumé et la guerre c'était pas si loin ça fait bing bing ou bien non bang bang comme dans une chanson encore une fois et d'une voix chaude bang bang – alors d'accord vas-y ça te revient dans un vrac le réel et pousse moi encore que même la nuit soit terminée – dans tes sommeils c'est berzingue encore tu auras les yeux tout ce que tu n'as pas dit tient là fou – on se réveille un matin avec un encore un petit goût de vers – un bout de phrase qui file dans l'oreille ça te tremble au matin le café sur le gaz le soleil sur la table en bois ça te tourne sur toi sur un matelas fin comme ton dormir limite – et tu ne dors pas et tu pourrais book of dreams tout écrire qu'un serpent traverse une cour de ferme alors qu'un léopard lui court après dites-moi docteur ça marche comment un corps ça marche comment un corps – tu dis vraiment n'importe quoi.

26/05/2009 Vue remontée

La route du Monténegro vers l'Ouest – as-tu déjà écrit ça rouler vers l'Ouest – même plus la peine Kerouac si tes rêves ils se sont poussés de là vers ailleurs – et toute la route à affonner dingue avant d'y comprendre quoi pas l'essentiel – les virages à l'entrée du Durmitor et crissement les pneus vont chauds sur le bitume dans un calme d'alentour – filent doux à travers les champs à bêtes les baraques toutes en travaux sans fin un Volskwagen garée devant le mur en bois un vieux camion chargé de quoi fume noir dans les virelots sur le pont les touristes et ça ne s'arrête pas – tu parles de moins en moins de l'humain pas sûr toi tu parles de toi toi toi après tout – comment ça se rassure un homme un homme qui va un corps ça va – un corps ça souffle dans les rues de Guça transpire à goutte goutte goutte – et la gueule même sèche la gueule dans une tente à Guça un matin chaud – pendant qu'à côét il dingue ne dors toujours pas et un corps ça goutte idem autour d'un lac dans les montagnes Crna Gora comment ça se dit Crna Gora un trajet d'homme dans une autre langue d'autres mondes – un corps comme un long poème que tu as déjà posé c'est comme un caillou – et on donnerait des coups dedans des coups de pied un corps fâché fou flex incapable il va le corps silencieux parfois dans une poussée de tous les jours – et tu ne veux plus dire ça – et tu ne peux pas dire ça – et tu pousses plus tard une nuit à Guça et les corps se tremblent serrés collés de sueur – un autre jour une autre nuit une autre femme tourne tes yeux fatigués vifs et ça se dit comme un trajet.

23/05/2009 Vue remontée

un morceau de PQ brûle dans la montagne quelques chose comme un désert – d'arbres partout avec de temps à autre une Volskwagen passant monts calamés d'hebre verte aussi – la route comme du bitume usé troué blanc gris plus que bleu noir avec un envol d'oiseaux tous s'élèvent quand la voiture file – pourquoi ça te tremble d'aller comme ça vers ce qui ne se sait pas – t'as les yeux toujours en allant dans les Balkans tu roules roules et ça te fuit la vie à s'en mettre plein la gueule le plus avide – les vaches les meules de foin les bornes qu'il faut parcourir entre deux maisons quelque chose comme un village avec un grand bâti au centre brûlé sur une facade rouillées le fenêtres la plupart sans carreaux dans celle-ci tu aperçois un néon – une Golf rouge passe à fond de cinq qui coupe à la corde le virage t'arrive en pleine face – que ça continue.

23/05/2009 Vue remontée

et puis tu as perdu l'essentiel – tu as perdu sans l'écrire tu voulais dire les seins bronzés d'une femme à demie nue debout sur une chaise – tu voulais dire le jaune brillant d'une trompette là tout près – et la fumée d'un méchoui rend flou l'ensemble pas seulement la bière qu'ils boivent – les bouteilles toutes et nombreuses sur les tables – au Stadium tu voulais dire les gobelets peut-être milliers tous sur l'herbe les canettes écrasées – un homme se lève qui affonne une bouteille d'eau de vie la goutte de sueur sur son front à moins que non – peut-être goutte de bière tiens tu voulais dire les trompettes en plastique – y'avait quelque chose d'insupportable comme les dizaines non centaines de bouteilles dans l'eau un barbu assis dans sa baignoire mate une télé déglinguée et l'eau lui passe tout autour – un béret militaire sur la tête au loin tu entends le son les fanfares encore à la gare routière les gitans s'engueulent et tu finis un café le marc au fond on dit à la turc – trois mecs en uniforme passent qui tiennent des matraques autour d'autres jettent de la bière en l'air – quand un gars passe qui porte des shots de rakija tu en prends un – tu mélanges tout et il s'en va file une femme passe qui porte une rose un gars croque dans son sandwichs – tu voulais dire la tente en pente et les feuilles de journal avec la merde dessus les coups de canon trois tous les matins et le sol vibre et ta carcasse avec – tu voulais dire quand il s'est couché les yeux grands ouverts et tu te réveillais sans cesse usé il te regardait les yeux grands les parasols Jelen Pivo – jaune et noir tout autour la grande scène un soir un soir dingue dingue dingue – les croix sur les torses des hommes la fumée d'une cigarette dans le bureau quatre du premier étage de la Police Station – tu voulais tout tout tout et tu sais bien ce n'est pas possible et pour ça on y croit à ton histoire elle tient comme un humain – lui il s'envoie des bières tard le soir la drogue c'est quoi le parc de la High School de Guça – le reste du parler fou quand tu précises que ça tient comme ça tu crois c'est un vrai travail de langue pfff – et que ça défalque les mots de tous les jours une grande brune passe qui remet sa culotte à travers son petit mini short jaune – des cornes de diable à la fête à la saucisse clignotent dans le noir – garde mon vieux pompe ce qui vit là un homme drapé de son blason serbe rouge bleu blanc avec dessus les armoiries.

22/08/2009 Vue du jour

un matin encore bleu bleu trés tôt tu dors dans l'herbe au frais tu causes encore de temps à autre de bitume oui pour venir ici l'a bien fallu - ou bien nu nu nu dans l'eau d'un fleuve il te semble ça s'éclaircit un peu - ce que ça peut dire - vivre.

22/08/2009 Vue remontée

tout à l'heure tu allais main street et tu avais envie de ça – tu aurais serré ta mère dans tes bras et tu lui aurais dit « je t'aime » - et tu ne fais jamais ça – tu aurais serré ton père dans tes bras tu ne fais jamais ça – mais ta gueule puisqu'ils sont là tu aurais serré les deux frangins et vivre serait facile.

20/08/2009 Vue remontée

tu as fait ta première photo tu sortais en troisième d'un beau virage et il était clair et blanc loin – en conduisant tu l'as faite ton vieux pote tenait le volant devant toi et tu as réglé le diaphragme et tu as déclenché faut pas s'imaginer quelque chose de vraiment droit – aussi les nids de poule les lignes blanches souvent mal ajustées – tout au loin une maison on la distingue à peine tu passes la quatrième et le bitume secoue la caisse et la carlingue c'est un plateau au Nord de Visegrad le ciel est gris blanc tu es fatigué.

20/08/2009 Vue remontée

La plaine au Nord de la Croatie après le coup de tampon sur le passeport passeport passeport la deux fois deux voies vers l'Est avec autour les champs de baraques en briques et Zagreb qu'on double au Sud – les tours de béton il y a quatre ans tu étais là-bas il y a quatre ans avec ce que ça dit de fou une première fois avec ce que ça remue Bauhaus en Caterpillar trois locos rouillées dans une gare désaffectée – le maïs Ennezeta Castrol ça te sonne en 2800 tours minutes à 7,25 le taux de change de tes émotions ça tient dans un portefeuille une route – tu mentais les aventuriers de Jack Kerouac tu mentais tu n'avais jamais vraiment lu finalement oui – comme c'est triste une vie d'homme ça file dans ce qu'on s'accorde de réel bien en face des mots.

20/08/2009 Vue remontée

Comment tu disais déjà – comment tu disais la route Ljubljana Zagreb et plus loin vers Belgrade tu disais vers un flou d'horizon – et le maïs toujours le maïs ça n'a pas changé – et tu as mal d'avoir dit ça tu as mal d'avoir dit ça tu as mal d'avoir dit on ne se parle plus toi et moi ce n'est pas qu'on ne parle pas c'est qu'on ne parle plus alors quelles routes ont-elles perdues leurs asphaltes et ça t'enrobe de rêve avec les belles jambes en dessous elles dansent les femmes c'est comme nos mondes les femmes et qu'on ne m'en parlait plus pendant tout ce temps – et toi – tu étais là au bord de l'eau à Skofja Loka la pluie tombait sur la terrasse et tu finissais une clope et tu disais ça mon vieux jusqu'où on s'aime pour s'en lâcher si peu.

20/08/2009 Vue remontée

OMV Mercator Ljubljana Padarino Sparkase 70 Kaligula Ikea Baumax Mercator Mercator Mercator – le Center file droit sur les boulevards les Spars – deux voies droites vers l'Est où le soleil au bout Maribor à gauche et là Zagreb – Vostojna et les tags sur les murs c'est comme ce qu'on garde de raide dans nos silences intimes – quoi quoi – à quoi bon pourquoi rouler comme ça qu'est-ce que ça fait trembler dans ce que tu as de tripes devant le Café Coisin sur le boulevard – quel est son nom – qu'importe et maintenant et fais un effort reprend le cours – pas là pour se perdre – inédcis porutant c'est réel comment dire exactement ce qui se trame de frontières est-ce que ça se comprend est-ce qu'on avance ensemble est-ce qu'on se parle est-ce qu'on s'écoute dis-moi – hier les autoroutes allemandes tu avais le volant dans le main et le pied droit bien à plat et tu filais sur la voie de gauche il pleuvait il pleuvait raide sur le bitume et Fernand buvait le café et le bitume et l'asphale – ça file – Skofja Loka pas assez loin.

20/08/2009 Vue remontée

haricots tournesols tomates – les haricots là qui montent montent – et puis la vitre lumière le frigo la table c'est la cuisine sur un pont à Skofja Loka alors il a fallu que tu arrives là – il a fallu qu'on te déteste et et puis ta gueule – sur le texto un autre il a dit – merde tu ne peux pas dire « un autre » - qu'il y croit qu'il comprend et que tu n'as qu'à gueuler parce que c'est ça – pas grand chose de plus – qui pourquoi tu es là assis sur un bout de pierre ce soir-là il fait un temps comme gris moche avec la pluie tout le jour tu pourrais pleurer même ravaler – comme écrire ça ne changerait rien.

18/08/2009 Vue présente

ouh silence ouh le long long silence et chut et chut et chut et tu ne t'es jamais dit je ne dirais plus rien tu ne t'es jamais dit silence mon vieux silence - et tu as roulé tu as parcouru le bitume tu as tiré sur l'asphalte tu as filé filé dans le bleu "accroché un anneau à l'oreille des Balkans" tu n'as jamais dit ça - tu as pensé quoi en haut du Meded au Monténegro tu as pensé quoi dans les virelots au Nord de Visegrad tu as pensé quoi dans les ruelles d'un village de Serbie tu as pensé quoi dans l'eau de l'Adriatique tu as pensé quoi - ouh le silence - tu as la langue raide d'un coup.