16/12/2010 Vue présente

pendant qu'à travers la pluie la bagnole roule tu sais bien que ça arrive parfois on n'a plus le temps "entre-temps" -  à l'intérieur tu construis des plaines immenses immenses et de nouvelles routes nos yeux comme diaphragme.

24/11/2010 Vue présente

ce qu'on fait entre temps dans le grand flux et comme on tient tu te réveilles le matin ça te revient dans la tête comme un bout de truc tu sais plus vraiment quoi faire avec ça c'est comme quoi.

15/11/2010 Vue présente

et nos heures - nos heures elles sont à peine dans le jour d'hiver qu'approche à grand pas - et on s'imagine dingue dingue et on se réveille fou on se dit fait pas chaud hein nos routes on les trace à coup de Google Earth - le soir on met du rock dans les baffles et on danse et la bière - et nos heures nos heures elles s'étirent dans la nuit.


12/11/2010 Vue présente


là voilà c'est dans la page web finalement qu'le plus souvent ça s'passe - et pas savoir pourquoi pourtant c'est pas bien beau - mais de cette façon c'est ok - fixer la respiration des mots.

11/11/2010 Vue présente

avec la pluie sur la vitre et le ciel bien gris les routes se tracent bien bitume.

07/11/2010 Vue présente

et donc nos corps comme des bêtes à s'en serrer suaves ça n'a pas de nom et pourtant il existe ce moment il existe ce moment.

05/11/2010 Vue présente

les routes aussi celles qu'on imagine et la texture du bitume l'odeur du vent qu'on se prend dans la gueule c'est comme la mobylette de nos poèmes on aime bien ça parce que ça sent l'essence et l'huile chaude nos corps.

02/11/2010 Vue présente

à s'demander comment qu'ça marche avec la lumière rouge et les odeurs d'liquides nos corps dans la pièce noire rouge et c'qui passe du réel d'un bac à l'autre - comme on utilise la boite en appuyant d'ssus et comment ça s'monte dans la tête doucement tout doux à revoir l'bitume là comme ça de près mise au point.

01/09/2010 Vue présente

la route les virages les secousses dans le camion les poubelles à travers la vitre un feu dans le conteneur la nuit déjà les accélérations – les coups de volant le bitume les tas de pastèques et nos carlingues comme carcasses toutes bringuebalées – les files de bagnoles jaunes les phares rouges dans la nuit les haut-parleurs tous dingues ça nous klaxonne le corps.

01/09/2010 Vue présente

avec un pistolet à la ceinture et comme on s'habitue à ça.

29/08/2010 Vue présente

les charrettes en bois toutes alignées les portes en fer rabattues les bagnoles encore quelques unes dans la boulangerie le pain de plus en plus froid – les gyrophares bleus à l'arrêt les types marchent vite avec leur sacs plastiques les clopes sont prêtes et le repas aussi le soleil se couche.

28/08/2010 Vue présente

on ne sait plus qui était triste ou quoi dans sa tête monde qu'on s'avale en langue tous – dans les rues de la ville avec leurs clopes au bec et les bagnoles à l'arrêt contre les trottoirs de ces vies qui toutes s'emballent ou s'assoient les mecs ils passaient – il était triste le vendeur de thé assis sur sa chaise en plastique et sa machine fumante – il était triste le gosse un ado avec ses ballons dans la nuit qui dit ballons ballons ballons – il était triste le chauffeur de taxi appuyé sur sa bagnole au coin d'un carrefour – il était triste le carrefour le bitume et les coups de peintures rouge blanc rouge blanc rouge blanc – il était triste le tas de viande à griller qui tourne tourne et les frites elles étaient tristes le type devant sa caisse il était triste qui donnait les biftons – il était triste le policier son gilet jaune et ses coups de sifflet – elles étaient tristes les bagnoles dans la nuit elles accélèrent et ça sent l'essence – il était triste le chat dans le conteneur elle était triste la viande sur le barbecue elle était triste la lune jaune jaune qui montait lentement vers la colline – elle était triste la rue tu marchais seul les lampadaires tous éteints – il était triste ce soir le bruit de la ville et ta tête monde elle était triste.

26/08/2010 Vue présente

les phares dans la nuit les trous dans le bitume les jeeps devant le béton les types avec des casques les fusils mitrailleurs sous les projecteurs – le vent frais de la montagne et la poussière le long des trottoirs ton pied droit appuie sur la pédale et l'air s'engouffre dans la bagnole – dans les baffles c'est quoi les types alentours klaxonnent tu passes à droite les conteneurs rouillés les chats courent qui filent à travers les baraques.

25/08/2010 Vue présente

le béton les bouts de ferraille les sacs de sable et la poussière sur le bitume les immeubles tous vides et le ciel à travers les fenêtres absentes.

24/08/2010 Vue présente

le soleil pleine gueule dans le bus et les suspensions bien raides à déclencher l'appareil photo dans les virages le bitume et la fin de journée – les sacs plastiques tous à travers les pierres la tête bien suée sur le siège à se faire secouer et les routes qu'on prend épuisé dans la nuit.

21/08/2010 Vue présente

dans la chaleur de cuir à s'en dur dur la vie loin de l'un de l'autre – on serait comme cow-boys là dans l'attente que nos horizons à nouveau dans une même plaine et tu te rappelles le cuir la fumée de clopes et tu te rappelles juste quoi des cheveux aussi ce que les mots.

20/08/2010 Vue présente

tu entends le son d'une guitare tu es plein de sueur tu tapes sur ton ordinateur et tu n'achoppes à rien mon pauvre vieux dans le soir la lumière blanche d'une ampoule – les souvenirs comme le fond d'une bière Scott H. Biram dans les baffles – tu voudrais gueuler dans un micro à harmonica tu pourrais faire ça – gueuler dans un micro à harmonica – ah oui c'est ça – il faut savoir gueuler comme un sale dans nos sueur de poètes gueuler sans jamais perdre la tendresse.

17/08/2010 Vue présente

une bagnole de l'armée dans un nuage de poussière les phares jaunes et le bruit d'un moteur qui file – le type à côté il braille en accélérant.

17/08/2010 Vue présente

il vend de la nourriture de huit heures à six heures pour quatre-vingt shekels par jour – il mange à six heures trente et de sept heures trente à une heure trente il vend des produits ménagers – il prend deux shekels sur chaque produit vendu.

15/08/2010 Vue présente

il fait chaud pas d'air et tu es allongé sur le lit – le drap colle un peu – ça sent la fumée de clope – tu as relu une bonne dizaine de fois le même message électronique – tu attends – tu t'imagines des routes immenses on les avalerait comme fous.

15/08/2010 Vue présente

le balai sur le bitume le soleil la gueule brune à faire des petits tas de poussières dans une salopette orange.

13/08/2010 Vue présente

alors le soleil déjà – et puis les sept heures du mat' – la bagnole qui file sur le bitume le béton les baraques les types au jeûn la file de bagnoles les tags tout partout sur le béton les types debout sur les cahutes – les fusils mitrailleurs dans le matin tu as déjà vu des fusils mitrailleurs dans le matin les panneaux ils disent les femmes de ce côté – les hommes par là-bas – les parasols police police les ambulances les caméras des télés la poussière le vent la soulève les bouts'd'bétons et tu dis ça comme un sale – et tous comme des lapins à marcher le long des bus le long des tires le bitume bitume les casques les gilets pare-balles – ce qui ne se dit pas dans un poème – les voiles dans le soleil du matin les types qui marchent vers quel monde les tours de contrôle et nos pas comme des gamins.

11/08/2010 Vue présente

quand il arrive sur la terrasse il s'assoit il pose un café il sort une cigarette il dit c'est pas possible là c'est ramadan alors on fume pas – il sort un briquet il dit au camp on peut pas si on fume si on mange si on boit on peut aller en prison alors il vient là dans la petite cour il allume sa cigarette – le bruit du briquet – le vent chaud qui pousse les sacs plastiques les papiers les gobelets vides – le bruit du souffle au sortir de sa bouche – ses mains sales le taf.

10/08/2010 Vue présente

les rues toutes vides ou encore des types mais combien la lumière d'un lampadaire jaune sur le bitume la photo que tu'n'fais comme ça chlingue – les poubelles à côté un type qui là assis sur le trottoir tire sur son clope les lumières des baraques toutes les mêmes sur la colline en face – le vent du soir ta peau chaude brûlée de soleil les jambes bien raides – les galettes sur les plaques le gaz le courant d'air chaud les types dans la nuit ils marchent des sacs plastiques à la main.

10/08/2010 Vue présente

dans la rue du matin les vieilles tires accélèrent au soleil et ce type il est là contre un mur qui attend le cul sur'l'bitume.

09/08/2010 Vue présente

c'était un été il faisait chaud – une maison s'écroulait et tas de pierre tu creusais un tunnel sous une montagne – c'était un été et des plaines immenses s'ouvraient dingues.

08/08/2010 Vue présente

dans la nuit chaude le corps plein d'sueur tu te réveilles et tu cours seuls dans ton lit – tu essuies ton front plein de gouttes et tu cherches tu cherches mais le lit est vide – tu as sous ta tête un livre de Jack Kerouac tu le pousses un peu plus loin le muezzin dans le micro tu t'allonges bien droit tu étends tes bras et tu attends – tu as dans la tête un corps un corps des yeux une voix qui te reste et te colle cale tes mondes – tu as envie de pleurer tu as envie de rire tu te dis c'est bon c'est bon c'est la vie c'est ça.

08/08/2010 Vue présente

la poubelle en feu au bord de la route les types qui te disent combien de fois ils sont allés en prison le bitume chaud de la journée le vent de la nuit – les guirlandes sur les baraques et les types qui vont dans le noir qui portent des sacs plastiques qui marchent en chemise qui tapent dans les cailloux.

07/08/2010 Vue présente

les lettres en bleu en rouge sur les murs les affiches arrachées les bouts de papiers lambeaux à peine encore collés le soleil il est là il mange toutes les couleurs – la chaleur elle sèche tout le feu a pris là dans le jardin des types ils sont là qui versent des seaux d'eau des pelles de sable.

06/08/2010 Vue présente

les rues déglingues toutes en travers de béton en bout de bitume la lambada d'un feu de recul un camion chargé de pastèques les types au café – tous avec leurs cartes les verres le liquide bien noir la fumée de clopes les gosses avec des bidons jaunes accrochés autour de la taille ils tapent tapent dessus ils marchent en file avance et braillent en rythme – ramadan arrive ramadan c'est pour bientôt tous à l'attendre ici.

04/08/2010 Vue présente

le cerf-volant toujours les cerf-volants les pétards dans la nuit dans le plein jour d'artifice les drapeaux dans le ciel les drapeaux sur les bagnoles – les bagnoles blindées les olives de plus en plus grosse les baraques en tas les traits rouges sur les cartes – les panneaux « armes à feu interdites » les fusils mitrailleurs un lézard jaune sur le mur un lézard vert dans le jardin les draps sèchent au vent et les gamins jouent à la guerre.

04/08/2010 Vue présente

le vent trop froid à travers la vitre le minibus jaune sur les routes virelots les phares dans la nuit les panneaux publicitaires – les néons verts d'une mosquée au loin la maison au coin du virage cent ans de liberté c'est écrit en grand – un type est là qui vend des pastèques son camion sur le gravier.

04/08/2010 Vue présente

les types sur le trottoir les chichas toutes plein régime alentour les bagnoles klaxonnent dans la nuit alentour les chiens – les chiens errants – rappelle-toi les mille chiens errants les chiens errants de Bucarest les chiens errants de Belgrade les chiens errants du Monténégro les chiens errants de Sarajevo les chiens errants des montagnes des Carpates ils hurlent nos chiens ils hurlent la nuit ils hurlent le jour – ils courent dans les poubelles dans les sacs plastiques ils sont là comme fantômes dans le jardin ils tournent tournent autour des oliviers ils viennent comme bêtes assoiffés contre la pierre chaude de la terrasse – alors alors les chiens errants s'essoufflent dans le grand soleil alors alors les chiens errants nos bêtes elles accourent.

04/08/2010 Vue présente

y'en a un qu'a tiré depuis la ville vers les soldats y'en a un qu'a été touché la sirène a retentit ils ont mis d'autres soldats ils ont fermé les barrières – ils ont évacué le blessé et puis deux heures après ils ont levé les barrières .

03/08/2010 Vue présente

la fumée dans le conteneur rouillé les sacs plastiques les pastèques en feu le type à côté son manche à balai sa brouette – les papiers tous flammes l'odeur la chlingue de tous en fumée grise blanche et 35 degrés  alentour – les bagnoles passent qui traversent entière les nuages les types sont assis à l'ombre qui attendent dingues dingues dingues à tirer sur leur chicha à tirer sur leurs clopes à siroter le café noir noir – tout autour bouge comme les flammes comme les bagnoles.

03/08/2010 Vue présente

le jour se lève sur ce pays et tu as les yeux ouverts – la nuit chaude les draps pleins de sueurs et les odeurs qu'elle y a laissée – tu as le corps un peu raide c'est une grande solitude pleine d'une sagesse toute orientale – tu attends calme que le vent viennent rafraîchir un peu ta peau – tu te repasses en boucle le film des exploits de la vie – tu te repasses en boucle le film noir noir des ombres et des pluies des maisons qui se sont effondrées il y en a plein ici – on ne sait jamais parfois par exemple lui il dit celle-ci elle est là c'est un tas de pierre et on y touchera pas puisqu'ils ne veulent pas – comme eux tu te sens absolument vide de toute haine – tu ne fais rien tu es allongé dans le grand lit et tu te sens vivant – tu regardes un tas de photographies instantanées et tu te sens vivant – tu traces tranquilles dans le chaud de la nuit les routes les bitumes que tu boufferas plus tard – tu t'imagines au volant d'un camion et vous êtes quatre yeux fonçant dans l'aube – tu vois très bien les bandes blanches à la peinture sur le bleu du bitume – tu vois les nids de poule les virelots les vieilles tires les camtards rouillés – les doigts qu'on met sur la carte routière les panneaux indicateurs dans le matin – le soleil dans l'angle du pare-brise.

03/08/2010 Vue présente

la fumée dans le conteneur rouillé les sacs plastiques les pastèques en feu le type à côté son manche à balai sa brouette – les papiers tous flammes l'odeur la chlingue de tous en fumée grise blanche et 35 degré alentour – les bagnoles passent qui traversent entière les nuages les types sont assis à l'ombre qui attendent dingues dingues dingues à tirer sur leur chicha à tirer sur leurs clopes à siroter le café noir noir – tout autour bouge comme les flammes comme les bagnoles.

02/08/2010 Vue présente

ce qui est là : un pantalon blanc – une boite avec un savon dedans – un flacon de citronnelle – un flacon d'huiles essentielles – un livre d'Antonio Saura Klee, point final – des paquets de cigarettes vides – des photographies instantanées - un foulard vert blanc dans le sac à dos.

02/08/2010 Vue présente

le bitume les bandes rouges blanches sur les trottoirs les mots liberté liberté taggés sur un mur le béton oui – ce qu'on a de sueur dans le dos les bagnoles aussi ce qu'on ne voit pas du ciel trop de soleil tes pieds glissent sur un sac plastique et tu parles seul – tu marches dans la rue et tu parles seul.

02/08/2010 Vue présente

le bitume les bandes rouges blanches sur les trottoirs les mots liberté liberté taggés sur un mur le béton oui – c'qu'on a'd'sueur dans'l'dos les bagnoles aussi c'qu'on ne voit pas du ciel trop'd'soleil tes pieds glissent sur un sac plastique et tu parles seul – tu marches dans la rue et tu parles seul.

01/08/2010 Vue présente

voilà – la vie continue et tu es seul dans ce pays dans cette ville dans cette baraque dans cette chambre dans le grand lit tu es seul – tu entends la route au loin il fait chaud combien aujourd'hui t'en sais rien – pas d'air et tu transpires seul allongé sur le grand lit – tu tapes sur le clavier de ton ordinateur et tu rêves doucement – tu es triste – tu es triste et heureux à la fois – le lit grince un peu et tu entends des voix au loin – tu es rentré seul tu as pris le bus et tu transpirais la tête contre la vitre tu as pleuré ça n'a pas duré longtemps il y avait beaucoup de monde le bus était plein – tu transpirais et tu pleurais – dans l'armoire ne restent que tes vêtements sur le carrelage plus rien tout est rangé tu as une photo tu la regardes tu es triste – tu es triste et heureux à la fois – tu te passes un peu d'huiles essentielles sur le visage tu écoutes la ville les bruits dans la nuit les pétards – la sirène d'une bagnole de flics au loin.

01/08/2010 Vue présente

la bête à l'accrochée par une patte sur le bord de la route la tête c'est une vache blanche noire sur le trottoir – le soleil et la peau à l'éventrée immense le corps de la bête un gosse à côté un type il met sa main dedans un taxi il s'arrête là tout près deux gars – ils sont assis derrière ils regardent comme on dépèce comme on découpe le sang – rouge rouge sur le trottoir dans le grand ciel jaune.

01/08/2010 Vue présente

les pieds sur le bitume les appareils photos les bagnoles le calme du vendredi les rues les immeubles tous la pub partout partout ce qu'on se dit tout bas tout haut – la chaleur les trottoirs qu'on monte les pastèques la viande accrochée là au soleil nos pas dans la ville.

26/07/2010 Vue présente

les bagnoles toutes cul à cul'd'bagnoles le béton les immeubles les écoles united nations les coups de klaxon les pastèques les types sur les chaises à l'ombre – la fin d'journée le soleil couchant sur les blocs de béton la tour de surveillance les tags autour le terrain défoncé monticules les chiens les pelleteuses – peur comme tu as peur dans l'ombre du mur peur comme ça't'prend et qu'tu voudrais pas comme tu mets l'œil dans le viseur et qu'c'est plus simple comme tu aimes aussi la prendre en photo.

26/07/2010 Vue présente

les chiens errants tu as vu les chiens errants de Bucarest tu as vu les chiens errants de Belgrade rappelle-toi les chiens errants de Belgrade les chiens errants dans les banlieues chaudes les chiens errants de Sarajevo le ciel gris les chiens errants au large de Timisoara – les chiens errants dans les montagnes du Monténégro les chiens errants du Delta le Danube les chiens errants au bord d'une route dans les Carpates les chiens errants sous les sapins la Pologne – les chiens errants du Grizzli de Slovénie les chiens errants sur le bitume de la Turquie rappelle-toi vieux les chiens errants du Maroc quand le soleil et la poussière – les chiens errants de tes poèmes tous vieux dingues les chiens errants des supporters de la poussière les chiens errants les chiens errants – les chiens errants ils aboient dans le soleil couchant le long du mur – à Ramallah tes pieds dans le sable et le béton.

26/07/2010 Vue présente

la lumière sur la montagne au loin un chapiteau les guirlandes le soleil déjà couché la musique dans le camion jaune orange – une jambe tout contre là près le ciel noir violet bleu rouge orange jaune comme ça dégradé doux doux – les coups d'volant nos jambes c'qu'on entend dans la nuit elle tombe.

23/07/2010 Vue présente

la route quasi vide dans la nuit les lampadaires jaunes les barbelés tout à coup là surgit d'où une barrière des panneaux dans le noir – le mur de béton nos silences c'qu'on a d'peur et d'folie là ta main tout contre les fusils devant la barrière – la route immense droite là les minarets les baraques dans la nuit les collines les bagnoles armées les gyrophares dans le loin – les drapeaux blancs bleus l'accélération d'une grosse tire ma main sur le levier d'vitesse les tours de garde au virage – les bagnoles qu'on ouvre dans la nuit d'un poste de contrôle – les crèves pneus sur le bitume – les tags sur le béton.

23/07/2010 Vue présente

les immeubles blancs tous en ligne l'autoroute plein nord le moteur plein régime le bitume quatre voies – le volant dans les mains à côté elle est là qui ses yeux – direction Haïfa les champs'd'bananes les montagnes à droite le ciel brun jaune parfois la poussière les grosses bagnoles elles tracent à droite à gauche – les panneaux en trois langues d'la musique classiques crache un peu dans les baffles ça ne marche pas vraiment la fumée d'nos clopes – les vitres grandes ouvertes l'air chaud dans la gueule nos ch'veux les poteaux électriques c'qui nous tremble un peu d'être là sans trop savoir cette sensation quand on file vers l'inconnu comme c'est bon comme c'est raide – comme on a l'corps plein'd'sueur et qu'on s'enfonce c'est une montagne – le vert du Monténégro la mer toujours là-bas le soleil en plein'd'dans ça fait comme flou tellement les virelots le bitume abrupte des routes grimpant dingues – la chaleur qui nous quoi quand on pose la bagnole qu'on met un pied sur'l'bitume d'un pays inconnu.

23/07/2010 Vue présente

le soir le vent soulève le rideau l'air est frais dans la petite chambre allongés sur le carrelage plein'd'sueurs nos odeurs – nos pieds sales – nos fringues tâchées poussières.

23/07/2010 Vue présente

les villages à l'ouest la route serpent'd'bitume le plein soleil du midi les décharges les bagnoles rouillées à travers les collines toutes collines collines – les types dans la rue tous debout dans le même sens le minaret là les bagnoles poussières les vallées toutes sèches jaunes grises les trous dans'l'bitume le bruit du moteur un chien sur les g'nous – les tours de garde le béton les blocs posés là les barrières la barrière toute droite dans le bleu du ciel les fusils mitrailleurs les bidons posés sur'l'bitume – les jeeps vertes – les barbelés – le soleil.

21/07/2010 Vue présente

tous à jouer tiu-tiu-tiu-tiu krrr-krrr-krrr-krrr – les fusils en bois dans leur main les bouts de plastiques au bout une petite corde pour se le mettre sur'l'dos la poussière sur leurs pieds leurs mains – les tee-shirts troués le soleil il se couche derrière ils jouent à la guerre.

21/07/2010 Vue présente

les résultats du bac le soleil sur toute la ville grand chaud les avions dans le ciel les pétards tous pétards sans cesse – les bagnoles les coups de klaxons les jeunes tous en bandes dans la rue les jus d'fruits les cris les coups d'téléphone les pétards les pétards les pétards.

21/07/2010 Vue présente

dans la fumée'd'clope avec la poussière sur le bureau les cahiers tous en vracs les classeurs les chiffres indiens y dessus – la voix des types dans la rue les gosses tous à brailler tous sales leurs tee-shirts la fatigue les cicatrices qu'ils ont là sous l'oeil lui – sur la place du village les barbecues les bagnoles les chaises en plastiques les cartes qu'on abat dans la lumière blanche le vent frais les sacs plastiques puisqu'ici bordel – puisqu'ici on tue les enfants puisqu'ici d'un coup de fusil chtomp il est mort et la vie la vie c'est quoi.

19/07/2010 Vue présente

c'qu'on a d'rêve à marcher les pieds sales dans la rue le soleil plein nos gueules et la sueur quand on appuie sur'l'déclencheur d'nos vies ça't'fait quoi à l'intérieur – les camions d'bananes les gaz d'échappements les pierres d'achoppes-achoppements qu'on's'trimballe spassieren – dans la poussière qu'd'temps à autre nos mains toutes proches alors alors – le soir on dort sur le carrelage et les moustiques ya basta'd'nos corps à corps encore – nos sueurs.

19/07/2010 Vue présente


à l'attendre au soleil les palmiers Damascus Gate rien'qu'le nom d'jà ça't'retourne un homme même à peine vraiment homme – les camions les bus les taxis tous à gueuler al-khalil les clopes les verres de thé la chaleur putain c'est quelque chose c'est pas rien – les trottoirs dégueus ton téléphone dans une main pas un bouquin pas une ligne nul carnet sinon le vent chaud des villes de l'orient – les drapeaux sur les toits des maisons dans les rues ils disent tous c'qu'il y a d'dingue ici – les fusils mitrailleurs parfois.

17/07/2010 VUe présente

c'est comme impossible bloqué d'écrire sinon à prendre des notes pour quels poèmes rock alors alors.

17/07/2010 VUe présente

c'que les murs disent – dans leur silence à eux d'murs bien droits dans'l'béton avec un coeur rouge à l'aérosol c'que les murs disent s'enfouit dans nos accélérations gazolines.

17/07/2010 VUe présente

ça vient comme une poussée drôle qu'on ne contient pas.

17/07/2010 VUe présente

en descendant l'escalier les notes tu reconnais très bien ce morceau tu marches dans la rue vide un gars là qui pousse sa charrette – les cartons les sacs plastiques son balai dans la main ce que tu as là dans la tête comme tu respires l'air frais du soir – tes pas rapides et comme tu voudrais courir courir sans cesse – les immeubles montent en foule là dessus ça s'échappe des fenêtres les notes les notes tu n'y comprend rien et ça te tremble à l'intérieur comme un vieux fou tu pleures un peu dans la nuit – comme un vieux fou tu ries un peu dans la nuit et ta sueur et les étoiles et l'odeur de tes pieds et la lune.

16/07/2010 Vue présente

la rue le large bitume les trottoirs les bandes rouges blanches la peinture sur les murs les tags le soleil sur le bitume il est là qui pousse sa charrette les fruits – tous en montagne dessus un quelque chose de viande grillée dans l'air une fumée une voix elle crie quelque chose dans une autre langue n'y comprend rien.

16/07/2010 Vue présente

ce qu'ils disent dans le micro on n'y comprend quoi les haut-parleurs ça crache un peu dans le loin c'est là-bas vers quel quartier – le soleil écrase dingue même le bleu du ciel à peine bleu le vent porte un peu la voix elle arrive jusque là – le vent soulève le rideau.

15/07/2010 Vue présente

la tôle bien belle bien mise à plat qu'à la chaleur d'une flamme toute bleue tordue la tôle et le bruit un marteau un marteau un marteau dans sa main – la sueur sur son front pendant qu'le vieux sur une chaise à l'ombre un camion jaune plein d'ses voyageurs un nuage noir'd'gasoil presqu'une décharge – les sacs plastiques les choses les trucs tous en vrac un canapé au milieu sur'l'mur des croix à la bombe les bouteilles papiers tous dans le vent après après – le soleil comme il écrase tout les ombres à peine là.

15/07/2010 Vue présente

le béton bien raide droit un mur voilà c'est c'qu'on dit d'ça un mur – le hangar les types là pour vendre quoi les entonnoirs de fer les tourniquets les feux rouges les feux verts les pas'qu't'avance un à un jusqu'là – la machine à rayon c'que t'enlève de toi le passeport et le soleil en plein – les fusils mitrailleurs – les fusils mitrailleurs – les fusils mitrailleurs.

15/07/2010 Vue présente

ta langue ta langue qui'n'dit rien dans c't'e langue c'que ça't'bloque et comme frustre à peine à parler dans'l'silence d'une langue langue qui dit quoi.

14/07/2010 Vue présente

dans la nuit une maison la porte un néon blanc dans la pièce tous là du grand-père au petit dans les bras d'une qui porte une théière – les ombres dans la nuit sur le balcon – l'accélération d'un taxi sur le bitumebitume – tes pas dans la poussière.

14/07/2010 Vue présente

le vent chaud sur les feuilles des oliviers le drapeau sur le toit là-bas le linge au soleil les fils tendus une vigne sur la terrasse les bidons noirs l'eau chaude – le ciel grand bleu toujours bleu depuis quand les nuages les antennes dans le bleu les sacs plastiques bleus là dans la terre – les bruits des bagnoles des camions au loin une sirène gyrophares bleus oui – le fond de ton écran bleu tes notes de voyages.

14/07/2010 Vue présente

la table toute en cocktail rouge jaune les fruits bananes pommes raisins les assiettes en pile les verres de vin tous rouge sur le bar – les jus le brouhaha de parlage en blabla la musique un rock californien à la fin merde la fumée de clope les cendres – sur le carrelage les baffles noires dans le fond les types qui bien mis les types qui là tee-shirts troués le videur à l'entrée kulchi tamam ce que tu écris pour mieux se souvenir.

13/07/2010 Vue présente

l'entrée un portique en fer à côté une colonie la maison de dieu puis la route vers le bas deux écoles O.N.U. le bitume comme un corps usé – les pastèques en montagne le camion chargé dingue d'la musique dans les baffles les baraques des types devant les gosses – ils courent dans la rue un ballon le bruit d'un moteur ah oui avant la route comme un serpent d'asphalte à travers la terre sèche – la poussière sur le tableau d'bord la trentaine de degrés les vieux camions citernes à l'ombre les femmes sur les chaises là la vigne – ton sac – sur le dos.

12/07/2010 Vue présente

la rue vide les magasins tous échoppes fermées les bagnoles au loin des cris deux hommes passent qui courent le café dans la main – les drapeaux dans le vent les sacs plastiques tous poussés le bitume la crasse les affiches aux murs un homme un fusil mitrailleur dans sa main – les couleurs sont un peu passées – le néon blanc dans le café les hommes tous au calme les taxis à l'arrêt sur le côté tes pas sur le bitumebitume – l'odeur de ta sueur – les cris d'une foule là devant.

11/07/2010 Vue présente

il est là la peau sale et son jean son tee-shirt au bord de la route au carrefour c'est la route de Jérusalem tu marches sur le trottoir tu n'as pas ton appareil photo – une bagnole Mercédès classe S la tire ses feux stops rouge devant lui qui là vend ses figues de barbarie – la petite caisse qu'il passe par la vitre – les quelques pièces qui tombent dans sa main – ce qu'il met dans sa poche – l'accélération gazole – le soleil comme il écrase tout – cette photo que tu n'as jamais faite.

10/07/2010 Vue présente

seul à repasser en boucle le film acide et sucré tu ne comprends pas tu ne comprends rien tu n'as jamais rien compris et seul tu n'tiens plus tu n'as jamais tenu – seul au soleil d'une ville dans le grand chaud du jour à marcher sur le bitumebitume tu pourrais pleurer même rire – la vie la vie c'est une planète immense floue c'que tes pas ils affonnent de vivre ça te fait trembler là dedans et tu marches tu marches – seul dans ta chambre là-bas tu fais le constat suivant – il y a quelque chose en toi de cassé il y a quelque chose en toi de réparé – ce qui est là réparé – permet largement d'oublier ce qui est là cassé.

10/07/2010 Vue présente

la nuit chaude l'appel à la prière le souffle du haut-parleur dans le jaune orange des trois ou quatre heures du mat' – le vent frais très lent contre le rideau quelques bagnoles au loin la chaleur des draps c'est une solitude.

10/07/2010 Vue présente

ah donc shamout en grand jaune sur fond rouge aux carrefours tous zarmes aux bras dans leurs noir de fringues à s'balancer aux trottoirs – kulchi tamam pour tous ici bas qu'à marcher marcher à fond'd'bitume passe passe nos jours tous jours entiers sans là tout près de toi chut mon vieux – marche encore la ville clac l'appareil que tu n'oses à peine dans l'oeil un vieillard il frotte un quelque chose d'archet ça fait un bruit mais les bagnoles – toute en rumeur d'ville qui s'apprivoise ta vie mon vieux entière là dans tes yeux ce qui t'reste dans l'oeil comme un sourire un regard qu'on a là qui t'fait rire mon vieux c'qui't'tient allez petit avance allez petit avance avance – oui c'est ça comme z'oiseaux et on ouvrirait la cage ils s'envolent tient regarde dans le ciel c'est quoi un cerf-volant et tu marches tu marches – sans cesse tu parcours tes vieilles plaines sans cesse tu t'imagines d'immenses bitumes.

09/07/2010 Vue présente

le vieux théâtre les miroirs tous aux murs les bobines inversées le film à l'envers un homme et son micro un oud des haut-parleurs – un verre de bière la fumée de clope la ville dans la nuit le vin rouge le vent frais dans le noir – les bagnoles de flics les fusils mitrailleurs les hommes tous kakis au carrefour les poubelles dans la nuit – les conteneurs rouillés les types sur le bitume les néons blancs d'une épicerie le son puissant du moteur au ralenti les immeubles tous zombres noires dans le ciel.

09/07/2010 Vue présente

quatre ans de prison de 16 à 20 ans les armes à feu savoir reconnaître à l'oreille un pétard un feu d'artifice une Kalachnikov et un M16 – savoir qui tient la machine tiu tiu tiu tiu en fonction du bruit qu'elle fait bordel de merde – dans la nuit vers 21h – les téléphones implacables sonnent sonnent qu'les pt'its rentrent à la maison – allez allez – on s'endormira bien – quand nos langues langues inertes seront là silencieuses immenses – plus rien ne tiendra.

09/07/2010 Vue présente

le rideau vole un peu d'air dans la pièce au loin dans le haut-parleur des mots des mots tous en une langue quoi – les voitures sont revenues tu entends les moteurs les coups de freins l'ordinateur est posé sur le tabouret et tu tapes tapes tapes le monde – au loin les haut-parleurs crachent grignent la voix des hommes c'est où c'est quoi – tu aimes assez être là – n'y rien caguer sinon voir – tu sais qui t'as appris à regarder – tu sais avec qui tu veux voir le monde – être au monde ah oui voilà – tu sais très bien - à cet instant précis - avec qui tu veux être au monde.

08/07/2010 Vue présente

le paquet de cigarette le moins cher a pris deux shekels et demi en une journée – pénurie.

08/07/2010 Vue présente

une vieille femme sa canne et ses lunettes immenses les rides cheveux le presse-agrume au coin d'la rue les types là – plein soleil avec leurs billets dans les mains les bagnoles le bitume les tâches d'huiles de quoi un tas de petits pains sur une charrette en bois quelque chose à l'angle là – un homme une canne blanche la main tendue les pièces une complainte dans l'air entre les haut-parleurs les types à l'ombre son ventre devant le café – très peu serré dans un verre brun les cartes dans leurs mains les chaussures toutes aux murs les papiers plastiques tous aux vents.

07/07/2010 Vue présente

comme ça te claque clingue la gueule en vrac d'savoir qu'là-bas – ah oui t'as voulu rouler rouler non même pas t'as marché t'as pris l'avion pendant qu'là-bas – ah c'est ça comme tu sens qu'ça t'vraque à l'intérieur qu'alors alors c'est qu't'as les mains qui'n'servent plus que t'as plus'd'jambes t'as plus rien sinon tout l'essentiel là ça tient dans quoi – ici les bagnoles toutes zà klaxons ou sirènes les gyros dans l'plein soleil la viande grille mon vieux la viande grille – les plaines immenses tu sais tu parles depuis des mois des années de plaines immenses dingues ça y'est – toutes simples z'herbes folles de leur tendresse dingue mais quand même – comme ça te claque clingue la gueule en vrac d'savoir qu'là-bas

07/07/2010 Vue présente

qu'alors une profonde oui profonde tristesse à fumer une clope assis sur le carrelage il faut bien être là comme ça – après avoir mangé du riz du maïs des olives comme on mange du riz sur les chemins de katmandou putain fallait v'nir là pour le sentir – et c'est une grande une très grande tristesse.

06/07/2010 Vue présente

à la terrasse à taper sur la machine pendant que les putains d'mosquitos tu penses à quoi sinon qu'en face les lumières se sont allumées sur la colline ok – un gamin est là en bas des marches qui joue la ville est là ouais d'accord allez allez – oh yes always on the road again man – on the road again man – ça te revient comme une chanson douce que te chantait qui mon vieux hin hin – ça te reprend comme une tige qu'on allume dans la nuit pour mieux dire quoi sinon qu'avec un volant dans les mains putain qu'est-ce que ça pue les diesels encrassés les routes les routes – ce qu'on affonne à coup d'carlingue et les putains d'mosquitos les routes les bitumes tous les bitumes de toutes les planètes – et comme tu n'avais jamais imaginé ça avec une femme allez vas-y dis-le bordel toi qui là tu parles tu parles tout le temps avec ton clavier avec tes mots tu parles sans cesse mais tu n'sais rien dire alors alors les putains d'mosquitos tu n'avais jamais imaginé ça avec une femme voilà et quoi – comme tu as eu peur ah oui c'est ça mais prend les choses dans l'ordre petit a) – tu voulais être un homme tu voulais les aventuriers de Jack Kerouac tu voulais partir avec quoi dans les poches tout juste pour tenir comme ça'd'quoi mettre dans l'assiette – petit b) tu voulais vérifier que tout ça c'est possible mais mon pauvre vieux t'es qu'un putain d'mosquitos toi aussi t'es là zzz zzz zzz dans le ciel et tu suces le sang'd'quel livres déjà écrits hein – petit c) y'a pas d'régles à la vie y'a pas besoin de 10 000 kilomètres pour comprendre ça encore que – avec ta gueule et ton jean puant poussière à Ramallah t'as'l'corps à cent mille oh yes – always – on the road again man.

05/07/2010 Vue présente

sur une charrette en bois la bouffe un cheval nul cri d'achoppement sur le bitume qu'une grosse américaine et V8 avec jantes alu – une sirène un magasin de miroirs ta gueule en dedans toutes places qu'ensemble bientôt – avec nos corps là là dans la chaleur là là sur une chaise en bois le vieil homme une robe beige et la poussière sciure les planches contre le mûr ta main dans ton dos – boulettes la crasse.

05/07/2010 Vue présente

d'écrire comme ailleurs ça peut venir comme ça à tout moment quand elles surgissent les bonnes rafales tactactac faut'qu'tu fonces mon vieux – et puis ça peut rester des jours et des jours comme ça dans le blanc rien que blanc – suffit d'y être et tous les jours suffit qu'ça n's'arrête jamais qu'ça't'sorte par le tube à air comme on tape tape tape un clavier comme on grigne rogne craque un crayon sur une feuille – alors on a les nerfs qu'explosent d'avoir dit juste là ce qu'il fallait dire juste là.

05/07/2010 Vue présente

à l'inconnu un grand vide là devant comme les pas tous l'un après l'autre à travers les rues – c'que ça rude raide comme un trottoir avec de la peinture blanc rouge des crevasses dans le béton – la nuit le vent les sacs plastiques un conteneur poubelle en feu – les néons blancs d'une superette coca cola rouge blanc la bouffe les paquets.

04/07/2010 Vue présente

aïe c'que ça te tactactac devant son atelier les oiseaux à côté tous pioupiou ouais c'est ça les murs là déglingues tous et tige en fer qui là dans'l'béton – la benne à ordure en feu ça pfff – sacs plastiques tous en fumée noire noire et blanche comme un serpent dans les toilettes et tu tires la chasses bordel de merde qu'à la fin font chier et tu pars en courant sur le bitumebitume bien chaud.

04/07/2010 Vue présente

dans la rue les pas tous l'un après l'autre une clope elle par terre et dans ta main oui quand ça là – une bagnole qui le moteur les freins crissements hop le trottoir et devant tes yeux – un mur c'est comme une ruine les parpaings crac crac – des tiges en fer des affiches à la bombe noir des mots de l'arabe et puis jaune noire – Mahmoud Darwich qui là contre le mûr – une bagnole qui la musique à fond – deux canettes en métal – à ses pieds.

04/07/2010 Vue présente

le cul sur les marches la fumée d'un clope – les oliviers le vent du soir – les cuve à eau sur le toit là-bas – sur la montagne en face les toits tous rouges briques – ce que ding ding ça te chut à l'intérieur.

04/07/2010 Vue présente

à marcher sur le bitumebitume chaud chaud chaud – comme vieille bête un âne à porter des sacs plastiques et sur le dos un barbecue comme ça – accroché au sac à dos un âne chaud chaud chaud d'une main l'appareil photo d'une main la clope – sur les murs les lettres en arabe bombe de peinture noire rouge quoi ces noms – qui là comme ça collés au mur le soleil en plein la gueule sèche à marcher sur le bitumebitume.

03/07/2010 Vue présente

le moteur à 3000 tours le vent de la nuit les vitres ouvertes la vitesse à peine – le petit bout rouge de la cigarette dans le noir l'orange – tout un monde étrange – le minaret d'une mosquée les bagnoles filant sur le bitume les trottoirs immenses nul chien errant nulle bête aux abois sinon quoi.

23/06/2010 Vue présente

qu'est-ce que quoi la vie pour qu'à c't'allure là dans les rétroviseurs les gyrophares bleus - et tout ce qui s'arrête là parce que - ça n'a pas de mots pour s'dire et là où on va encore est-ce qu'on saura dire comment on tiendra alors que là déjà - on n'a plus vraiment d'quoi s'accrocher les bastingages et tout ça s'est barré loin - te reste quelques bouts d'routes des poussières ah oui dust generation c'est bien ça.

18/06/2010 Vue présente

quelle langue tu as perdu ta langue alors - tu as perdu ta langue mon vieux - et ça te revient remonte encore ramène assez ah chut à plat voilà tabula rasa - mais niet niet ça te colle caille au loin l'horizon ce qui déraille ce qui file vas-y vaille que quoi - que vaille quand les routes s'effondrent imagine les trous dans le bitume qu'importe - j'ai toujours aimé le bruit des roues sur la poussière j'ai toujours aimé les chemins là tous en terre.

04/06/2010 Vue présente

dust dust dust qui n'y croient tous poussières et comme boue parfois à s'noyer dans l'grand torrent – dust dust dust qui tous sacrés à s'attendre qui n'y croient pas la poussière pourtant là dans l'oeil ça t'reste et ça colle ça pique ça caille – ça nous raque not'belle bande et dust dust dust à la fin merde – c'est de l'or la poussière qu'ça tienne qu'à quoi j'y comprends chlasse et ça passe tout lasse pendant qu'à grandes jambes – à coup d'accélérateur ça carbure affone le monde ça file sur les grandes routes on sait bien – qui dit ça souviens-toi coco – ça n'sera jamais une longue bande de bitume bien droite genre la Route Six des aventuriers de Jack Kerouac – ça non qu'il faudra monter dans des bus en cours de route ça m'étonne pas - dust dust dust tous béats tous poussières.

01/06/2010 Vue présente

comme le réel entier les routes s'ouvrent s'ouvrent et rugues rognent nos bitumes tous goudrons nos vies – collées comme plumes à jamais là dans les battements les bielles elles se souviennent les traces – et on roulera loin et on roulera longtemps et ça sent la sueur – et ça sent la poussière – et ça sent le corps le soir bête fourbue à matin – c'est comme si on avait traversé l'Europe à s'en faire caguer les moteurs et tout à coup voilà – ça me venait simple la vie.

21/05/2010 Vue présente

j'ai ouvert les yeux et le soleil était là déjà - le vent soufflait tiède frais à travers les vitres - et j'entendais l'herbe ça bruisse vert autour - j'ai pensé à un générique de film - la voiture s'enfonce lente régulière vers le loin - et le vent souffle la poussière à peine - la BO ça serait une espèce de rock tendre et dingue à la fois - au bout de quelques dizaines de secondes disons - la voiture tourne à un angle quelque chose - après on ne la voit plus - la musique elle continue.

20/05/2010 Vue présente

on avait le soleil en pleine gueule il faisait chaud dans ta tête ça résonne encore comme crac une branche qui tombe ça serait un citronnier allez - on est peut-être allé trop loin on n'était peut être pas prêt ou bien le vent souffle il est un peu frais - c'est mois de mai et pas très chaud encore les fenêtres de la grande maison sont grandes ouvertes la pelouse n'est pas tondu ça fait de grandes herbes tu les arraches les plus longues tu les coupes en petits morceaux - ça sent la fumée de clope il y a quelque chose là qui ne se comprend plus - si tu enlèves un seul des cailloux le petit tas s'effondre - il y a quelque chose là on ne comprend plus.

12/05/2010 Vue présente

comme on pourrait manger les bourrasques - comme on pourrait affoner les plaines comme on pourrait y'aller y'aller comme on pourrait courir - et ça dure des heures et tu as chaud et tu transpires et tu files files - comme on pourrait traverser la nuit comme on pourrait - ce qu'il y a d'mots qui restent bloqués là ça nous claque à la gueule.

01/05/2010 Vue présente

j'avais envie de pleurer - le ciel gris et une fine pluie oh vraiment pas beaucoup ça colle la poussière et puis voilà - j'avais envie de pleurer - les femmes - celles qui disparaissent apparaissent celles qui toutes femmes et tu trembles - j'avais envie de pleurer - le jour se levait lentement et tu sentais l'air frais du matin sur la gueule - corps - un corps à corps encore cale et dingue dingue ça te sonne et tu as envie de pleurer - le jour se lève et c'est tout un monde étrange - c'est toute une vie ça tremble.

26/04/2010 Vue présente

tu ne sais pas c'est un gouffre c'est un mûr quelque chose une montagne peut-être - tu ne sais pas les bras tendus - à l'horizontal sur la crête c'est ça c'est un mûr et tu danses dessus - à ma gauche des plaines immenses à ma droite - des plaines immenses - c'est un mûr et tu danses dessus.

26/04/2010 Vue présente

reprendre l'ensemble et depuis le début - dire bien haut et dans les décibels en montée d'watts - faire le tri.

22/04/2010 Vue présente

like a sextoy dans les baffles et ça te claque à la gueule comme la vie la vie qu'on repousse à quel chut chut chut - écoute like a sextoy - like a sextoy tu n'as jamais inventé ça - tu n'as jamais rien inventé mon vieux et tu cours encore tu remues la tête devant ton clavier d'ordinateur - une crête en métal et ta gueule en acier dur une barre à mine - une barre à mine et des sons smart et country - tu as une main sur le volant du camion trois litres dix mercedes blanc une machine à propulsion propulsons à propulser dans les matins schnaps gypsy bébé - schnaps gypsy.

20/04/2010 Vue présente

nous tous là à champs à court au soleil écrasés et dans une immense solitude ensemble à s'en remettre à quel vent absent - dans ta tête il y a comme un quelque chose d'une petite musique immense et triste mon vieux qu'on ahane à cri à tape à tape - la terre motte poussière et dans nos vie'd'bêtes qu'on s'épuise beugle.

18/04/2010 Vue présente

à quand d'rock en roc nos corps entre chocs entre chiens comme loups nous tous là - dans un grand tremblé d'boyaux tous là tous écarlates il existe ce moment - il existe et tu n'as plus'd'mots à mot ça ne se dit pas d't'façons comme ça kaï kaï les chiens - poï poï la vie poï poï après les fleurs fanent après les corps tombent et on s'endort avec en bouche comme un gout d'sueur - d'la langue de bête pour les corps fous.

14/04/2010 Vue présente

c'est comme un tactac en plein la gueule uppercut ma vieille peau vieille charogne - alors quoi on pourrait bien tout foutre en l'air et se changer en quoi - nietniet ma langue entière inerte en douleur endolorie ne sait plus comment dire ça marche comment - un corps un pied devant l'autre et on recommence ça devrait le faire alors je marche allez je cours en rêve - les yeux fermés la nuit je cours je cours sans cesse et encore la sueur elle coule les draps ils puent on s'en fout on pourrait cracher encore - ça ne changerait - rien - la langue ma langue entière mur bétonné une chape à sa façon et tu parcours les plaines tu traverses des mondes c'est comme le vent sur la gueule à la pointe de quelle côte affamée - comme une bête ton corps qui dans son silence raide.

25/03/2010 Vue présente

je regardais la pluie tomber - il faisait bon l'odeur de l'herbe l'odeur du printemps se mêlaient à la poussière tout juste mouillée à la pluie - sur le toit les gouttes toutes comme une petite musique nostalgique les nuages étaient gris le soleil à travers - au loin un tracteur filait qui tremblait un peu - je regardais la pluie tomber et j'avais comme un sentiment incomplet - je me demandais pourquoi à chaque grand coup de poing dans la gueule je la fermais entière silencieuse - ma gueule - j'avais envie de dormir c'est chaque fois pareil un peu comme si la machine se mettait en veille ou plutôt sécurité surchauffe - quand le compte-tour reste calé zone rouge - je regardais la pluie tomber et la vérité apparaissait là clair comme l'arc-en-ciel qui dans le champ en face - la pluie le soleil le vent tout ça là ensemble - j'avais envie de fumer en regardant cet arc-en-ciel - la fin de l'hiver un printemps dérangé tout ça -j'avais envie de fumer et de cracher par terre - j'avais envie de fumer et de taper dans un caillou - oh pas très fort juste comme ça - après j'aurai marché un peu sous la pluie je sais pas - ah oui - à un moment je me souviens il y a eu quelques larmes - pas beaucoup tu sais des larmes bien chaudes et chargées qui te coulent sur la peau et font un trait ou deux très larges en glissant comme ça -après je ne sais plus je crois j'ai tombé.

16/03/2010 Vue présente

faudra bien mettre des corps et qu'ils se mettent en branle tous.

06/03/2010 Vue présente

les mots faut faire gaffe ça te casse crache tacle et fer chaud un cuir ta peau marquée comme une bête - et ça ne s'échappe pas les mots ça ne s'efface pas les mots et tu peux souffler oui c'est ça - comme une bête tu n'oublieras pas comme une bête ce qu'on dit ce qu'on fait.

04/03/2010 Vue présente

"deux gars souls un soir" - nul doute aucun qu'à deux heures zéro quatre ce soir là quoi - ce qui tremblait dans leur corps ce que tac tac tac - on s'agrippe aux bastingages tac tac tac - on s'arroge on s'accroche on s'amoche mâche tes mots - la pointe du crayon bute un peu c'est du béton nos nuits c'est du bitume nos routes - tu penses à qui avec ces deux petits dessins sur ton écran d'ordinateur tu penses à qui - on s'agrippe aux bastingages tac tac tac on s'raccroche à nos murs des parois - on se cogne aux parois sans ce cesse aux parois. (photo : B. Hamon)

04/03/2010 Vue présente

trois fois poussière plus que jamais poussière - et tu pourrais cracher même rance la vie - sur les carreaux d'un chiotte sur les murs le béton parpaings nos mots tous bien scellés - nos mots tous poussières.

02/03/2010 Vue présente

les mots faut faire gaffe

à lire dans le dernier numéro de la revue Chos'e

02/03/2010 Vue présente

à toute route son horizon le bitume noir noir de Robert Frank c'est comme un rêve sans fin l'odeur de l'huile chaude - et sous le bleu de l'hiver infime poussière tu t'épuises carcasse tu t'effondres carcasse - tellement mauvais tous mots rien que mots mal posés là tu pleures à peine - la main sur le volant.

21/02/2010 Vue présente


la page défile sur l'écran et tu lis et tu te dis c'est ça c'est exactement ça voilà - à pique de langue que ça tombe c't'e voix là - et tes routes elles se brouillent et tes routes elles filent claires.

21/02/2010 Vue présente

à matin qu'on s'échappe chaque matin qu'on s'échappe encore d'être là - à matin tu te lèves et tu constates l'étendue dingue ce qui devant toi là - et d'un coup d'pied dans un caillou dans un petit caillou tu te souviens dust machine à jamais dust life - à matin l'échappement libre et quelques gouttes de sueur.

20/02/2010 Vue présente

ce qu'ils ont déjà dit tous et pourquoi ça te tape tape à l'intérieur - et nous gueulerions tant et nous gueulerions tant - et pourquoi on s'en cague macache ma gueule.

17/02/2010 Vue présente

15/02/2010 Vue présente

qu'on achoppe nos pleines vies sur quelles immensités blablabla - qu'on échappe à quoi qui caquète en nous de dire à trop parler parlage passe passe en nous couic - que blanche plate elle s'étale la plaine maculée n'attend que nos pas à pas pour aller à fond de cale à s'en faire péter les moteurs - parce qu'il l'avait dit déjà combien de fois c'est le moment - le temps de l'appuiement sur l'accélérateur.

13/02/2010 Vue présente

le temps qu'à matin se levant levé si tôt – chaque fois que tu fais cela chaque fois c'est la même chose – et qu'alentour la ville blanche flocons d'une moiteur comme c'est doux après le train démarre et traverse à peine file – on dirait que le temps s'est arrêté on dirait que plus rien ne bouge – et qu'alentour la plaine blanche couverte aussi le temps qu'à matin le soleil passe ça ne dure que quelques secondes entre l'horizon les nuages – orange feu.

13/02/2010 Vue présente

puisqu'ainsi dans ce qui déplace on tient toujours mieux la machine posée sur la petite table branchée au wagon pour mieux tenir le temps de – à la gare tu as parcouru rapidement quelques sites pour vols secs – le train accélère pour bientôt tenir sa pleine croisière à quelque chose comme deux cent kilomètres heure – tu repenses au Damas/Alep un jour d'été - tu files en rêve vers d'autres plaines - et page blanche.

13/02/2010 Vue présente

de ville zimmeubles gris grain dans le ciel neige pas vu non plus les clochers qui ding dong tous en coeur de quoi – au feu rouge elles sont toutes là qui attendent et teuf teuf aux échappements l'histoire de nos petites vies – le bitume repeint blanc pour l'occasion plan grand froid et gueule rumine comme une vache égarée oui – à qui moins mieux d'langue.

13/02/2010 Vue présente


Fred Griot, Visions, page 3 : 

"J’ai toujours voulu aller plus loin,
encore plus loin, malgré quelques
périodes d’avachissement.
Pourquoi ? Je ne sais pas. Peut-être
pour aller trouver une paix en moi, un
dépassement, mais que je n’ai trouvé
jusqu’à aujourd’hui qu’en quelques
flashs et visions, qu’en quelques
moments de grâce, alors que j’en
voulais sans doute des kilos.
C’est pour moi une nécessité, une
évidence, d’avancer, de voyager,
d’écrire. D’aller chercher plus loin. De
continuer.
Je savais que la route était étroite
pour la trouver vaste ensuite."

09/02/2010 Vue présente

la télé - pas souvent allumé ici - avec le feu à côté et le mac sur les jambes

garde à vue critiquée sénat (paris) - QG de l'info en Afghanistan un soldat français a été tué au total quarante soldats - un catalogue de sanctions devrait être mis en place contre l'Iran Ikéa CFDT trois magasins de la région parisienne sont restés fermés - deux milliard deux cent quarante millions de chiffre d'affaire - la cour des comptes compte pointe les anomalies - quatre cent mille voitures dans le monde - troisième vague de rappel dans le monde PSG - je crois que c'est la première fois que je m'assois face à la mer pour la contempler - d'habitude je bronze - je fais ma pétasse - Algérie 1962 - essais nucléaires français.

09/02/2010 Vue présente

qu'allongent les jours ok pas trop non plus dans la pleine terre - là dans le vent ok à tirer sur une bâche en plastique pour qu'en dessous elles poussent toutes et le tracteur file qui tactactactac - avance encore et boue toute pleine colle au shoes les flocons en bourrasque et tête vide - pleine de quoi le plus souvent pleine et cale caille dans les ornières tout droit tout droit avançons avancez il faut il faut il faut - et ça te claque tous ces il faut les cartes immenses que tu déballes devant toi - ce qu'il faut sortir charrue pour arpenter nos terres - les mottes fertiles toutes retournées dans le froid.

07/02/2010 Vue présente

est-ce que ça craint raide raide mon vieux qu'entre les mots qu'entre le réel n'y ait rien - est-ce qu'on croit encore alors à ce qui est écrit à ce qui est là la vie - est-ce une question vraie question ou bien qu'importe s'en fout - le plus souvent - on ne sait pas ce que ment on ne sait pas - mais il arrive que - alors ça s'effondre.

03/02/2010 Vue présente

tes doigts va falloir pour de bon les sortir de ton cul et comme ça on avance puisque ça peut pas quand ça reste là claque m'accroche meuh - et tu te dis ce que tu viens d'écrire là tout juste tu ne pourras jamais dire ça là dans ta bouche non - alors est-ce que quoi - quelles questions tu te poses et à quoi faire - dans tes oreilles une basse immense enveloppe silence.

29/01/2010 Vue présente

c'est pour le souffle - qu'il soit là chaud froid sur l'objet vivre  alors j'irai marcher seul dans une plaine ensablée - pfiut pfiut et désirs justes - que ça tienne dans la main un petit caillou m'en fous chut - tout contre le vent chaque jour.

28/01/2010 Vue présente

quand à la langue mots tac tac que tu dis tous alors allons-y parlons un peu voir - ça quoi qu'a dire une langue et si jamais tu as peur un jour - si tu te couches un soir et dans ton corps tous yeux ce que le monde là tu restes là - béat - complet - mattant dingue en l'attente quoi - 

si tu n'étais pas ici
pour voir le monde 
avec tes yeux
spécialement conditionnés 
qu'est-ce qui te fait penser
qu'il ressemblerait à ça ?
(Jack Kerouac - Dharma)

allez d'accord on peut s'en aller restes qu'allongé encore tu attends qu'une solution arrive là - soufflée comme poussière et tu sais très bien ça n'existe pas - les clefs - pas besoin de bouquins - l'écrire ça avance quoi.

26/01/2010 Vue présente

ce que tu ne dis pas enfin qu'avance langue en tas de mots petits tas tous mal comment dire - que tu as une montagne à grimper la plaine à parcourir en courant au volant d'une vieille tire à cheval - aller à cheval et cow-boy tu tires sur quel mégot l'important ça reste l'image - tu places l'image là devant - et laisse va le clavier.

19/01/2010 Vue présente


[en lisant Jack Kerouac - Dharma]

puisque toute vie est remplie pleine de chagrins d'accord allez d'accord - puisque la cause de la souffrance réfléchis bien est le désir oui le désir ignorant - puisqu'il est possible de parvenir à la suppression de la souffrance disons :

conceptions justes
aspirations justes
dicours juste
conduite juste
moyens d'existence justes
effort juste
souci juste
contemplation juste

yes béat complet dust generation ça te dit rien qu'on soit tous poussières immenses et qu'on affonne les jours entiers pleins pleins pleins - que ça tremble juste dust just dust.

10/01/2010 Vue présente

ce qu'il faudrait vois-tu mon grand c'est que tu fasses un peu de place pour comment dire bah voilà justement - pour dire l'essentiel il faut faire un peu de place enfin non quand tu dis l'essentiel ça fait d'la place ta langue quand elle va dingue ça sonne mieux tu ne sais pas -
ce qu'il faudrait vois-tu c'est que tu ranges à l'intérieur mais si tu rangeais ça serait non - ça ne marcherait pas en fait voilà tu sais - tu voudrais bien raconter une histoire une histoire démente qui file et qui court aussi - une histoire qui court loin et qui traverse les plaines et qui traverse les mers et qui s'arrête - de temps à autre - essoufflée la main sur une pierre énorme la main sur un mur d'immeuble la main sur une vieille tire - et les bas de caisse sont rouillés et la poussière file encore alentour - mais tu ne sais pas comment ça quoi on commence par où pour raconter une histoire alors tu dis n'importe quoi -
ce qu'il faudrait tu sais c'est des journées entières voilà des journées entières à contempler tes mondes et si jamais c'était là - devant toi - tu cracherais flingue tac tac et tu pourrais te tirer dans une steppe accroché à l'arrière d'un transcontinental -
ce qu'il faudrait puisque ça nous pèse homme tous corps et gueule faudrait faudrait faudrait gueule ma gueule quoi - nos gueules à tous et toi en premier mon grand et puis tu parles tu parles il ne fait que ça parler.

09/01/2010 Vue présente

d'à langue alors entière langue alors on va où maintenant que - ta langue sans plus n'y t'attendre en fait pleine langue qui n'a plus menti depuis quand comme elle jouit dingue comme elle s'enroule se croit seule et de quoi tu parles - la traversée des mondes commence maintenant - chaque pas est un pas est un monde - et nos langues entières flinguent.

05/01/2010 Vue présente

tu te lèves un matin et tu as parcouru toutes tes plaines en une nuit - tu sais que tout est faux et qu'ici rien ne tient dans ce qui nous flou - tu dis n'importe quoi et ça ne change pas - c'est un matin froid et sec et les champs autour sont tous blanc sont tous immobiles - ce qu'il te reste de nuit c'est un bout'd'langue moitié phrase mots plutôt qui disent l'essentiel et venus d'où - et blablabla tu parles entier tu parles enfin ça te reste à l'intérieur pâte langue remuée de cesse et le tracé droit loin devant pour une fois zigzague souffle simple sur ses terres inconnues - le sentiment plus fort que jamais d'être la poussière entière la poussière légère qui avale des mondes entiers c'est ça - dust - si tu veux dust generation pour ce matin là dans le froid tu marches pour t'assurer d'être là bien entier dust generation - ça n'est pas là seulement devant comme des mots qui filent non recule recule un peu - c'est l'image rien que l'image qu'on a là devant nous et regarde là plus encore - les mots pfff les mots ssss chut tous assis attendent -
tu te lèves un matin et tu sais très bien que ce qui là jaillit n'est pas rêve non n'est pas cette fois bruit brame braille mais dit durement l'essentiel - ce qui déferle enfin l'amour total quelque chose que d'autres et bien mieux -
tu te lèves un matin et se détachent pierres ce qui saillant rêche détruit pollue les rives de l'amour total - aphones les crashs raides qui dans leur butée de nerfs sont là noir et d'une violence mensonge -
tu te lèves un matin et tu sais qu'enfin poussière infime poussière sous la grande voûte aimant massant il te reste quoi quelques vallées à parcourir et s'ouvriront enfin les plaines les plaines immenses de l'amour total -
tu te lèves un matin et disparaissent tous les pièges à loups sur tes routes rouille dont tu aimes encore regarder la couleur - 
tu te lèves un matin et ce n'est pas béat béat complet ni quoi d'extase mais le sentiment très clair que là tout ce qui trame d'un coup - c'est ça c'est ça tout à fait ça exactement ça et tu pourrais le dire ça ne changerait rien ou peut-être que - si béat d'accord béat englobant gobant tout ce qui de réel apporte de quoi tenir encore -
tu te lèves un matin et tu pardonnes tout ce qu'il y a de violence alentour dans une conscience toute sage d'avoir enfin poussière et calame là calme - calme entier calme et vivant et tu sens - tu sens très bien cela - se détacher à l'intérieur tous croutes crasses ce qui rance s'agrippe et trébuche que tu tombes mieux ça n'a plus de sens - tu n'as plus de poids -
tu te lèves un matin soumis à tout dans l'écoute la plus total des battements intimes maître des poussières et au firmament tranquille - alentour s'échouent ce que hache crache bâche les terres fertiles - tu sais qu'il est question de temps -
tu te lèves un matin et tu ne sais plus -
tu te lèves un matin et tu ne sais rien -
tu te lèves un matin et tu marches avide tu viens de découvrir tout ce qui d'essentiel tient dans un main - un petit caillou blanc à peine une poussière immense et dingue.

04/01/2010 Vue présente

noyés dans ce que broute allons-y dans nos silences - enfonçons enfoncez malmenons qu'on s'en lave les os noyés dans ce que nos langues ne savent plus n'ont jamais su dire - rappelle-toi retiens-moi - ça ne tiendra jamais là - ça ne tiendra jamais - et tous noyés dans nos silences.

31/12/2009 Vue présente

c'est comme toutes les pluies entières venues s'écraser folles sur les fronts suant oui c'est ça suant - et même si tu savais comme on parle vrai comme mutine aussi mutine - tu marcherais droit sous la pluie et elle serait froide - tu taperais dans un caillou il n'irait pas loin - et ce serait le début tu sais ce que certains disent des mots comme l'amour total - ça ne parle quasiment plus de corps (ce qu'il faudrait tu sais mon vieux - c'est que tu dises vraiment clairement).

27/12/2009 Vue présente

entre-temps entre monde entre chiens et nous - que ça s'affone au maximum en plein dans le flou qu'on avance aphone sans rien dire - sans rien dire - qu'on a pas le temps que nos fantômes entiers les ogres bouffent les nerfs et ça s'effondre cascade et tu cours - tu cours à travers les rues d'une ville tu fonces - tu cognes dans un vieille dame te tords la cheville sur un trottoir - un trottoir entre temps entre nous entre chiens et loups tu arrives essoufflé te plie en deux devant l'horizon - la plaine est immense - elle t'attend.

26/12/2009 Vue présente

c'est nuit et tu as tout un monde entre les mains - les plaines qu'on a vu et ce bitume - combien de fois déjà et c'est comme si c'était allez - Oulan Bator - et tu conduirais un vieux pick-up et tu filerais dans une plaine - et sur l'eau gelée l'asphalte il est déglingue - tu glisses - ton corps il serait vide et tes tripes toutes alentour - ce qui s'est dit ici - ce qui ne se dira jamais - où tu files.

25/12/2009 Vue présente

RÈGLES - tout d'abord - placer des règles - et puis foutre des coups de pieds dedans c'est comme des tas de terre poussières.

PLAINES - les grandes plaines bleus jaunes toutes - à parcourir avide chancelant.

BITUME - toujours - et tu n'as pas peur de répéter sans cesse la même - dire - très exactement - ce qui a lieu et ce qui se trace.

FANTÔMES - si tu dis redis toujours encore ça tout ça - pas grave - ni fausses pistes ni terres égarées - elles sont toutes perdues tordues - et tu trembles de ne pas dire ce qui doit être dit.

OBJET - ça n'a pas d'objet ça ne se décide pas ce qui doit est là - devant ce que tu as de tête tripes et s'écoule immense en un fleuve il se gave bleu s'étale boue rigole.

LOINTAIN - ça ne file pas ce qu'on voit loin est une image le plus souvent faux un nuage de poussières et s'enroule dingue sous tes pas dérobe.

SOUFFLE - ça te pousse loin et tu ne sais pas saura jamais comment ce souffle.

24/12/2009 Vue présente

l'envie longue large - d'une plaine entière - et blanche jaune chaude - et qu'un fleuve rouge se perde sèche au travers.

22/12/2009 Vue présente

la pluie ça fait ce bruit tu sais sur le toit tu es devant ton bureau tu as passé deux morceaux et il y avait des violons tu regardes ton écran d'ordinateur - deux heures passent - parfois la pierre en face le mur - rien pas les mots - seulement si - des larmes.

19/12/2009 Vue présente

ce que blanc de lent à l'intérieur n'affone pas comment quoi - ce qu'érupte de langue à peine en silence mince filet simple rien - et ce qu'entre temps.

15/12/2009 Vue présente

ce que les silences disent entiers mangent.

10/12/2009 Vue présente

marqueur bleu sur mon bureau :

nos vies les plaines - première époque - nos incendies les terres fertiles - ce n'est jamais le printemps ce n'est jamais l'automne - et tu ne dis jamais rien - tu ne dis jamais rein tu marches tu marches avances enfonce fonce et glingue carlingue je t'aime je t'aime mais redis-moi la vie mode d'emploi - et l'art pique - l'autoroute des rêves tu dérailles et cailles à l'ouest à l'est là bas on dit que le vent souffle toujours -

08/12/2009 Vue présente

ce que ça prend le temps d'écrire déjà c'est parti le plus souvent ce que tu avais à dire c'est pour ça que - ce qu'il faut c'est faire en sorte d'aller au plus vite surtout ta langue - ta langue doit être la plus rapide elle doit suivre exactement très exactement les tripes au plus près tu verras certains jours c'est trois pages certains jours - une ou deux lignes.

06/12/2009 Vue présente

ce qui s'écoule de vivre - le liquide rouge d'un pot de peinture sur les cartons tout là - ce que tu égorges purge - et comme tu le dis mal.

02/12/2009 Vue présente

ce qu'il faudrait c'est d'une masse d'une pioche d'une hache fâche qu'on saucissonne et qu'on pousse les murs et les parois - qu'on ne cogne plus qu'on enfume les murs que ça s'écroule tout alentour et que les corps filent - que les corps dingues achoppent flinguent leurs fantômes leurs errants et courir et courir.

01/12/2009 Vue présente

un caillou blanc voilà c'est juste question d'un caillou blanc ça se trouve c'est sur la route un caillou comme ça - un petit caillou blanc seul entier blanc dans le grand dehors et tu ne le vois pas - tu ne vois rien - tu ne vois rien tu fonces files dans tes plaines tes plaines arides tu ne vois rien jamais rien - un jour tu ouvres la main tu ouvriras ta main tu verras un petit caillou blanc un caillou blanc au creux de la main - ce qu'il faut courir entre les deux avant d'y être.

29/11/2009 Vue présente

attaques et planches mots ressac et raz immenses tous - tous grandes bouches les nuits des mots - des mots - des mots - ça te coule et tu étouffes noies.

24/11/2009 Vue présente

entre les files de bagnoles entre les mondes entre les trains entre les tours entre les corps - à hurler là tous comme des chiens à brailler sous le grand ciel à courir - à courir et dire on peut bien parler on peut bien parler - tout c'qu'on a ramener que ça vienne - que ça vienne et qu'on trouve creuse - attaque à coup de pioche même la terre de nos grands airs - entre les champs entre les vents debout sur les pluies dans les déserts à repousser les murs nos carcasses elles se cognent aux parois - elles se cognent aux parois.

20/11/2009 Vue présente

nuit tout autour c'est pour l'ambiance nuit avec des voix enregistrées qu'on balance à travers les couloirs béton béton les nuits immenses et les trains - au loin deux feux rouges annoncent quels territoires sans suite les grilles et les papiers qu'on demande au détour d'un escalier - matraque sous les néons les écrans géants les destinations qu'on atteint jamais les portes qu'ils ouvrent en toi les trains - appuyez sur le bouton publier le message avant coupure des connexions.

20/11/2009 Vue présente

comment ça se passe un jour tu te lèves non - un jour tu marches non non - un jour tu conduis souvent la route combien l'ont déjà et pas n'importe un jour tu conduis ça doit se passer comme ça - l'essentiel c'est la croûte rien que la croûte ce qu'on fait de la croûte - et les plaines immenses qu'on se construit autour d'une herbe sèche un jour de novembre.

16/11/2009 Vue présente

ça y'est voilà tu as compris – ici tu peux crash tester cash tout ce qui tremble – ça ne tient pas toujours.

13/11/2009 Vue présente


alors procédons par ordre – je n'ai aucune capacité (d'organisation) lorsqu'il s'agit d'écriture – de verablisation de processus rouges – de tripes – non aucune aucune et – très bien – seulement parfois – les grandes plaines vous savez sûrement les grandes plaines – et le vent y souffle dessus – les herbes sèches les herbes jaunes se couchent ensembles.

12/11/2009 Vue présente

un petit caillou blanc - un petit caillou blanc - au creux de la main.

10/11/2009 Vue présente




si jamais tu passes tu sais bien si jamais tu passes ce qui se trame chez toi je ne sais pas tu le sais bien je n'en sais rien on n'en sait rien mais n'oublie pas – faut revenir faut revenir tout raconter tout brailler gueuler on a déjà parlé de questions de style de voix tout ça blablabla tu as toutes tes tripes et ça vaut non en s'en cague blingue cringue – quand il fera jour tu tiendras à nouveau avec tout ton corps en entier.

05/11/2009 Vue présente



qu'explose le corps il abstracte et dégueule vive langue paf paf paf enfonce engonce empoigne ce qu'il reste de lucidité – et glingue déglingue débranche démorche amoche aussi amok j'm'en vais t'en dire moi sweet sweet sweet comme c'est doux la vie – comme c'est raide le monde - et ça va s'étaler au grand jour sous les feux de la rampe dust generation ou la traversée des états du corps blablabla etc exactement ça – vas-y démembre atone bringueballe transbahute on peut se mettre d'accord allez disons qu'on se retrouvera – rouges immobiles – rouges immobiles et dust to dust on aura beau pousser les tripes déboutonner les gonades à s'en faire péter les moteurs ça n'a pas de solution la vie – falaises et murs les rocs auxquels on s'agrippe – et ça se dérobe de temps à autre la vie nul danger pour ces chute de pierres sweet sweet sweet comme c'est doux la vie – comme c'est raide le monde – et dans nos plaines immenses – les chiens errants s'essoufflent à hurler.

03/11/2009 Vue présente




ça te revient mille pluies des soirs lointains et pas tous heureux pas tous tristes – mille pluies sur le toits comme les gouttes toutes une à une dans ta nouvelle maison – ça te revient une pluie noire dans une autre ville sur d'autres bitumes et pavés même ça te revient comme une peur – peur – peur et tu courrais tu courrais dans la nuit et tu repassais sans cesse le pont sur la Saone et tu pleurais ça te revient mille pluies d'autres soirs – une pluie dingue et chaude Souk Sarouja à Damas ça te revient à verse comme on pleure des tristesses introuvables – ça te revient tu courrais tu cours souvent sous la pluie tu courrais sur la terrasse de l'hôtel Al-Rabie dans le Souk Sarouja à Damas – et les matelas et les sacs et les couvertures et tout était trempé d'une pluie chaude d'une pluie ocre ça te revient – le bruit des gouttes sur le verre dans une petite chambre et ce que tu as vu dans cette chambre les cris que tu as poussés dans cette chambre les oiseaux sans cesse alentour et le soleil du soir toujours par la fenêtre de cette chambre même quand la pluie surtout quand la pluie et le soleil ensemble par la fenêtre de cette chambre ça te revient – une pluie froide dans les montagnes et sans cesse toute une nuit de pluie au réveil tu notais dans un carnet en sirotant un café tu notais tu notais sans cesse et tu ne parlais pas surtout pas de cette pluie la pluie ce soir – sur le toit de la grande maison tu l'entends tu entends mille gouttes et ça te revient le monde enfin ça te revient – tu ne sais plus vraiment quoi tu ne sais comment on fait tu as oublié mille choses comme toutes les pluies essuient les poussières toujours ça s'écoule – et ça te revient le monde enfin – ça te revient.

02/11/2009 Vue présente


tu restes persuadé que ça n'est pas encore assez loin - deux ou trois choses à accélérer - le temps de l'appuiement sur l'accélérateur.

02/11/2009 Vue présente

sur la route entre la maison et la ville c'est une large bande de bitume quasi neuve et feutré - le bruit des roues sur l'asphalte calme et tranquille - calme et tranquille devant l'étendue les plaines immenses steppes fécondes devant là - ce qui s'ouvre devant l'oeil et le vent sur les herbes hautes.

22/10/2009 Vue présente

on y va on avance le corps file la danse des quoi la danse des jours à des questions comme pourquoi on pourrait dire - y'a vraiment pas autre chose - comme ça que ça tient - on pousse on pousse la machine on y va corps et la poésie merde - c'est là c'est corps.

16/10/2009 Vue présente

dis-moi quand tu disais les grandes plaines et le souffle du vent dessus dis-moi c'était mentir non - tu disais on ira tu disais on fera tu disais c'était mentir non - tu disais les grosses tires les bagnoles américaines et des nuages de poussières sur le bitume - tu disais les corps dingues et toqués d'être là tu disais les mondes entiers qu'on imagine à peine c'était mentir - tu disais la vie la vie tu nous a laissé là sur une aire d'autoroute en construction tu disais quoi tu disais tellement - dis-moi quand tu disais dis-moi quand ça n'avait plus de sens tellement fou c'était mentir aussi nous tous on a marché nous tous on a couru on croyait à des tunnels on est arrivé au bout c'était grotte on est arrivé au bout qu'est-ce qu'on a vu dis - tu disais tout ce qu'on ne se dit pas tu disais tout ce qu'on ne peut se dire tu disais c'était mentir - on ne braille jamais assez ce que nos corps tiennent à courir sur les mêmes routes.

13/10/2009 Vue présente

froid ça te tombe comme une fin d'été et glace grise passe tout contre sans dire ce qui - il faut se rendre à l'évidence - il n'y a pas de règles - froid - un tunnel immense et froid une grotte caverne sans fond et tu cours et tu cours et tu cours ici et maintenant c'est toujours - on est quoi ici - avec un crayon noir un marqueur noir tu écris dust generation sur un bout de plastique - imagine le geste à faire.

12/10/2009 Vue présente

tu ne parles plus aujourd'hui tu ne parles plus tu ne dis plus rien comment ça comment ça tu ne dis rien qu'est-ce que c'est - une langue qui s'engourdit qu'est-ce que c'est comment on fait - quand on a perdu sa langue dis keskilya - keskilya comment on continue à tenir - et le vent.

12/10/2009 Vue présente

alors quoi

11/10/2009 Vue présente

tu serais tiens à Prague tu serais à Prague et ce serait l'hiver tu entends encore la voix - la voix enregistrée la voix des tramways de Prague et tu serais à Prague - le ciel gris blanc et la neige tout autour les tramways rouges beiges tu irais dans un troquet tu te mettrais au chaud et tu commanderais une grande bière - tu saurais tout à fait comment dire ce qui doit être dit et tu regarderais les voitures passer - tu entendrais les roues sur les pavés de Prague et tu fumerais une cigarette dans un bar de Prague - après tu marcherais dans la nuit tu irais dans les rues de la ville et tes pas dans la neige.

08/10/2009 Vue présente

ça s'est passé comme ça tu allais dormir et puis surgir c'est ça le mot surgir tu dis souvent ce poème quand elles surgissent - et tu entends Alexandrie tu vois le port tu n'es jamais allé à Alexandrie peut-être si tu étais allé à Alexandrie ça ne serait jamais arrivé tu allais dormir - et ça t'a poussé là un bout de phrase un quelque chose que tu n'as pas - tu l'as laissé tu as pensé on verra demain mais tu ne devais pas tu n'aurais jamais dû au réveil c'était là comme quoi - un battement de carcasse une petite veine qui tape tape et tu ne sais pas comment faire tu ne sais pas - quelque chose est là qui devrait jaillir quelque chose est là qui devrait et ça ne bouge pas et tu ne bouges pas.

07/10/2009 Vue présente

ça plus non plus de ça ce genre de ce quand il dit ça plus corps ça lui fait comme un tremblement à l'intérieur et rabroue rattaque racks dans lesquels on se range carcasse - ça non plus non plus de ça ce genre de ce quand il dit ça te tremble crisse à l'intérieur et le silence tout autour quel corps quel corps vit ce silence quand il te tombe - alors tu perds ta langue alors tu t'écrases mort caresse désintègre ton corps poussière c'est comme un ange dans le ciel gris - tu ne dis plus enfin - tu ne dis plus - rien - calme - couché - m'endors - me tais - me chut - me mort. 
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30/09/2009 Vue présente

ça te prend ça pousse paraphe et bascule passe de l'autre côté de la paroi d'une paroi corps se colle souvent aux parois - peur - peur - peur ça te bouffe bouffe en plein tu reste corps encore toujours et dust dust dust peur - peur ça te prend des tours vite vite à l'intérieur et tu as ce quoi qui te tape là l'impression de gonfler toutes les demi-secondes ça va pas tenir peur - tout le reste défile immense sur l'écran de tes visions inertes chut chut - là mon petit bientôt sommeil et tu dormiras longtemps tu dormiras dans tes plaines dust generation.

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28/09/2009 Vue présente

le corps encore pris dans une tornade et ça souffle ça souffle ça ne s'arrête pas rock dans ta carlingue et ça rouille - ça rouille de ne plus prendre encore ça rouille de ne pas tenir ainsi qu'on aime même plus encore les grandes plaines les steppes les toundras lointaines - et tu n'as jamais vu de toundra tu n'as jamais vu quoi - la vie la vie parfois entre temps.

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27/09/2009 Vue présente

ton corps ton corps - il veut parcourir quelles plaines ton corps ton - corps corps veut parcourir quelles plaines s'accouche tombe vers d'autres fatigues et c'est le lieu de quoi - corps attend encore un peu corps tire sur les ambulances gyrophares bleus dans tes nuits les ambulances blanches qu'il conduit qui le transportent - et d'autres matins il ouvre les yeux sur d'autres plaines et d'autres poussières sont là corps trajet.

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25/09/2009 Vue présente

ct'e bastos qu'elle te met la vie parfois.

24/09/2009 Vue présente

peur - ça te fait quoi le mot comme ça est-ce qu'il dit bien ce que oui - peur c'est ton corps là transi dans un froid de nuit - tu es là tu ne sais pas quoi tu ne sais plus quoi tu voudrais dire ce qu'il faut à ce moment c'est dire - parce que d'autres dans d'autres mondes sont là plus froid encore plus froid et toi quoi - tu cours immobile dans ta plaine noire tu cours immobile dans ta nuit profonde - et tu ne sais pas peur peur peur quand ça t'échappe passe là tu regardes un peu vers où tu ne sais plus - tu as les muscles raides la tête ça ne bouge plus et tu te blottis contre des ombres elles n'existent pas tu devrais dire et tu ne trouves pas les mots.

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23/09/2009 Vue présente

corps là devant quelque chose comme un trou et béant et la solution la seule corps n'a que ça – à faire rien pas le choix bon qu'à ça sait pas s'ra toujours mieux qu'aut'chose – corps il entend le vent souffler sur la plaine il entend quelque chose comme un orage au loin et sur la route la longue route – y'a quoi quelques chiens errants qui hurlent à des lunes invisibles corps n'a que ça jette-toi.

22/09/2009 Vue présente

il semble bien clair - cela semble bien clair - ici actuellement ta seule "activité d'écriture" - tu ne sais pas quoi faire de ce constat.

22/09/2009 Vue présente

la tête comme un grand blanc chuintant ne tenant presque plus achoppant souvent sur de vieilles pierres on dirait des rocs - et ça te secoue la carcasse vivre et finalement qu'est-ce qu'il disait - amphet' n'imp n'imp n'imp la tête comme un grand blanc et corps à peine alerte encore perd ce qui le gardait là - te reste encore un essentiel de souffle parfois quasi non c'est ça - chuintement.

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21/09/2009 Vue présente

ça te prend à quoi blanc blanc et plan aussi tiens ça te prend comme ça un matin d'un autre lundi ou bien de ce lundi - qu'est-ce qui te pousse vers ce bastingage et comment on s'y arrime quand c'est une vague immense et brusque elle t'écrase rase et tu ne sais plus - nul marin avisé dans tes horizons immédiats il se peut qu'on tienne - si c'est un corps si ça tient là - vivre.

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20/09/2009 Vue présente

La langue comme un goudron mou - impraticable et tu t'enlises.

19/09/2009 Vue présente

corps corps corps tout est là dans le corps et l'énergie rock d'une poésie - ça te flingue un monde en moins'd'deux comme corps corps corps encore à corps et merde - quand il ouvre les yeux corps il voit ses dents éclatées sur le bitume d'une ville il voit ses boyaux - répandus sur le béton il voit sa langue sa langue est là sa langue arrachée rouge arnachée dingue il ne sait rien - comment dire quoi corps quoi crocs dans la chair quand il aime il ne dit rien quand il pleure il se cache.

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17/09/2009 Vue présente

faire l'état des lieux des possibles imaginés ces derniers jours.

17/09/2009 Vue présente

si bien que voilà où ça s'en va le corps - tu reprends ton souffle et tu t'avales un bitume entier sans oublier avant tout - ravalement de façade - ta langue ta langue elle s'est perdue en route et s'égare gare vers d'autres quoi.

08/09/2009 Vue présente

ton corps le corps corps c'est tout bon corps pourtant - il achoppe d'arpenter les mêmes asphaltes corps - lui reste seulement quoi des mots ça lui trace d'autres courbes d'autres plaines et il n'y a plus de bitume - c'est poussière.


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