17/03/2010 Vue remontée
12/03/2010 Vue remontée
12/03/2010 Vue remontée
08/02/2010 Vue remontée
30/01/2010 Vue remontée
02/01/2010 Vue remontée
08/12/2009 Vue du jour
dans les montagnes à l'Est de Sarajevo sous la pluie tu arrêtes le van blanc la boue tout autour sur la carrosserie un homme sort qui pose le pistolet dans le réservoir et le vent souffle la pluie sur ta gueule usée - tu entends au loin un camion s'éloigner c'est assez lent faut pas s'imaginer non plus et puis alentour les herbes sèches quelques baraques la porte elle déclenche une sonnette une carte de crédit dans le sabot crac crac - deux fois tu démarres et roule - était-ce la même année tu ne sais pas tu ne sais rien tu sais seulement les terres entières que tu as parcourues les plaines jamais sans le gasoil de nos vies - alors fait pas chier à la fin merde et que ça avance la carlingue la route est bleue noire elle fume encore fraîche étalée le pistolet coule sur le bitume - tes pieds dans une flaque mon amour est un diesel sans nom - la poignée de biftons qu'il laisse au patron dans sa cotte rouge essaye un peu voir rouge cotte -
c'est une autre en Espagne un jour de pluie c'est le mois d'aout - tu remontes plein Nord et tu ne sais rien - le bus roule depuis Tanger file vers Amsterdam - tu descends sous la pluie tu paies un sandwich une bière - des gars prient qui s'agenouillent sous l'auvent - les bagnoles filent autour tu mets deux pièces dans un distributeur de cigarettes - tu as froid - tu as froid en Pologne station Oswicem tu paies le plein de gasoil et tu as froid - il pleut toutes les pluies combien de pluies sous des préaux néons blancs - les moteurs chauds l'essence les haut-parleurs des tubes épuisés - souvent le son des bagnoles elles croisent à côté -
ou encore des camions immenses sur un cliché c'est une photo numérique le pays imagine c'est la Jordanie les chiens aboient la caravane passe - et c'est pareil à l'intérieur et c'est pareil tu es assis sur les marches d'un chiotte le soleil derrière - ça s'éclate rouge orange et mange ton soda mon vieux - ce que tu n'as pas avalé depuis le matin les 45 degrés ça va non trois grands coups de klaxon et la semi-remorque s'amoncelle entière en tes mondes - au pied du pistolet à gasoil les gouttes un homme éteint sa clope sur le bitume souillé -
et sales toutes les aires d'autoroutes un jour tu te lèves tu prends ta voiture tu files seul vers le Nord tu roules tu roules tu assèches les nationales - tu t'imagines d'autres routes d'autres voitures d'autres époques et pourtant tu es là bien là à la station essence autoroute plein Nord plus haut Lille - des hommes ont sorti leurs tapis qui prient sur le bitume les papiers tous poussés par le vent gris l'appareil photo sur le tableau de bord tu déclenches - et la mise au point calée sur l'infini -
jusque la capitale - la capitale là-bas la route elle te pousse poussière alentours tu entends ils hurlent les chiens errants - deux néons blancs sous le préau et derrière le grillage ils aboient baves aussi sur le béton des tubes dans les baffles - quelques canettes de bières vides - jusque la capitale les chiens maigres sous leurs poils ras maigres les lampadaires autour -
blanche la lumière au carrefour proche l'Arena deux larges boulevards se croisent pendant qu'une station dort dans le noir - un chien traverse qui court droit - un autre est là qui contre une pile de pneus hurle dingue -
oui - et ça ne s'arrêterait plus nous aussi on hurlerait dingues sans cesse on braillerait - on braillerait - on braillerait tant imagine un peu et ça serait le temps de l'appuiement sur l'accélérateur - et on roulerait - on roulerait sans fin jusqu'à la prochaine station on filerait - on filerait dans la nuit on pousserait jusqu'à ce que les réservoirs s'affonnent hurlent tous comme nous les chiens -
devant la station essence à Tulcéa quand tu arrives depuis Constanta - une BMW bleue immatriculée DIP attend - suivez-là -
celle qu'à la frontière remontant le Monténégro tu t'arrêtes parce qu'il vomit ses tripes entières dans un sac plastique noir et la fatigue d'avoir épuisé nos corps tous raides - les planches en bois blanc sur les vitres les portes toutes condamnées les coups de klaxons autour -
les coups de klaxon dans la nuit au bord d'une route.
24/11/2009 Vue remontée
09/11/2009 Vue remontée
11/09/2009 Vue remontée
à Skofja Loka tu traverses le village à Skofka Loka tu arrives au bord de l'eau et tu ne sauras jamais – pourquoi on dit qu'après vingt heures de route tu as encore de quoi tenir et parler – qu'après le bitume à se saouler ainsi c'est comme tenir à la poursuite de quelques choses comme une vision – tu files dans un troquet et tu entends c'est comme une brisure non mieux – un roc un son de rauque qui vient là comme coup de poing dans ta – gueule sûr qu'à demi calfaté on ne dégrippe pas si facilement ce qui a rouillé – quand on s'attrapera à nouveau dis-moi quand on collera nos lignes de flottaisons dis-moi – est-ce qu'ils couleront nos mondes est-ce qu'ils couleront les mots – et moi j'ai vu la rouille à Skofja Loka j'ai vu la rouille sur nos parois.
07/09/2009 Vue remontée
07/09/2009 Vue remontée
05/09/2009 Vue remontée
01/09/2009 Vue du jour
31/08/2009 Vue remontée
31/08/2009 Vue remontée
un long et large plateau – celui que tu voyais du haut là-haut sur le Meded – les champs tous en longueurs parqués de barrières en bois le barbelé – temps à autre les vaches entre les tombes une vieille femme passe qui tient un seau qui tient un enfant elle a un foulard bleu – le ciel bleu blanc on a souvent besoin du ciel pour mieux dire l'ensemble – dans ce village une très petite église son toit rouge – les poteaux électriques alentour quadrillent.



