avec des trous dans l'objectif et deux femmes en noir elles marchent le long d'un mur tu passes devant tous les jours c'est écrit dessus les lettres arabes en bleu bombe sur le jaune le bitume est usé il fait chaud Ramallah 2010 tu appuies sur le déclencheur au soleil.
13/10/2010 Vue remontée
les gouttes sur la vitre - on voit que ça les gouttes sur la vitre c'est une bagnole et un autre monde le ciel est gris soleil un coucher de juin derrière la pluie tu te souviens c'était y'a quelques mois tu l'emmenais c'était pour l'avion - sur la photo le papier photo tu l'as dans la main et cette sensation tu te rappelles comme le volant dans la main et son œil concentré le bruit du déclencheur tout ça - le temps que t'as pris pour te taire entier - les tas d'mots là qui demandent plus qu'à.
26/07/2010 Vue présente
les chiens errants tu as vu les chiens errants de Bucarest tu as vu les chiens errants de Belgrade rappelle-toi les chiens errants de Belgrade les chiens errants dans les banlieues chaudes les chiens errants de Sarajevo le ciel gris les chiens errants au large de Timisoara – les chiens errants dans les montagnes du Monténégro les chiens errants du Delta le Danube les chiens errants au bord d'une route dans les Carpates les chiens errants sous les sapins la Pologne – les chiens errants du Grizzli de Slovénie les chiens errants sur le bitume de la Turquie rappelle-toi vieux les chiens errants du Maroc quand le soleil et la poussière – les chiens errants de tes poèmes tous vieux dingues les chiens errants des supporters de la poussière les chiens errants les chiens errants – les chiens errants ils aboient dans le soleil couchant le long du mur – à Ramallah tes pieds dans le sable et le béton.
03/05/2010 Vue remontée
qui München Ljubljana Zagreb Belgrade égrènent – chapelet mantra nuitamment chanté essoufflés soufflant – fumée de clope entre champs de maïs et buildings avec horizon brume et notre langue d'autoroute bitume
03/05/2010 Vue remontée
qui cherchent cherchent les zerrants s'imaginent quel réel quelle eau fine l'essence – et rêvent rêvent mes zerrants libres pour quelques temps pour quelques temps
03/05/2010 Vue remontée
qui vont gyrophares bleus verts dans les rétroviseurs – et se rêvent cow-boys cow-boys sous une fine pluie les montagnes zautrichiennes gueulant qu'ils grinçants – mes fantômes – libres sous le grand ciel gris – libres sous le grand ciel gris
03/05/2010 Vue remontée
qui traversent les néons publicitaires bercés par quelles étoiles absentes et klanklanklang de bagnole usée – et se réveillent côte Est capot ouvert café fumant sur leurs entrailles tripes
26/04/2010 Vue remontée
qui quadrillent l'Europe et récitent La Traversée des Etats au volant le diesel – le raffut que ça fait entre les bielles entre nos corps tout une nuit se déchire au prix du gasoil et nous – on y verra – rien
26/04/2010 Vue remontée
qui affamés assoiffés affonés épuisés des trottoirs de l'Europe voyageurs éblouis béats – affamés assoiffés sur les rond-points les parkings bivouaquent
26/04/2010 Vue remontée
qui clefs de contacts ils enchaînent mes fantômes les milliers de kilomètres dans le brouillard brouillard – et les plaines immenses ça fait peur un continent d'Ouest en Est et vice versa poussières
26/04/2010 Vue remontée
qui Lindberghs dans le bleu nuit ou mécanos d'occasion passagers du diesel – fumée de clope dans l'habitacle – vieille tire des particules noires – en suspension – sur les routes de l'Est et bitume bitume
17/03/2010 Vue remontée
le cul dans l'herbe et encore suant à tirer sur un clope - la pleine côte dans les jambes qu'on a raides un peu - le lac en bas gros comme rien et ta tête tourne tangue trace à l'abri l'orage en pleine gueule - comme on a tremblé - comme on a ri.
12/03/2010 Vue remontée
qui tous fantômes alors donc au volant des carlingues qu'ils nous filent lointains - carina stop et ne se diront plus rien - alors ils tirent sur leurs clopes en silence.
12/03/2010 Vue remontée
qui là devant le Meded le Meded ont tous marché - épuisés matent affonés ivres des montagnes à côté le feu encore feu les ardents - ce qu'ils ont vu là-haut les corps chauds rappelle toi assis sur le col - la tempête.
11/03/2010 Vue remontée
l'aiguille du compteur 120 peut-être et le bitume parfois encore frais la station essence - liquide tout par terre le pistolet dans la main pour remplir - ras-la-gueule et l'odeur encore qu'on a mis de la sciure autour trois gars sont assis là qui discutent les fringues toutes tâchées un camion file qui résonne encore - le tas de biftons d'une main à l'autre et rouler quelle excitation d'appuyer sur la pédale - et pourquoi ça nous tremble avance avance vieille carlingue - hier soir tempête Camping International no place for you my friend - à Timisoara la danse des bagnoles au rond-point le gyrophares bleu mou d'une ambulance ne tirez pas - l'aiguille du compteur 120 peut-être et dans les baffles je taille ma route ça chante encore qu'une bagnole blanche bleue blanche verte sirènes hurlantes sa chemise blanche est blanche est belle - la machina plein le capot la machina l'aiguille du compteur 120 peut-être pour doubler tu te mets au milieu les autres ils s'écartent en face t'inquiètes - filant le vent chaud fouette nos gueules.
08/03/2010 Vue remontée
à Istanbul déjà le froid t'imagines pas comme à 25 ou 30 degré il faisait froid sans doute aussi à l'intérieur ta tête toute poussière - sur le boulevard quel nom pouvait-il avoir les bus pour Téhéran à 25 dollars le trajet - tu traverses un marché tu files vers la mer et tu fumes des clopes en regardant l'horizon en regardant les bateaux tu fumes des clopes en discutant - ton vieux pote qui là sur les mêmes pierres regarde le même soleil combien de temps ça te restera là - les routes qu'on a usées dingue - le temps qu'a passé -le temps qu'a passé là - à cinq heures du matin quelque chose comme ça tu embarques et le soleil à travers les hublots tes oreilles se bouchent écrasées pression - le bruit sourd des réacteurs les réacteurs - ta gueule à l'escale dans les chiottes de l'aéroport Genève - ta gueule usée raide et tu ne sais plus - uppercut dans ta gueule jusque dans le RER en silence - assis à côté de ton vieux pote ton sac entre les jambes béton de Paris nos langues toutes éteintes - à la gare je me souviens on s'est serré dans les bras on s'est dit à bientôt quelque chose dans le genre on n'a pas pleuré parce que bon tu vois c'était pas comme ça on était ailleurs en fait on était ailleurs - après tu as erré deux heures devant des TGV et après ce qu'il s'est passé comment dire - ça ne se dit pas silence comme tes oreilles bouchées pendant plusieurs jours - dans la voiture celle qui rentrait à la maison tu aurais pu tout casser tu aurais pu parler pendant des heures tu aurais pu pleurer tu étais heureux - oh ce n'était pas le retour du guerrier aventurier nan nan nan - plus d'une fois tu as chié dans ton froc plus d'une fois après ça continue la vie la vie ça continue - la poussière il en reste encore dans ton sac à dos ce qui a remué là n'en finit pas de trembler ton corps.
08/02/2010 Vue remontée
Qui matin allongés usés les trompettes toute une nuit et dans le jour déjà levé – trois coups de canon la terre tremble les corps avec trois coups de canon puis les trompettes – qui les yeux demi-ouverts n'y croient plus pas trois coups de canon jelen pivo.
(travail en cours pour la revue chos'e)
03/02/2010 Vue remontée
la route tu n'y vois rien la nuit elle est tombée on devait arriver plus tôt et puis ils doivent attendre - et petites toutes les routes qu'on enfile affone et tu ne conduis rien - tu es assis à l'arrière la fenêtre ouverte parce que l'air et quand on roule sur les haricots - c'est comme ça ici - ça te secoue le bitume bien droit dans la nuit traverse les villages baraques toutes éteintes souvent l'air chaud - tu sais quand ça sent la poussière et que tu arrives la table est mise la charcut'rie cognac aux amandes - dans la nuit les chiens aboient les hommes parlent.
02/03/2010 Vue remontée
ce qu'en pleine gueule t'as fallu combien de bornes pour t'écraser tout contre le bitume à 45°C suant puant - que ça te vienne enfin vrai de vrai tremblé de corps à corps avec le réel - que tu tiennes là dans ta main l'essentiel de vivre - que tu pleures dans un téléphone et personne au bout pour entendre et encore - tu n'as jamais rien à dire tu ne dis jamais rien tu ne dis jamais rien - du minaret le muezzin - de la rue les moteurs - allongé sur le lit le ventilateur.
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